Lecture – Les lumières du ciel

Mis en avant

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J’avais besoin de partir loin. Pas que je veuille vous tirer la larme mais ce week-end, pas de plan voyages ou fêtes entre amis en perspective et puis j’avais disons-le, le moral un peu dans les chaussettes. « Ça arrive », je crois que c’est comme ça qu’on dit. Rien de dramatique alors ne dramatisons pas. J’ai pris le bouquin dont la couverture arrivait le plus facilement à me tirer un sourire. Une coccinelle rose volante et par-dessus un liseré fuchsia qui évoquait le roman le plus drôle de l’année 2011. Voilà ce qu’il me fallait. Je n’ai jamais eu pour vocation de rédiger des chroniques uniquement sur les dernières sorties littéraires. En fait, je n’ai pas de vocation, du moins pas de celles qui me contraignent à un registre. Mais là n’est pas le sujet.

On y découvre donc Paul-Emile dont la principale ambition est de subvenir à ses besoins primaires : manger, rire et baiser et puis s’il peut avoir un toit pour faire tout ça, il n’est pas contre. Le personnage ne précise pas son ordre de préférence, je m’abstiendrais donc de le mentionner ici. Le descriptif semble réducteur, les aventures qui en découlent sont pourtant riches en rebondissements, en audaces et en folie. Si honorer un 35h facilite le quotidien, l’état d’esprit de notre anti-héros demande beaucoup plus d’agilité et un goût certain pour l’improvisation.

D’abord vendeur de sapins halals sur le parking d’un Supermarché, il entraîne en vadrouille Momo, pote plus que conciliant et Bérengère, sa maîtresse en mal de vivre avant de croiser Paul, auto-stoppeur au mode de vie insolite. Les lumières du ciel, c’est le hasard des rencontres, c’est que j’écrirais sûrement si j’étais dans un mood romanesque. J’aurais néanmoins souhaité y voir plus clair dans le cheminement de Paul-Emile et dans ses aspirations même si je reconnais volontiers que c’est un loser qu’on prend plaisir à suivre. De l’absurde des situations, Olivier Maulin nous amène habilement à réfléchir sur le sens que l’on donne à nos vies sans avoir le sentiment de nous flanquer une leçon et c’est là tout son talent. Le lecteur pioche là où il le décide les répliques qui font mouche. Et avec ce roman, c’est presque un puit sans fond de réflexions drôles et inspirantes qui s’offre à nous.