Lecture – Chanson douce

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« Dans le salon, Louise a disposé un bouquet de dahlias. Le dîner est prêt, les draps sentent la lessive. Impossible, pensent-ils, de se passer d’elle. Ils réagissent comme des enfants gâtés, des chats domestiques. »

C’est sur les conseils de l’un(e) de vous (dont j’ai oublié le nom – honte sur moi), que j’ai choisi ce roman, lasse de mes choix habituels.

Chanson douce s’ouvre sur une scène d’horreur, celle d’un double infanticide perpétré par Louise, une nounou d’abord perçue comme un miracle chez une famille fragilisée par l’épuisement parental et ce besoin culpabilisant mais naturel de souffler.

Débarrassés de la fin et du suspens auxquels nous accordons souvent une importance démesurée, j’ai pu aisément me concentrer sur le fondement de l’histoire et l’ambivalence déroutante des personnages.

Dans ce roman, personne n’est tout noir ou tout blanc et c’est ce partage des vices qui rend parfois la lecture si gênante entre le « je ne veux pas en savoir davantage » et cette curiosité humaine (malsaine ?) de comprendre la mécanique qui engendre un tel drame.

Louise n’est pas une nounou ordinaire. D’ailleurs Louise n’a rien d’ordinaire. Et si l’on devine au travers des scènes sa complexité, son besoin de créer une dépendance vis-à-vis de ses employeurs et son rapport presque charnel à eux, Leila Slimani fait pourtant le choix de ne pas tout dire. Elle ne nous prend pas par la main, ne nous livre pas toutes les ficelles. Un manque pour certains, une chance pour d’autres jugeant ce parti pris stimulant pour nos imaginaires en berne, faute d’être trop nourris, gavés à coup de détails et d’illustrations en tout genre.

Dérangeant ce livre l’est mais il y a dans ce type de lecture quelque chose qui pousse nos limites et nos repères et nous incite à lever un peu plus la tête quitte à voir, sans pour autant l’accepter, l’immondice dans le sourire.

Chanson douce – Leila Slimani – Edition Gallimard

Lecture – Je ne suis pas une héroïne

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« L’amour, tu commences chaque fois par t’en faire un film toute seule. Puis tu le portes à bout de bras jusqu’à ce que les masques tombent, surtout celui que tu t’es collé toi-même sous les yeux ».

Ok, j’avoue, j’aime les romans qui parlent d’amour, les romans d’amour et de toute évidence, j’aime l’amour. Pas parce que j’aurais été éduquée aux téléfilms de M6, biberonnée aux Danielle Steel et perfusée à tout ce qui fait l’apanage de certains amoureux, leurs chansons mièvres et leurs cœurs avec les doigts mais bien pour toute la fascination que ce sentiment m’inspire, les incohérences qui sont les nôtres lorsque Cupidon déboule, cette curiosité des dits et des non-dits et tout ce qu’il révèle chez nous de plus brut.

Ce roman s’inscrit donc une fois de plus dans cette mouvance et je ne peux plus feindre de choisir mes lectures au hasard.

Maintenant que j’ai fait mon Mea Culpa, je vais pouvoir vous parler de ce livre.

Géralde cherche son Jim, le bon modèle, fidèle et mauvais garçon, aventurier stable, l’aiguille dans la botte des chafouins mais ne tombe que sur des Jimmy, les éternels mauvais numéros dont on se plaint inlassablement aux copines #connard.

Et c’est pour suivre sa quête sur un coup de tête et de folie, qu’elle se retrouvera en Nouvelle Zélande, où vit Pierce, jeune prétendant rencontré à Paris. J’ai parfois peiné à poursuivre mais Géralde par la plume de Nicolas Fargues nous dépeint les scènes qu’elle vit de manière si abrupte que je me suis accrochée. Cette rugosité des sentiments, sans concession et cette verve si actuelle ont fait vaciller mon cœur de lectrice, page après page.

Si la lecture avance parfois laborieusement, c’est aussi à cause de cet autre personnage, énigmatique et surprenant : la couleur de peau de Géralde. Géralde est française et noire, c’est un fait. Mais c’est aussi un des vrais sujets du livre, souvent abordé avec la délicatesse de Booba dans un Duty Free, sans qu’on l’ait vu venir. #reposeceflaconchanelboob’

Je referme donc ce roman en demi-teinte mais curieuse de savoir ce que cet auteur-là a d’autres dans sa besace.

Lecture – Ceci est mon cœur

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« Mon désespoir est privé. Tous ces selfies qui décorent mon profil, on s’imagine de moi que je suis une enfant de Narcisse mais c’est bien le contraire : plus je me prends en photo et plus je me déteste. Les selfies, c’est la solitude. »

J’ai eu envie d’écrire vite, très vite sur ce livre, craignant d’en perdre la consistance de ces mots, l’impression étrange d’une telle fraîcheur mêlée à l’amertume que peuvent parfois laisser les amours inachevés.

J’ai tellement écrit sur l’Amour cherchant à décrire l’indicible par autant de biais qu’il existe de façons de le ressentir que je n’imaginais pas qu’on puisse aussi bien le raconter en 11 nouvelles, 101 pages et une heure de lecture.

Rageant.

Je ne connaissais pas Louisiane C. Dor et pourtant, je nous imagine déjà un cocktail de trentenaires désabusées mais pas moins vibrantes à la main (#Spritz, #Mojito), à déblatérer sur nos histoires communes, cherchant l’absolu dans les rencontres éphémères.

Ceci est mon cœur porte la voix de ceux qui trouvent l’Amour sans le nommer, de ceux qui le clament trop fort pour qu’on les écoute, des indécis, des nostalgiques, des têtes brûlées, des pressés d’aimer et de ceux qui se prennent les pieds dans le tapis, bien conscients du pétrin dans lequel ils se sont fourrés.

A chaque tranche de vie, c’est donc le personnage qui nous narre son histoire nous plongeant ainsi dans ses failles les plus intimes et ses questionnements à rallonges, toutes ces pensées qui ont probablement été les vôtres un jour, ces « moi aussi » qui ne viennent jamais, ces attentes interminables et cet emballement, délicieux supplice, que rien ne refreine.

Pas un seul registre, pas une seule façon d’aimer, pas une seule sexualité mais une multitude de situations, de déboires, de désillusions et d’enchantements. Le ton est résolument moderne, drôle, parfois grinçant mais jamais cul cul la pralinette.

Vous l’aurez compris et à n’en pas douter, ceci est mon coup de cœur.

« Obtenir la personne qu’on désire, c’est moins intéressant que désirer cette personne ou la perdre »

Lecture – Les petites rébellions

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J’ai fait le tour de l’Alphabet dans un sens puis dans l’autre, parcouru les allées interminables de l’Alcazar, cru trouver une pépite entre F et I avant de revenir sur mes pas et m’arrêter sur lui.

Jean-Pierre Brouillaud. Si son nom ne vous dit rien, dégainez vite un papier, un stylo, car une chose est sûre, ce rebelle-là a le package intégral pour séduire le lecteur le plus réfractaire. A commencer par cette idée saugrenue de transformer les petites rébellions du quotidien en épopées rocambolesques.

Henri, première victime de sa plume inspirée, est un notaire honorable et respecté, un notaire pas franchement malheureux mais qui n’avait jamais pris jusqu’alors le recul nécessaire pour jauger de son niveau de satisfaction.

On peut donc être heureux et insatisfait. Voilà le premier et principal constat de l’auteur.

Pas franchement malheureux c’est le glaçon qui commence à fondre, la fraise en hiver, le rire après les larmes, le croissant de la veille, bref la mi-molle me direz-vous.

Henri n’aura pas besoin de quitter sa femme, s’offrir un Tour du Monde en voilier ou se lancer dans le casse du siècle façon Spaggiari pour dénicher l’audace qui le ferait sortir de son train-train. Sa trouvaille à lui, bien que plus accessible, lui garantira le même taux d’adrénaline, la même moiteur au creux de ses mains et les mêmes sursauts d’émotion car Henri aujourd’hui, et pour la première fois de sa vie, a décidé de prendre le métro sans ticket.

Jean-Pierre Brouillaud nous invite avec agilité à suivre les parcours ordinaires de ces personnages qui à cet instant précis de leurs histoires, dépassent cette fameuse zone de confort qui fait tant débat, pour enfin oser et ressentir ces émotions jusqu’alors fantasmées.

Vous l’aurez probablement compris, mon enthousiasme est aussi grand que l’est ce livre. Il fallait avoir l’idée, le rythme et donner du sens à tout ça. La recette est une pleine réussite, je me resservirais volontiers.

Lecture – Les lumières du ciel

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J’avais besoin de partir loin. Pas que je veuille vous tirer la larme mais ce week-end, pas de plan voyages ou fêtes entre amis en perspective et puis j’avais disons-le, le moral un peu dans les chaussettes. « Ça arrive », je crois que c’est comme ça qu’on dit. Rien de dramatique alors ne dramatisons pas. J’ai pris le bouquin dont la couverture arrivait le plus facilement à me tirer un sourire. Une coccinelle rose volante et par-dessus un liseré fuchsia qui évoquait le roman le plus drôle de l’année 2011. Voilà ce qu’il me fallait. Je n’ai jamais eu pour vocation de rédiger des chroniques uniquement sur les dernières sorties littéraires. En fait, je n’ai pas de vocation, du moins pas de celles qui me contraignent à un registre. Mais là n’est pas le sujet.

On y découvre donc Paul-Emile dont la principale ambition est de subvenir à ses besoins primaires : manger, rire et baiser et puis s’il peut avoir un toit pour faire tout ça, il n’est pas contre. Le personnage ne précise pas son ordre de préférence, je m’abstiendrais donc de le mentionner ici. Le descriptif semble réducteur, les aventures qui en découlent sont pourtant riches en rebondissements, en audaces et en folie. Si honorer un 35h facilite le quotidien, l’état d’esprit de notre anti-héros demande beaucoup plus d’agilité et un goût certain pour l’improvisation.

D’abord vendeur de sapins halals sur le parking d’un Supermarché, il entraîne en vadrouille Momo, pote plus que conciliant et Bérengère, sa maîtresse en mal de vivre avant de croiser Paul, auto-stoppeur au mode de vie insolite. Les lumières du ciel, c’est le hasard des rencontres, c’est que j’écrirais sûrement si j’étais dans un mood romanesque. J’aurais néanmoins souhaité y voir plus clair dans le cheminement de Paul-Emile et dans ses aspirations même si je reconnais volontiers que c’est un loser qu’on prend plaisir à suivre. De l’absurde des situations, Olivier Maulin nous amène habilement à réfléchir sur le sens que l’on donne à nos vies sans avoir le sentiment de nous flanquer une leçon et c’est là tout son talent. Le lecteur pioche là où il le décide les répliques qui font mouche. Et avec ce roman, c’est presque un puit sans fond de réflexions drôles et inspirantes qui s’offre à nous.

Lecture – La première chose qu’on regarde

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Merci à mon intuition d’avoir passé outre la couverture minimaliste et ce nom d’auteur qui ne me disait ma foi pas grand-chose.

Arthur Dreyfuss, garagiste d’une vingtaine d’années, est comparé à Ryan Gosling en mieux par Eloise, serveuse dans son village. Amoureux des grosses poitrines autant que de séries télé, Arthur se laisse doucement porter par le ronron de la vie.

Son dessein serait tout tracé si Scarlett Johansson en plein mal de vivre n’apparaissait pas un soir sur le pas de sa porte.

Oui, Scarlett Johansson.

S-C-A-R-L-E-T-T.

J-O-H-A-N-S-S-O-N.

Et parce qu’il sait réparer tout ce qui est cassé, Arthur, malgré sa maladresse et ses blessures intimes dépasse son envie irrésistible d’elle et de ses courbes parfaites si convoitées.

Il est comme ça Arthur. Simple. Pas simplet. Désireux. Pas libidineux.

Pour cette chronique, j’ai commis l’erreur de lire des avis post lecture. On y évoque la mièvrerie de l’auteur et la naïveté de ses idées. Je me suis presque sentie coupable de m’être « faite avoir » avant de réaliser à quel point le plaisir de mes lectures était indéfectiblement lié à mon absence de contrôle sur les émotions qu’elles génèrent.

Reproche-t-on à Francky Vincent d’être trop sucré, à Candy d’avoir des boucles trop blondes et une voix de crécelle, à Carrie Ingals de tomber à chaque générique de la Petite Maison dans la Prairie ?

Nous blâmons souvent les auteurs de parler d’Amour simplement quand la vraie vie des vrais gens se charge sans cesse de le compliquer.

Alors à la veille de ma sans Valentin, ce livre m’a réconcilié avec les mots doux. Et si à défaut de Scarlett, Ryan Gosling, le vrai, passe dans le coin, sache le Ryan, mon pastis et ma bouillabaisse seront prêt à t’accueillir.

Et moi aussi.

 

 

Lecture – Quand le Diable sortit de la salle de bain

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J’ai hésité un moment avant d’écrire sur lui.

« Quand le diable sortit de la salle de bain » avait tout : le titre, la couv’, l’idée. Et puis paf, plus rien. Page 200 : je me résigne. Ce livre, ça fait des semaines qu’il me supplie de le reprendre pour lui accorder une seconde chance. J’ai fini par faire ce que je déteste : j’ai lu sans lire, sans chercher à comprendre. Jusqu’à cette 200ème page, chaque mot, chaque passage, chaque dialogue ont été passés sous le rayon de mes yeux de lectrice optimiste.

Et pourtant à un moment je me suis fichtrement demandé de quoi on me parlait et pourquoi, j’avais le sentiment, conforté des faits, que rien ne se passait pour cette femme dont la principale occupation était de compter/ recompter les maigres Euros qui garnissent son compte en banque. Alors j’ai compté avec elle. A de multiples reprises, je lui ai soufflé l’idée d’aller cambrioler une banque, vendre un rein, coucher avec le dernier gagnant de l’Euro millions qui n’aurait pas encore lapidé son pactole. Mais bon sang qu’elle m’emmène, qu’elle me fasse rire et qu’au mieux, elle m’émeuve !

Sophie est restée sourde à mes appels et j’ai fini par la bouder comme une enfant, la laissant à ses calculs d’apothicaire et ses analyses survolées d’un Monde qu’elle rejette mais pour lequel elle n’oppose qu’une molle rébellion. Ma frustration est d’autant plus grande que les ingrédients sont là, mais si maladroitement assemblés que je suis passée à côté…

J’ai envie de croire que je ne suis qu’une mauvaise lectrice, dans un mauvais mood, et qu’une seconde lecture le révèlerait. Alors peut-être, comme une histoire inachevée, le reprendrais-je un jour pour mieux en saisir ses subtilités.

Lecture – Journal d’un vampire en pyjama

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Et voilà, j’ai fauté. La photo avec la petite tasse de thé, la rondelle de citron et le bouquin, je l’ai faite. Et en plus, je la trouve jolie. Si un jour j’ajoute une bougie, je vous autorise à signaler ce compte aux hautes instances.

Pour ma défense, cette photo évoque aussi un souvenir, alors on dira que la charge émotionnelle a troublé mon imaginaire de photographe en devenir (plutôt lointain le devenir).

Mais revenons à Mathias Malzieu, chanteur de Dionysos mais pas que, vivant et vibrant, manipulant aussi bien les mots que l’ironie, il nous confie dans ce journal cette tranche de vie marquée par l’annonce d’une maladie : l’aplasie médullaire. Sous ce nom barbare, un dysfonctionnement de la moelle osseuse. Mathias, si vous me permettez de l’appeler par son prénom, est le candidat idéal pour choper le moindre petit rhume et le transformer en infection qui pourrait mettre en péril son pronostic vital. On a connu des tours de magies plus réjouissants.

Alors, comme pour conjurer le sort, il choisit la voie de l’optimisme toujours entouré de sa bande et de Rosy, adorable et inconditionnelle amoureuse. Une bataille qu’il mènera parfois avec une gouaille déconcertante se rendant à ses examens médicaux sur son skate malgré les risques que la moindre petite blessure peut lui faire encourir et se taxant de vampire tant sa survie dépend des poches de sang dont il s’emplit. Mathias n’a pas la rage de vivre puisqu’aucune colère ne l’anime (si ce n’est celle qui l’oppose à Dame Oclès, cette biatch qui s’amuse à lui indiquer la mauvaise porte de sortie) mais il aime définitivement bien trop la vie pour laisser un mal aussi sournois prendre le pouvoir sur tous les projets qu’il échafaude et le plaisir simple qu’il a de vivre.

Jamais dans le larmoyant ou le complaisant, le journal d’un vampire en pyjama, n’est pas le livre détente dans l’absolu et certains détails nourrissent allègrement nos angoisses. Il reste cependant un témoignage sincère d’un homme presque ordinaire confronté à l’extra-ordinaire et loin d’édulcorer le monde hospitalier nous montre aussi une vision hautement humaine des personnels qui le font vivre.

Lecture du jour – Le jour où j’ai appris à vivre

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Comme une bleue. Il était là en tête de gondole, fièrement mis en avant par un message attrayant : « un magnifique livre, plein d’espoir et de tendresse ». Il ne m’en fallait pas plus. Je ne devais pas avoir eu ma dose de tendresse ce jour-là, le précédent non plus d’ailleurs, mais j’avais encore un peu d’espoir en rab, et j’ai cédé faiblement.

A mi-chemin entre le livre de développement personnel et le roman, « le jour où j’ai appris à vivre » nous raconte l’histoire de Jonathan, un homme quitté et désœuvré qui va croiser la route d’une bohémienne dont la prédiction va créer un cataclysme dans sa morne existence : Jonathan va mourir.

L’homme pragmatique qu’il était aurait tourné les talons et méprisé cette vision de diseuse de bonne aventure mais il était à ce stade de sa vie un homme affaibli et influençable.

Voici donc notre héros prêt à entamer ces derniers instants de vie sous un nouveau regard. Mais comment faire ? Par quoi commencer ? Et dans quel but ?

Jonathan nous emmène dans sa propre quête à laquelle sera mêlée un amour déçu, un associé peu scrupuleux et surtout une tante pleine de ressources, la tatie des remises en questions et des grandes leçons sur la vie. Persuadé que sa fin est proche, Jonathan mettra tout en œuvre pour se diriger vers l’essentiel sans savoir réellement de quoi il est fait.

J’ai reposé ce livre avec beaucoup de scepticisme sur ses éventuels bienfaits jugeant cette tante idéaliste, parfois carrément à côté de la pompe comme dirait Christina. Et à la lecture de certains passages, bien que très bien illustrés par des exemples historiques, voire parfois scientifiques, je voyais poindre l’adage « la réponse est en toi », pas franchement ma came.

En réalité, ce qui m’a dérangé dans ce livre est la réponse même qu’il apporte aux principaux maux qui nous empoisonnent. Oui, ce qui m’a dérangé dans ce livre est qu’il révélait des évidences que j’aurais sûrement souhaité compliqués, désordonnées, inaccessibles.

Cette facilité à être heureux en est presque déconcertante.

Je le lis et je me prends en pleine tête mes vices et mes travers : mes désirs alimentés en flux continu par des éléments extérieurs, mes lacunes quand il s’agit de les exprimer simplement …

Je suis d’autant plus sceptique que je suis moi-même un être pragmatique, adepte du « je ne crois que ce je vois », éduqué avec autant d’amour que de principes.

Il faudrait donc apprendre à désapprendre.

Finalement je pensais être trop terre à terre pour être touchée par autant d’optimisme. Et puis le message attrayant, la couverture un peu niaise et le message ont eu raison de mes réticences.

Et pour employer une expression qui commençait pourtant à irriter mes tympans tant on nous l’a ressassée, je crois bien que j’ai lâché prise.

Ces livres que j’ai adorés dévorer

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Aujourd’hui, j’avais envie de me poser un peu pour vous parler lecture.

C’est un exercice très nouveau, excusez d’avance l’amateurisme notoire avec lequel je m’apprête à vous détailler le contenu de ma sélection mais j’ai de plus en plus envie de prendre des risques ici et de m’aventurer sur des sujets jusque-là peu familiers.

Je lis comme je vis, la fréquence de mes lectures est très aléatoire, pourtant je sais le pouvoir apaisant que la lecture a sur moi et je me surprends de plus en plus à me hâter d’être sous ma couette pour y ouvrir un nouveau récit.

Comme le voyage pousse à la réflexion, la lecture engage bien souvent de nouvelles idées en contradiction avec celles qu’on s’est préétablies depuis notre enfance.

C’est donc de 3 romans que je souhaite vous parler. Je ne cherche pas à évoquer les derniers romans en vogue et d’ailleurs vous le verrez, ma sélection est plutôt datée mais peu importe.

Il n’y a pas de top 3, ce sont juste 3 livres qui pour des raisons très différentes m’ont marquée, parfois bouleversée :

  • Juste avant le bonheur d’Agnès Ledig

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Julie est caissière dans un supermarché. Maman d’un petit Lulu qu’elle élève seule, Julie vit au rythme des articles qu’elle scanne et des sorties d’école. Mais une rencontre va bouleverser la donne. Lire la suite