Sexy Friday : Octobre rose – mes seins vont bien et les vôtres?

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Un sexy Friday un peu particulier aujourd’hui qui sonne comme une piqûre de rappel. Parce que parfois ce qui nous rend jolie ou femme ou je ne sais quoi peut aussi bouleverser nos vies.

A l’occasion d’Octobre rose, je revisite cet article rédigé l’année dernière mais nourri depuis par une expérience personnelle qui, même si elle ne me visait pas directement, m’a profondément touchée.

J’ai vécu l’angoisse des résultats avec Elle, les analyses en cascade dont je peinais à comprendre les aboutissants, la crainte, le doute, le soulagement puis le doute à nouveau. Elle va mieux et je suis plus que jamais fière d’être son amie.

J’ai voulu ajouter de l’humour à cet intro. Mais ça ne venait pas. J’ai fini par ne rien ajouter. Parce que pour l’avoir côtoyé de près, ça n’a rien de drôle.

Palpez vos seins, consultez, prenez soin de ces 2 petites choses et puis… aimez-les, ce serait chouette ça.

Aujourd’hui, je regarde Tic et Tac et je les remercie d’aller bien.

J’ai presque envie de sortir l’album familial et de me rappeler leur petite vie.

Avant 12/13 ans, j’avais tout juste remarqué que j’avais 2 boutons sur le torse. Mais comme mon frère avait grosso modo les mêmes, je n’étais pas plus inquiète que ça à leur sujet.

Je me vois encore dire à ma mère que je trouvais ça moche et que j’espérais vraiment qu’ils ne pousseraient jamais !

Mais pour une fois je ne pouvais pas juste fermer ma grande gueule ?!!

Voilà bien la seule consigne que Dame Nature aura exaucé sans sourciller.

Alors qu’à 20 ans, soyons clairs, je rêvais d’avoir ça :

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Et de faire ça :

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Car oui ils n’ont jamais poussé. Ou si peu.

A 14 ans inquiète de l’équipement très limité qui ornait le haut de mon corps, j’ai commencé à porter des soutiens gorges. Ceux qui ne servent à rien, si ce n’est à dire que oui tu en portes mais comme le préservatif XXL n’a jamais fait la grosse bestiole, le soutien-gorge n’a jamais fait le décolleté de Pamela. Et ça c’était triste.

Bref je ne savais pas trop quoi faire de ces 2 trucs, ils étaient là sans être là, timidement cachés sous mon 85A.

Et puis un jour…et puis un jour…et puis un jouuuuuuuuur

Un garçon a posé grossièrement ses doigts là-dessous tout en nettoyant l’intérieur de ma bouche avec sa langue (à moins que ce ne soit de mon estomac) et je crois que oui j’ai aimé ça.

Pendant que Tic était mordu, Tac subissait les assauts grandissants de ses doigts.

Et j’ai enfin compris le pourquoi de leur existence.

Toujours fidèles au poste, mes 2 compagnons tantôt exhibés et remontés dans un Push Up frôlant le ridicule tantôt à l’abri sous un gros pull en maille tricoté par ma grand-mère, ont vécu avec moi mes jeunes années de femme avide de découvertes.

En 2008, mon ventre s’est arrondi.

Et mes seins, sans aucune personnalité, l’ont imité. 2 petits obus se tenaient en lieu et place de Tic et Tac que je ne reconnaissais plus. Tout ronds, tout durs, et bientôt emplis d’un savant breuvage dont ma fille se délectait, j’ai fait la paix avec eux.

Ce quator aura duré 16 mois. 16 mois durant lesquels j’ai entendu « Tu ne vas pas l’allaiter jusqu’à sa majorité cette enfant ?? », 16 mois pendant lesquels je souriais, remplie de cette satisfaction intense de nourrir ma fille qui devenait complètement barge dès que l’odeur du lait maternel à la limite du supportable pour le commun des mortels frôlait ses narines juvéniles.

Et puis un jour, nous avons convenu, Tic et Tac, ma fille et moi qu’il était temps. On s’est tous dit Aurevoir. Une séparation sans douleur. C’était chouette.

Mes seins se sont désemplis naturellement du liquide bénéfique.

Et de jour en jour, j’ai compris devant mon miroir sadique, que ces 16 mois marqueraient un nouveau tournant dans leur existence.

J’avais perdu des seins.

Et ça m’a beaucoup agacée. Parce que dans mes bouquins, ils disaient bien que l’allaitement n’abimait pas les miches. Du coup je me suis sentie flouée. Et j’en ai voulu à tous les auteurs de ces manuels prônant la chose. Dans ma tête, c’était sûr, tout le Monde se moquait de la planche à pain que j’étais devenue.

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Aujourd’hui, j’ai refait la paix avec eux. Il faut dire que la guerre, ils ne sont pas assez costauds pour la gagner. Tic, celui qui a un grain de beauté, tout comme Tac, le préféré du Lutin à l’époque, va bien.

Pendant que certaines courageuses enchaînent les séances de chimio pour éradiquer le Monstre, je peux encore jouir de les avoir tous 2 en bonne santé.

Un jour, un amoureux m’a dit qu’il les trouvait trop petits.

Il avait raison cet amoureux.

Mais c’est aussi leur histoire.

Mes seins vont bien, merci.

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Tranche de vie : 24h dans la vie d’une blonde

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Samedi

8h: Hey Salut belle gosse! Mon miroir se fout ouvertement de ma gueule. J’ai la tronche de travers, des cernes jusqu’aux genoux et les cheveux en vrac.

9h : Je décide qu’aujourd’hui est un grand jour. Je vais devenir blonde. Pas blondinette ni avec de légers reflets. Je serai blonde platine.

10h : Boutique du coiffeur (le genre d’endroits qui devraient être interdits aux gens lambda, enfin à moi surtout – on pourrait peut-être installer des vigiles comme au Casino pour les accros) : « Bonjour copine, je voudrais décolorer ma tignasse, qu’est-ce qu’il me faudrait ? ». A ce moment précis, cette femme est ma nouvelle meilleure amie.

12h : De retour chez moi et armée d’un équipement digne de Franck Provoc’, je dégaine le T-shirt de ma boite pour m’apprêter à faire la guerre (désolée Patron). J’avais prévu de faire quelques mèches pour le fameux effet « coup de soleil ».  Grosse blague, je suis lancée, plus rien ne m’arrête et c’est ma tête presque entière qui subit mes assauts de peintre en bâtiment.

12h30 : Temps de pause maxi 30 minutes m’avait dit ma pote. Mais 30 minutes à partir de quand ? Quand j’ai lâché mon pinceau, fière de mon œuvre après 15 raccords sur les mèches épargnées ou 30 minutes au début de l’attaque ?

12h40 : J’écarte le produit d’une mèche pour voir « si ça a pris ». Je ne prends pas le temps de me répondre que je suis déjà sous la douche espérant presque que l’eau estompe ce que je viens de voir. Je rince énergiquement. 1 fois. 2 fois. Après j’ai arrêté de compter. J’enchaîne avec le shampoing violet supposé neutraliser le jaune (« Pourquoi il faut neutraliser le jaune ? Je veux être blonde copine, pas jaune, blonde comme Pamela, Sharon et toute la bande !!).

13h : Pamela et Sharon sont mortes de rire. Du « coup de soleil », je suis passée au stade de grosse insolation en plein mois d’août. J’ai fini de sécher mes tifs. Y’a plus d’espoir. Je ne me reconnais pas. J’ai déjà envoyé 10 MMS de ma trogne (et reçu 10 SMS de « oh non c’est pas si grave / Franchement ça passe / oui bon c’était mieux avant mais je t’assure que c’est pas si mal »). J’ai envie de mourir en avalant ce qu’il reste de déco mais l’odeur de ce truc me fait renoncer. Je suis loin de la blonde australienne aux reflets dorés. Je suis juste moi en plus moche (et plus jaune).

23h : J’ai déjà tapé « Rattraper décoloration » sur Google et ai lu au moins 3 pages des résultats de recherches. Je suis aussi tombée sur une dizaine de vidéos mentionnant l’importance de « laisser ça à des professionnels » (et patati et patata).

Dimanche

8h : Je me demande à quelle heure ouvre le Monop’ en bas

9h : Je parcours les 50 mètres qui me séparent du magasin comme si tout le voisinage avait reçu une Newsletter dans la nuit sur les déboires de ma tignasse. Devant le rayon des colorations, je compare les nuanciers. Et puis après avoir tergiversé un bon moment, j’opte pour le packaging le plus classe (parce que les écritures sont en relief et satinées), persuadée qu’au point où j’en suis, je ne pourrais pas être pire.

10h30 : Je revis. Littéralement. Mon souffle étant celui d’une vache en plein coït depuis bientôt 24h. Finie la blonde déguelasse. C’est pas extraordinaire mais cette fois c’est moi qui me dis « ça passe ».

11h : je déclare l’armistice entre ma crinière et moi-même. Et surtout, je décrète comme on me l’a souvent répété que coiffeur, c’est un métier.

Sexy Friday : Pas ce soir

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Aujourd’hui, je vous propose d’inaugurer une rubrique. Je pensais à un titre bien accrocheur. Plus je réfléchissais, plus mon brainstorming prenait l’allure d’une revue pornographique. J’ai presque honte des mots qui m’ont traversée l’esprit. Du coup j’ai synthétisé la chose, j’ai mis le mot « sexy » pour qu’on sache de quoi il en retourne (et ne duper personne) et Friday parce que ce sera notre rendez-vous coquin, à toi et moi, et que j’aime bien planifier les choses. Enfin, mes articles.

Ne t’attends pas à ce que je te dévoile mes ébats. Déjà parce que je ne prétends pas être de bons conseils en la matière et que j’imagine qu’aux yeux de certains, j’ai forcément dû être mauvaise. Non, je déconne.

J’y vois surtout l’occasion d’en sourire (mais si tu veux rire, « feel free » comme diraient ceux qui habitent de l’autre côté de l’Atlantique) et puis le sexe, ça fait vendre, ça attire le chaland, alors pourquoi pas l’instagrammeuse en mal de mâle ou l’instagrammeur qui passerait « par hasard » sur cet article.

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On est loin du thème de base, des voyages et des balades mais mon objectif n’a jamais été d’être d’une cohérence à toute épreuve. Demain, j’aurais peut-être envie de vous parler des rayons cosmiques ulta énergétiques ou de la place des femmes dans le monde politique (ou pas) mais ce n’est pas l’inspiration du jour. Et l’inspiration, j’ai beau lui donner matière et la nourrir, je n’en fais pas ce que je veux. Je crois que je suis en train de me justifier à parler cul. Quelle sombre idiote, allez tous à poil !

Après tout, c’est aussi vous qui m’y avez fortement encouragé, unes des publications ayant obtenue le plus de likes à ce jour étant celle d’un roman au nom plus qu’équivoque.

D’ailleurs, je dénombre 69 likes sur la photo en question. Vous êtes forts. Vous êtes très, très forts (petit update : on a dépassé les 69…damned).

On peut banaliser la chose, pratiquer sans être croyant – et inversement, ne pas aimer ça (ou ne pas avoir eu de chance à la loterie des amants), elle reste une valeur sûre. Hausse les épaules, soupire, mais si tu es encore en train de me lire, c’est que tu fais partie de ceux qui connaissent l’évènement du dimanche soir sur M6 dans les années 90 (quel est le con qui nous a retiré ce plaisir ??).

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A force de vouloir introduire cette rubrique dans les règles de l’art, j’en oublie presque d’aborder le sujet du jour.

Je vous livre donc ici mes astuces personnelles pour ne pas satisfaire votre Jules (je précise, pour les jours où vous n’avez PAS envie, les autres, je vous laisse gérer !). Parce qu’autant vous le dire, le mal de crâne et la mauvaise période du mois qui dure…TOUT le mois, ça ne va pas être possible bien longtemps. Je vous plante le décor, Jules est torse nu l’air de rien, il vous fait déjà les yeux doux (en fait il les plisse bizarrement mais comprenez bien par-là que ce soir, il ne suffira pas de lui tourner le dos pour que le message passe) et il vous a déjà complimenté 2 fois sur votre nouvelle coupe de cheveux alors que vous n’avez pas foutu un pied chez le coiffeur depuis 3 ans.

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Comme je suis une fille sympa, je ne vais pas vous laisser dans un tel désarroi. Voici donc les attitudes non testées, non approuvées, qui pourraient vous sortir de ce mauvais pas (mais votre retour d’expérience m’intéresse) :

  • La prévenante : « Dis chéri, tu crois vraiment que l’herpès, on l’a à vie ? »
  • La compatissante : « Tu as l’air fatigué mon amour, je te respecte trop pour t’imposer ça »
  • L’impressionnée : « Mais enfin, tu es sûre que tu ne vas pas me faire mal avec TOUT ça ?? »
  • L’hypocondriaque : « Tu souffles fort quand même, tu as fait un petit check up cardio récemment ? »
  • L’ambitieuse : « J’ai oublié la pilule…mais allez, on s’en fout ! »
  • La pragmatique : « j’aime bien quand tu cuisines mais les artichauts à l’ail, ça ne passe vraiment pas »
  • L’astrologue: « La lune est en phase décroissante, je ne suis pas connectée ce soir, désolée… »

Sinon, vous pouvez dire « non, je n’ai pas envie », c’est bien aussi. Le sexe de complaisance est une réalité bien étrange. Dire oui parce qu’on a dépassé le délai tolérable entre 2 câlins par Jules, de peur qu’il aille se satisfaire ailleurs ou que son envie semble l’envahir et qu’il en appelle à notre empathie est forcément une mauvaise idée. Jules n’est pas dupe et personne n’y prendra sincèrement du plaisir. Si nous pouvons parfois l’oublier en couple, le seul déclencheur du câlin ne porte qu’un seul nom : l’envie. Si l’envie est là, sautons-nous dessus, dévorons-nous, roulons-nous dans l’herbe, brisons des lattes et des laves linges (mais les lattes coûtent moins chères), sinon good news, l’envie, si elle est respectée et entendue, est une amie bien sympathique…elle revient !

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Des crêpes et un sourire

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La petite « aventure » a commencé il y a environ 1 an lorsque ma fille s’est mise à réagir à la vue de sans abris :

  • Pourquoi ils sont là ? Pourquoi personne ne fait rien ?

Et ce n’était pas une lubie passagère, non, ma fille découvrait la compassion.

A chaque SDF qu’on croisait, elle reprenait l’argumentaire ne comprenant pas toujours les raisons qui m’incitaient à ne pas m’arrêter, à ne rien donner.

Et à mesure que je me justifiais, je réalisais l’énormité de ce que j’avançais. La réalité c’est que je n’allais pas devenir pauvre en donnant 1€ pas plus que j’allais faire grimper le taux d’alcoolisme. Je m’étais juste imbriquée dans une posture d’ignorance. Ce que je ne veux pas voir, je ne le vois pas.

Alors, quand la semaine dernière, elle est revenue à la charge, j’ai répondu : ok, mais je ne donne pas d’argent, je veux bien qu’on cuisine pour eux en revanche. N’ayant pas de four à la maison et aucun niveau dès qu’il s’agit d’assembler des ingrédients entre eux et d’en faire quelque chose de mangeable, je me suis rappelée que s’il y avait bien un truc que je maitrisais, c’était la crêpe.

Attention, Ladies and Gentlemen, laissez passer et savourer LA crêpe. Oui, bon, j’ai mis 10 œufs dans un gros saladier, y ai ajouté de la farine, de l’huile et du lait. Clairement, je n’ai pas réinventé le concept.

Une fois les petites crêpes savamment réparties dans des assiettes (auxquelles il a fallu ajouter des sachets de sucre « parce que sinon elles n’auraient pas assez de goût » m’a-t-on susurré à l’oreille), il a fallu descendre dans la rue pour les distribuer.

Et c’est sans doute la partie la plus sensible et délicate de notre affaire. D’abord, parce que j’étais très intimidée, craignant de déranger. J’ai donc décidé de m’adresser uniquement à des personnes qui mendiaient. J’aurais eu trop peur de proposer mon art culinaire à un mec juste tranquillement posé par terre.

Il y a d’abord eu cette femme allongée, pas endormie mais qui n’était de toute évidence pas en état de me parler. Je lui ai proposé mon aide sans insister. Ma première tentative était un échec cuisant.

Quelques mètres plus loin, un premier homme accepte. Je rôde mon discours gentiment, j’ai préparé des crêpes avec ma fille et ça me fait plaisir de lui en faire profiter. Je lui souhaite un bel après-midi avant de m’éloigner.

Un autre homme m’écoute avec attention en grimaçant. Je comprends alors qu’il ne parle pas français et me contente de lui présenter l’assiette qu’il prend en me remerciant.

Et puis il y a cet homme vers qui je m’assoie. Nous avons un échange de regard presque amical. Il pourrait être mon père mais il paraît encore bien plus âgé. Ses traits sont marqués, il a l’air pourtant serein et son sourire illumine son visage. Je ne me demande pas ce qui l’a amené ici, je vis juste ce moment.

Alors, on n’a pas fait la révolution, nos crêpes, ma fille et moi. Je ne me targue de rien et il y aurait bien mieux à faire.

Mais j’aurais montré à ma fille que du haut de ses 8 ans, sa force de persuasion est une chance et que si nous ne sommes pas toujours en mesure de faire de grandes actions, nous pouvons au moins essayer d’en réaliser de petites. Alors, comme ça, peut-être qu’on pourrait, à bout d’idées, de crêpes et de sourires, faire bouger les choses.

La dure vie des hommes

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Je pensais à ça l’autre jour (ça, et comment j’allais me débarrasser de ma 4 voies frontale – cf dernier article), je me disais à quel point, nous les femmes pouvions rager des inégalités avec le clan adverse.

« Tu te rends comptes, on se tape toutes les merdes » me disait Jeannine (oui l’âge de mes potes n’est pas sans lien avec ma 4 voies).

Et Jeannine, dans son élan de surenchérir : « La grossesse, la cellulite, les règles, la ménopause… ».

Plus je l’écoutais et plus je m’imaginais taper sur Google : changement de sexe/ douleur changement de sexe/ durée opération/ complications opération/ ratés chirurgie, me retrouvant sur Doctissimo devant des images effrayantes de supposés sexes féminins complètement ravagés par les assauts scalpelitiques du Docteur Cohen.

Et bon appétit bien sûr.

Bref, vous l’aurez compris j’ai fini par abandonner ce projet de transformation.

Il me fallait donc maintenant convaincre Jeannine qu’être un homme, ce n’est quand même pas facile tous les jours car…

  • J’ai beau regarder tous les tutos sur Youtube, jamais je ne saurai faire un nœud de cravate. C’est acté, comme mon niveau en cuisine ou en jardinage (je crois que j’ai même réussi à faire crever un cactus un jour). Le pan du dessous sera toujours plus long que celui du dessus et je serai obligée de camoufler le massacre en fermant ma veste, même en plein mois d’août.

 

  • Je ne panique jamais en retirant ma culotte en coton bio équitable. Mon excitation n’a pas besoin de mesurer 18 centimètres ni d’être fièrement dressée. Non, mon excitation sait se faire discrète, ou feinte mais ce n’est pas le débat du jour (et détail supplémentaire : je peux faire durer l’effort jusqu’à ce que mort s’ensuive – mais je n’ai jamais incité personne à le faire, ce qui explique certainement que je sois toujours là).

 

  • Je peux publier des selfies où je me trouve bonnasse jolie sans avoir l’air de me la péter. Alors qu’en fait si. Et si je le fais engoncée dans mon canap’, personne ne se dira que je suis juste une grosse feignasse. Certains même trouveront ça sexy. Quand je vous disais que ça valait le coup d’être une femme…

 

  • Je ne me cache jamais pour pleurer sous prétexte que je suis un bonhomme. Non, moi j’ouvre les vannes s’il le faut quitte à souiller mes taies d’oreiller et me transformer en hamster apeuré. Je peux même ajouter un peu de musique pour ajouter du pathos au pathos ou du cliché au cliché et me dire « je m’en fous, je suis une meuf ». Attention le « je m’en fous, je suis une meuf » est à utiliser avec autant de parcimonie qu’il existe d’excuses pour le sortir. Après, on est grillées.

 

  • Je ne suis pas obligée d’assumer mes boutons, mes cernes et tout ce qui fait de moi la femme désirable que je suis. Je peux couvrir le tout sous une fine couche de make-up et avoir l’air fraîche. Ce n’est clairement pas le plus gros atout réflexion faite…

A la fin de mon argumentaire, Jeannine m’a regardée un moment avant d’ajouter : « Et la montée de lait, tu y as pensé ? Et l’épilation ? Et les bouffées de chaleur ? Et… ? »

Parfois être une femme, c’est aussi accepter les élucubrations de ses copines. Encore un point pour la partie adverse.

NB1 : Je n’ai pas trouvé de solution à ma 4 voies frontales.

NB2 : Toutes les informations chiffrées de cet article – c’est-à-dire une – ne sont que des indications aléatoires, fruit d’une imagination débordante mais parfaitement inculte.

NB3 : Je n’ai jamais appelé Docteur Cohen.

 

Lecture du jour – Le jour où j’ai appris à vivre

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Comme une bleue. Il était là en tête de gondole, fièrement mis en avant par un message attrayant : « un magnifique livre, plein d’espoir et de tendresse ». Il ne m’en fallait pas plus. Je ne devais pas avoir eu ma dose de tendresse ce jour-là, le précédent non plus d’ailleurs, mais j’avais encore un peu d’espoir en rab, et j’ai cédé faiblement.

A mi-chemin entre le livre de développement personnel et le roman, « le jour où j’ai appris à vivre » nous raconte l’histoire de Jonathan, un homme quitté et désœuvré qui va croiser la route d’une bohémienne dont la prédiction va créer un cataclysme dans sa morne existence : Jonathan va mourir.

L’homme pragmatique qu’il était aurait tourné les talons et méprisé cette vision de diseuse de bonne aventure mais il était à ce stade de sa vie un homme affaibli et influençable.

Voici donc notre héros prêt à entamer ces derniers instants de vie sous un nouveau regard. Mais comment faire ? Par quoi commencer ? Et dans quel but ?

Jonathan nous emmène dans sa propre quête à laquelle sera mêlée un amour déçu, un associé peu scrupuleux et surtout une tante pleine de ressources, la tatie des remises en questions et des grandes leçons sur la vie. Persuadé que sa fin est proche, Jonathan mettra tout en œuvre pour se diriger vers l’essentiel sans savoir réellement de quoi il est fait.

J’ai reposé ce livre avec beaucoup de scepticisme sur ses éventuels bienfaits jugeant cette tante idéaliste, parfois carrément à côté de la pompe comme dirait Christina. Et à la lecture de certains passages, bien que très bien illustrés par des exemples historiques, voire parfois scientifiques, je voyais poindre l’adage « la réponse est en toi », pas franchement ma came.

En réalité, ce qui m’a dérangé dans ce livre est la réponse même qu’il apporte aux principaux maux qui nous empoisonnent. Oui, ce qui m’a dérangé dans ce livre est qu’il révélait des évidences que j’aurais sûrement souhaité compliqués, désordonnées, inaccessibles.

Cette facilité à être heureux en est presque déconcertante.

Je le lis et je me prends en pleine tête mes vices et mes travers : mes désirs alimentés en flux continu par des éléments extérieurs, mes lacunes quand il s’agit de les exprimer simplement …

Je suis d’autant plus sceptique que je suis moi-même un être pragmatique, adepte du « je ne crois que ce je vois », éduqué avec autant d’amour que de principes.

Il faudrait donc apprendre à désapprendre.

Finalement je pensais être trop terre à terre pour être touchée par autant d’optimisme. Et puis le message attrayant, la couverture un peu niaise et le message ont eu raison de mes réticences.

Et pour employer une expression qui commençait pourtant à irriter mes tympans tant on nous l’a ressassée, je crois bien que j’ai lâché prise.

Billet d’humeur – La théorie du « un peu plus, un peu moins »

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Dans la série des excuses, celle-ci est l’une de mes préférées, si ce n’est la meilleure.

La théorie du « un peu plus, un peu moins » est celle qui nous conduit à ouvrir un nouveau paquet de clopes, avaler la dernière chips, traverser la France pour y retrouver un inconnu à qui on a échangé 3 mots sur Tinder et bien plus encore.

Cette théorie serait-elle sans limite ?

Monsieur Toujoursplus s’enthousiasme pendant que Madame Limitonslesdégâts tente de modérer.

C’est le verre de trop, l’assiette en rab à la cantine, la pause après la pause, le SMS en pleine nuit, la blague qui dure, le soupir après l’agacement, le cri après le soupir, le claquement de porte après le cri.

C’est Secret Story après Le Loft, Damso après Jul, Les Bronzés 3 après Les Bronzés font du ski (mon dernier article évoquait Rimbaud, j’ai cru bon d’ouvrir l’horizon culturel de ce blog).

C’est le « mourir de ça ou d’autre chose… », le « au point où on est… », les épaules levées et l’air déconfit.

Ce serait si drôle si les excès n’avaient pas parfois le nom d’une maladie imprononçable, d’un chagrin qu’on aurait pu éviter (le fameux mec qu’on traitait de connard auprès des copines et qu’on a fini par laisser atterrir dans notre lit – je ne précise pas les passages autobiographiques mais disons que oui, mon cas est un sujet très inspirant), de la dizaine de kilos en trop qu’on rabat comme on peut dans des leggings étriqués.

Le « on a qu’une vie » nous mène parfois à des situations bien étranges. Sans doute lui qui, hier, m’a fait randonner sous une pluie battante et revenir en stop.

Dans une ancienne vie, j’aurais sûrement fait machine arrière parce qu’au-delà de redécouvrir que l’eau, ça mouille, j’ai aussi pu constater ou re-constater que l’eau, ça colle, ça se répand, ça plaque mes cheveux (pas comme dans une pub Ushuaia mais plutôt comme un yorkshire qu’on aurait plongé dans la baignoire, l’odeur en moins) et mes fringues (et là encore rien à voir avec un quelconque car wash de blonde siliconée).

Non, j’étais juste moi, en franchement moins chouette et le mascara, seul artifice que je m’étais autorisé pour séduire la montagne n’en finissait pas de tracer des petits pâtés noirs informes sur mes joues de fausse sportive téméraire.

Mais à bien y réfléchir force est de constater que l’eau n’empêche pas d’avancer et que petit bonus elle fait fuir tous ceux qui n’avaient pas eu l’info me laissant savourer ma rando trempée mais seule.

Alors peut-être que si on revoyait les raisons mêmes qui nous gameofthronise tous les dimanches, outre l’attraction évidente entre nos fessiers et le molleton de nos canapés suédois, nous pourrions oser autre chose. Oui, la fille a randonné sous la flotte et s’improvise prêtresse de l’audace mais on peut peut-être me laisser cette petite victoire sans hurler à l’imposteur, ça vous coûtera un commentaire désobligeant en moins (que vous pouvez aisément reporter sur un autre article, d’un autre blog – me contacter si besoin de nom).

Une fois n’est pas coutume, je me suis quelque peu égarée.

Ah oui, la théorie du « un peu plus, un peu moins ». Et bien après cette mini thèse de dimanche soir, je vais trancher et choisir définitivement le « un peu plus » qui malgré les petits et gros tracas qu’il cause m’excite nettement plus. Même si « les Bronzés 3 » est un navet qui n’a pas son pareil et Damso une insulte suprême au Rap, style musical que j’affectionne pourtant particulièrement, les suites de trop et les pâles imitations subliment toujours autant les réussites.

A bientôt pour de nouvelles divagations

 

Finalement, je ne serai pas poète

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Et alors, qu’est-ce que tu veux faire plus tard Mimi ?

A cette question saugrenue que posaient le Monde et les hommes (mais je crois que cette liste est non exhaustive tant mon Avenir était au centre des discussions), je répondais avec un certain aplomb que je voulais devenir poète.

Quand mes copines de classe se voyaient pour la plupart en maîtresse ou en vendeuse dans un grand magasin de chaussures pour Dames du Monde, je rêvais déjà à jouer avec les mots, les faire valser sur des cahiers que je collecterais dans les tiroirs d’un bureau d’artiste. Mon bureau d’artiste.

Tel aurait dû être mon dessein.

Et puis, la réalité des CIO, des réunions d’informations, des stages en entreprises et disons-le l’absence totale de poste à pourvoir à la catégorie « poètes » de Monster.com ont eu raison de ma ferveur littéraire.

Adieu les vers, les césures et les strophes, je ne serai pas poète.

La mélancolie de Rimbaud me gagnait, moi qui m’étais perdue entre les lignes d’une Saison en Enfer à peine entrée dans l’adolescence, je devais me résoudre à choisir une autre voie.

Alors, comme le comédien raté ou l’astronaute avorté, j’ai enchaîné les boulots et les formations sans vraiment savoir ce que j’allais faire de ma carcasse. Un jour étudiante en théâtre, le lendemain esthéticienne dans un Spa parisien, j’ai fini avec un peu de malice et d’acharnement à devenir Assistante de projet pour un Cabinet de Conseil, poste que j’occupe encore aujourd’hui. Arthur, pardonne moi…

Je n’ai jamais réussi à bouder mes petits cahiers longtemps même si je dois bien l’avouer, les petits cahiers précieusement conservés par ma mère ont fini par devenir des Word dans des sous sous sous dossiers. Arthur, si tu savais comme je m’en veux…

J’ai fini par me satisfaire d’un boulot peu euphorisant, voire carrément soporifique certains jours au profit d’une vie confortable. Et ce contentement, parfois incompris à juste titre, m’a permise de me libérer du poids de la quête effrénée du taf funky qu’on peut étaler en soirée ou sur Instagram.

Voilà, je ne serai pas poète. J’ai rayé la mention de ma To Do pour éviter toute forme d’amertume.

J’aurai la vie que je m’invente au fil des audaces et des compromis.

Arthur, tu es toujours là ? Arthur ? Arthur ???

Billet d’humeur – Coup de pied aux fesses

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J’ai attendu l’inspiration. Elle ne venait pas. Pas de sujet. Pas d’idée.

Rien

J’ai attendu le contexte, la situation. Ils ne venaient pas. Pas de bouleversement suffisamment fort pour ouvrir un Word et y laisser mes doigts guider le fil de mes pensées.

Rien

J’ai attendu le moment. Et devinez quoi ? Il ne venait pas. Ni hier, ni aujourd’hui. J’ai donc beaucoup compté sur demain.

Et puis finalement…rien

C’est donc avec cette intro bancale que s’amorce ce billet. Ou comment faire du plein avec du vide. Du bruit avec du silence. Bref, je sais que vous avez compris.

Pourtant, il s’est passé une tripotée de choses mais l’emploi du « je » me pose de plus en plus problème. Alors ouvrons ce blog et ces mots aux autres.

Ces autres que l’on croise, bouscule, prend dans nos bras, chérit puis parfois hait, hait puis parfois apprend à connaître et quelque fois même, oublie.

Retirons par la même occasion tout le mélodrame qui s’ajoute à ces états de faits et soyons capable d’admettre que ce n’est pas grave, que certaines parenthèses se referment mais qu’elles n’en étaient pas pour autant dénuées de sincérité.

Cet enclin à la nostalgie dont je fais bien souvent les frais est le poison de nos vies (on avait dit pas de mélodrame bon sang !!).

Reprenons

La nostalgie est donc la verrue plantaire que tu te coltines depuis des années sans franchir la porte d’un dermato, parce qu’après tout tu penses bien vivre avec.

Le truc qui est là, que tu mets de côté gentiment dans les méandres de ton cortex et qui rejaillit à la moindre émotion. Le bidule qui viendrait naturellement justifier tes actions d’aujourd’hui. Le fameux « si j’ai fait ça, c’est parce que j’ai vécu/subi ça ». Accommodant et empêcheur d’avancer, la nostalgie négative (appelée plutôt mémoire sélective par certains) est l’art de se positionner en victime et de transformer les souvenirs en excuses.

Alors plutôt que d’imaginer un Monde où nous pourrions nous réinventer sans cesse en occultant le passé, testons la nostalgie positive, concept né sous l’impulsion de mes doigts inspirés et agités sur les touches de mon clavier effrayé d’un tel assaut. Ou l’art de convertir les souvenirs quelle qu’ils soient en ressources. Comme une sorte de banque de données inépuisable dans laquelle nous pourrions piocher au gré de nos besoins.

Alors, quel classeur allons-nous ouvrir aujourd’hui pour embellir ce jour ?

D’ailleurs a-t-il besoin d’un flash-back ? La nostalgie, comme la chantilly sur la glace ou le rembourrage dans mon soutif, est optionnelle.

Il fallait bien une bonne nouvelle pour clore ce billet sans queue ni tête