Sexy Friday : Octobre rose – mes seins vont bien et les vôtres?

Mis en avant

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Un sexy Friday un peu particulier aujourd’hui qui sonne comme une piqûre de rappel. Parce que parfois ce qui nous rend jolie ou femme ou je ne sais quoi peut aussi bouleverser nos vies.

A l’occasion d’Octobre rose, je revisite cet article rédigé l’année dernière mais nourri depuis par une expérience personnelle qui, même si elle ne me visait pas directement, m’a profondément touchée.

J’ai vécu l’angoisse des résultats avec Elle, les analyses en cascade dont je peinais à comprendre les aboutissants, la crainte, le doute, le soulagement puis le doute à nouveau. Elle va mieux et je suis plus que jamais fière d’être son amie.

J’ai voulu ajouter de l’humour à cet intro. Mais ça ne venait pas. J’ai fini par ne rien ajouter. Parce que pour l’avoir côtoyé de près, ça n’a rien de drôle.

Palpez vos seins, consultez, prenez soin de ces 2 petites choses et puis… aimez-les, ce serait chouette ça.

Aujourd’hui, je regarde Tic et Tac et je les remercie d’aller bien.

J’ai presque envie de sortir l’album familial et de me rappeler leur petite vie.

Avant 12/13 ans, j’avais tout juste remarqué que j’avais 2 boutons sur le torse. Mais comme mon frère avait grosso modo les mêmes, je n’étais pas plus inquiète que ça à leur sujet.

Je me vois encore dire à ma mère que je trouvais ça moche et que j’espérais vraiment qu’ils ne pousseraient jamais !

Mais pour une fois je ne pouvais pas juste fermer ma grande gueule ?!!

Voilà bien la seule consigne que Dame Nature aura exaucé sans sourciller.

Alors qu’à 20 ans, soyons clairs, je rêvais d’avoir ça :

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Et de faire ça :

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Car oui ils n’ont jamais poussé. Ou si peu.

A 14 ans inquiète de l’équipement très limité qui ornait le haut de mon corps, j’ai commencé à porter des soutiens gorges. Ceux qui ne servent à rien, si ce n’est à dire que oui tu en portes mais comme le préservatif XXL n’a jamais fait la grosse bestiole, le soutien-gorge n’a jamais fait le décolleté de Pamela. Et ça c’était triste.

Bref je ne savais pas trop quoi faire de ces 2 trucs, ils étaient là sans être là, timidement cachés sous mon 85A.

Et puis un jour…et puis un jour…et puis un jouuuuuuuuur

Un garçon a posé grossièrement ses doigts là-dessous tout en nettoyant l’intérieur de ma bouche avec sa langue (à moins que ce ne soit de mon estomac) et je crois que oui j’ai aimé ça.

Pendant que Tic était mordu, Tac subissait les assauts grandissants de ses doigts.

Et j’ai enfin compris le pourquoi de leur existence.

Toujours fidèles au poste, mes 2 compagnons tantôt exhibés et remontés dans un Push Up frôlant le ridicule tantôt à l’abri sous un gros pull en maille tricoté par ma grand-mère, ont vécu avec moi mes jeunes années de femme avide de découvertes.

En 2008, mon ventre s’est arrondi.

Et mes seins, sans aucune personnalité, l’ont imité. 2 petits obus se tenaient en lieu et place de Tic et Tac que je ne reconnaissais plus. Tout ronds, tout durs, et bientôt emplis d’un savant breuvage dont ma fille se délectait, j’ai fait la paix avec eux.

Ce quator aura duré 16 mois. 16 mois durant lesquels j’ai entendu « Tu ne vas pas l’allaiter jusqu’à sa majorité cette enfant ?? », 16 mois pendant lesquels je souriais, remplie de cette satisfaction intense de nourrir ma fille qui devenait complètement barge dès que l’odeur du lait maternel à la limite du supportable pour le commun des mortels frôlait ses narines juvéniles.

Et puis un jour, nous avons convenu, Tic et Tac, ma fille et moi qu’il était temps. On s’est tous dit Aurevoir. Une séparation sans douleur. C’était chouette.

Mes seins se sont désemplis naturellement du liquide bénéfique.

Et de jour en jour, j’ai compris devant mon miroir sadique, que ces 16 mois marqueraient un nouveau tournant dans leur existence.

J’avais perdu des seins.

Et ça m’a beaucoup agacée. Parce que dans mes bouquins, ils disaient bien que l’allaitement n’abimait pas les miches. Du coup je me suis sentie flouée. Et j’en ai voulu à tous les auteurs de ces manuels prônant la chose. Dans ma tête, c’était sûr, tout le Monde se moquait de la planche à pain que j’étais devenue.

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Aujourd’hui, j’ai refait la paix avec eux. Il faut dire que la guerre, ils ne sont pas assez costauds pour la gagner. Tic, celui qui a un grain de beauté, tout comme Tac, le préféré du Lutin à l’époque, va bien.

Pendant que certaines courageuses enchaînent les séances de chimio pour éradiquer le Monstre, je peux encore jouir de les avoir tous 2 en bonne santé.

Un jour, un amoureux m’a dit qu’il les trouvait trop petits.

Il avait raison cet amoureux.

Mais c’est aussi leur histoire.

Mes seins vont bien, merci.

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