Lecture – La première chose qu’on regarde

Mis en avant

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Merci à mon intuition d’avoir passé outre la couverture minimaliste et ce nom d’auteur qui ne me disait ma foi pas grand-chose.

Arthur Dreyfuss, garagiste d’une vingtaine d’années, est comparé à Ryan Gosling en mieux par Eloise, serveuse dans son village. Amoureux des grosses poitrines autant que de séries télé, Arthur se laisse doucement porter par le ronron de la vie.

Son dessein serait tout tracé si Scarlett Johansson en plein mal de vivre n’apparaissait pas un soir sur le pas de sa porte.

Oui, Scarlett Johansson.

S-C-A-R-L-E-T-T.

J-O-H-A-N-S-S-O-N.

Et parce qu’il sait réparer tout ce qui est cassé, Arthur, malgré sa maladresse et ses blessures intimes dépasse son envie irrésistible d’elle et de ses courbes parfaites si convoitées.

Il est comme ça Arthur. Simple. Pas simplet. Désireux. Pas libidineux.

Pour cette chronique, j’ai commis l’erreur de lire des avis post lecture. On y évoque la mièvrerie de l’auteur et la naïveté de ses idées. Je me suis presque sentie coupable de m’être « faite avoir » avant de réaliser à quel point le plaisir de mes lectures était indéfectiblement lié à mon absence de contrôle sur les émotions qu’elles génèrent.

Reproche-t-on à Francky Vincent d’être trop sucré, à Candy d’avoir des boucles trop blondes et une voix de crécelle, à Carrie Ingals de tomber à chaque générique de la Petite Maison dans la Prairie ?

Nous blâmons souvent les auteurs de parler d’Amour simplement quand la vraie vie des vrais gens se charge sans cesse de le compliquer.

Alors à la veille de ma sans Valentin, ce livre m’a réconcilié avec les mots doux. Et si à défaut de Scarlett, Ryan Gosling, le vrai, passe dans le coin, sache le Ryan, mon pastis et ma bouillabaisse seront prêt à t’accueillir.

Et moi aussi.