A propos la baladeuse

Il parait qu’il faut vous dire qui je suis, que ça se fait de se présenter avant de se répandre en articles. Il parait qu’il faut un peu se livrer pour toucher les gens, dévoiler la corde sensible, bref montrer qu’on n’est pas une brute épaisse armée d’un clavier et d’une souris. Je ne suis pas une brute épaisse armée d’un clavier et d’une souris. Je suis une femme…je suis sûre qu’à toi aussi, ce détail n’avait pas échappé. Je suis une maman. Je suis une grande rêveuse. J’aime les rencontres qui me nourrissent et les histoires qui me chamboulent. J’aime les plaids l’hiver et parfois même l’été (un jour j’habiterai dans le Sud, c’est sûr!). J’ai commencé à écrire des poèmes quand j’avais 6/7 ans. J’ai dû écrire ma première chanson à 8 ans… »Tout brille », tout un programme! Ce plaisir ne m’a jamais quitté. Je frétille toujours comme une gosse devant ma page vierge, genre là tu ne me vois pas mais je suis incontrôlable!!! Ah oui et j’ai un fort penchant pour l’ironie, voire parfois l’humour bien bien noir mais ça, je suis certaine que tu vas vite t’en rendre compte. En quelques mots, je suis contente d’être là, la boîte à idées ne désemplit pas, tiens toi prêt !

Voyager avec un enfant

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Ca fait un bon moment que cet article me trotte en tête. Plus le temps passait, plus je me trouvais des excuses pour ne pas le rédiger.

Et puis je me suis souvenue de Séville, ce voyage mère-fille, son rire, son excitation d’enfant, sa petite main dans la mienne, la fierté dans ses yeux quand elle m’a entendue parler anglais au chauffeur de Taxi (alors que je suis une triple buse dès qu’il s’agit d’aligner 3 mots in english).

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Bref, je me suis auto convaincue que c’était une riche idée.

D’abord, cette histoire est naît d’un constat assez simple. L’anniversaire de ma fille est en janvier, autant dire qu’elle croule déjà sous les cadeaux de Noel, que les 13m2 que composent sa chambre pourraient allégrement être le show room de Toy’s R’us et que pour finir les jouets, elle les consomme, s’en habitue puis finit un jour par s’en lasser et à les oublier.

Alors loin d’être une pro anti-consommation (mon dressing est plié en 2 en me lisant), je lui ai proposé de remplacer son traditionnel cadeau d’anniversaire par un court séjour.

Elle a dû réfléchir 30 secondes avant de répondre « Ok », suivi d’un sourire, suivi d’un « bon, alors, on va où ?? »

La destination solo, ce n’est pas tellement un problème, un couac, on improvise, un peu d’auto-stop si besoin, il y a toujours une possibilité de rebondir. Avec la patience de ma douce qui rôde tous les jours dans la cuisine à 11h59 et 18h59 tel un fauve en cage et gémit au moindre coup de mistral pour avancer, le sens de l’adaptation est la première qualité requise.

Aujourd’hui, je peux dire que je me sens pousser des ailes d’avoir balayé les : « Mais, elle n’est pas trop petite ? » / « Ce n’est pas trop dur pour elle ? » …

Ces questions très orientées m’ont surtout permise d’ouvrir mon regard critique sur ce qu’on ingère de conseils plus ou moins avisés. Ca vaut pour le voyage mais on pourrait largement étendre le périmètre quand il s’agit d’éducation. Et cet article en est une belle illustration, ces conseils ne sont jamais que le reflet de ce que je vis avec ma douce (il y a très certainement plus téméraires ou plus sages).

J’ai évidemment essuyé quelques ratés, commis des petites erreurs que ma douce me faisait gentiment payer et qui me permettent aujourd’hui de dresser une petite liste de recommandations (si vous n’êtes pas encore concernés, faites un effort, ou mieux faites des enfants) :

–          J’ai déjà survolé le sujet mais la destination, comme pour tout voyage lambda, reste la question phare. Si à 35 ans, je ne suis pas en surkiffe d’avoir des correspondances, des navettes et des heures à porter mon 70L avant d’atteindre mon hebergement, je vous laisse imaginer la trogne de ma douce à cette idée. On va donc au plus simple et on choisit intelligemment. Pour démarrer, Lisbonne, Séville, Londres, Rome…et puis quand on commence à être rodés, pourquoi pas viser plus audacieux.

–          On programme DANS LES GRANDES LIGNES. Plus que jamais, on reserve les entrées aux musées en avance mais on laisse une part à l’improvisation. Inutile de surcharger les journées, on n’est pas là pour cocher toutes les cases du Lonely Planet mais pour passer un moment agréable (qui ne rime donc ni avec fatigue ni avec surmenage sous peine de se retrouver avec Godzilla en guise de partenaire de voyage).

–          On est en voyage, pas à la maison. On s’assoit donc confortablement sur les règles qu’on rabache à longueur de journées. Ici, on peut manger quand ce n’est pas l’heure (et même c’est encore mieux), se laisser porter, prêter son appareil photo, se réveiller sur du Dadju (ce n’est pas clairement pas une obligation mais on peut). Paradoxalement un objet de la maison (un doudou, un jouet…) peut être le bienvenu en cas de petite angoisse liée au changement.

Enfin, Si je suis ok pour m’adapter, je garde en tête les objectifs principaux du voyage : découvrir, grandir, rencontrer, bref s’ouvrir. C’est pour toutes ces raisons que j’ai choisi de lui faire partager cette passion. Et même si je cède volontiers aux petits plaisirs communs, j’aime aussi lui faire toucher du doigt MA vision du voyage. Un peu comme mon père m’a transmis son goût pour la musique. Avec patience, envie et beaucoup d’Amour.

 

Lecture – Chanson douce

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« Dans le salon, Louise a disposé un bouquet de dahlias. Le dîner est prêt, les draps sentent la lessive. Impossible, pensent-ils, de se passer d’elle. Ils réagissent comme des enfants gâtés, des chats domestiques. »

C’est sur les conseils de l’un(e) de vous (dont j’ai oublié le nom – honte sur moi), que j’ai choisi ce roman, lasse de mes choix habituels.

Chanson douce s’ouvre sur une scène d’horreur, celle d’un double infanticide perpétré par Louise, une nounou d’abord perçue comme un miracle chez une famille fragilisée par l’épuisement parental et ce besoin culpabilisant mais naturel de souffler.

Débarrassés de la fin et du suspens auxquels nous accordons souvent une importance démesurée, j’ai pu aisément me concentrer sur le fondement de l’histoire et l’ambivalence déroutante des personnages.

Dans ce roman, personne n’est tout noir ou tout blanc et c’est ce partage des vices qui rend parfois la lecture si gênante entre le « je ne veux pas en savoir davantage » et cette curiosité humaine (malsaine ?) de comprendre la mécanique qui engendre un tel drame.

Louise n’est pas une nounou ordinaire. D’ailleurs Louise n’a rien d’ordinaire. Et si l’on devine au travers des scènes sa complexité, son besoin de créer une dépendance vis-à-vis de ses employeurs et son rapport presque charnel à eux, Leila Slimani fait pourtant le choix de ne pas tout dire. Elle ne nous prend pas par la main, ne nous livre pas toutes les ficelles. Un manque pour certains, une chance pour d’autres jugeant ce parti pris stimulant pour nos imaginaires en berne, faute d’être trop nourris, gavés à coup de détails et d’illustrations en tout genre.

Dérangeant ce livre l’est mais il y a dans ce type de lecture quelque chose qui pousse nos limites et nos repères et nous incite à lever un peu plus la tête quitte à voir, sans pour autant l’accepter, l’immondice dans le sourire.

Chanson douce – Leila Slimani – Edition Gallimard

Lecture – Je ne suis pas une héroïne

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« L’amour, tu commences chaque fois par t’en faire un film toute seule. Puis tu le portes à bout de bras jusqu’à ce que les masques tombent, surtout celui que tu t’es collé toi-même sous les yeux ».

Ok, j’avoue, j’aime les romans qui parlent d’amour, les romans d’amour et de toute évidence, j’aime l’amour. Pas parce que j’aurais été éduquée aux téléfilms de M6, biberonnée aux Danielle Steel et perfusée à tout ce qui fait l’apanage de certains amoureux, leurs chansons mièvres et leurs cœurs avec les doigts mais bien pour toute la fascination que ce sentiment m’inspire, les incohérences qui sont les nôtres lorsque Cupidon déboule, cette curiosité des dits et des non-dits et tout ce qu’il révèle chez nous de plus brut.

Ce roman s’inscrit donc une fois de plus dans cette mouvance et je ne peux plus feindre de choisir mes lectures au hasard.

Maintenant que j’ai fait mon Mea Culpa, je vais pouvoir vous parler de ce livre.

Géralde cherche son Jim, le bon modèle, fidèle et mauvais garçon, aventurier stable, l’aiguille dans la botte des chafouins mais ne tombe que sur des Jimmy, les éternels mauvais numéros dont on se plaint inlassablement aux copines #connard.

Et c’est pour suivre sa quête sur un coup de tête et de folie, qu’elle se retrouvera en Nouvelle Zélande, où vit Pierce, jeune prétendant rencontré à Paris. J’ai parfois peiné à poursuivre mais Géralde par la plume de Nicolas Fargues nous dépeint les scènes qu’elle vit de manière si abrupte que je me suis accrochée. Cette rugosité des sentiments, sans concession et cette verve si actuelle ont fait vaciller mon cœur de lectrice, page après page.

Si la lecture avance parfois laborieusement, c’est aussi à cause de cet autre personnage, énigmatique et surprenant : la couleur de peau de Géralde. Géralde est française et noire, c’est un fait. Mais c’est aussi un des vrais sujets du livre, souvent abordé avec la délicatesse de Booba dans un Duty Free, sans qu’on l’ait vu venir. #reposeceflaconchanelboob’

Je referme donc ce roman en demi-teinte mais curieuse de savoir ce que cet auteur-là a d’autres dans sa besace.

Lecture – Ceci est mon cœur

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« Mon désespoir est privé. Tous ces selfies qui décorent mon profil, on s’imagine de moi que je suis une enfant de Narcisse mais c’est bien le contraire : plus je me prends en photo et plus je me déteste. Les selfies, c’est la solitude. »

J’ai eu envie d’écrire vite, très vite sur ce livre, craignant d’en perdre la consistance de ces mots, l’impression étrange d’une telle fraîcheur mêlée à l’amertume que peuvent parfois laisser les amours inachevés.

J’ai tellement écrit sur l’Amour cherchant à décrire l’indicible par autant de biais qu’il existe de façons de le ressentir que je n’imaginais pas qu’on puisse aussi bien le raconter en 11 nouvelles, 101 pages et une heure de lecture.

Rageant.

Je ne connaissais pas Louisiane C. Dor et pourtant, je nous imagine déjà un cocktail de trentenaires désabusées mais pas moins vibrantes à la main (#Spritz, #Mojito), à déblatérer sur nos histoires communes, cherchant l’absolu dans les rencontres éphémères.

Ceci est mon cœur porte la voix de ceux qui trouvent l’Amour sans le nommer, de ceux qui le clament trop fort pour qu’on les écoute, des indécis, des nostalgiques, des têtes brûlées, des pressés d’aimer et de ceux qui se prennent les pieds dans le tapis, bien conscients du pétrin dans lequel ils se sont fourrés.

A chaque tranche de vie, c’est donc le personnage qui nous narre son histoire nous plongeant ainsi dans ses failles les plus intimes et ses questionnements à rallonges, toutes ces pensées qui ont probablement été les vôtres un jour, ces « moi aussi » qui ne viennent jamais, ces attentes interminables et cet emballement, délicieux supplice, que rien ne refreine.

Pas un seul registre, pas une seule façon d’aimer, pas une seule sexualité mais une multitude de situations, de déboires, de désillusions et d’enchantements. Le ton est résolument moderne, drôle, parfois grinçant mais jamais cul cul la pralinette.

Vous l’aurez compris et à n’en pas douter, ceci est mon coup de cœur.

« Obtenir la personne qu’on désire, c’est moins intéressant que désirer cette personne ou la perdre »

Lecture – Les petites rébellions

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J’ai fait le tour de l’Alphabet dans un sens puis dans l’autre, parcouru les allées interminables de l’Alcazar, cru trouver une pépite entre F et I avant de revenir sur mes pas et m’arrêter sur lui.

Jean-Pierre Brouillaud. Si son nom ne vous dit rien, dégainez vite un papier, un stylo, car une chose est sûre, ce rebelle-là a le package intégral pour séduire le lecteur le plus réfractaire. A commencer par cette idée saugrenue de transformer les petites rébellions du quotidien en épopées rocambolesques.

Henri, première victime de sa plume inspirée, est un notaire honorable et respecté, un notaire pas franchement malheureux mais qui n’avait jamais pris jusqu’alors le recul nécessaire pour jauger de son niveau de satisfaction.

On peut donc être heureux et insatisfait. Voilà le premier et principal constat de l’auteur.

Pas franchement malheureux c’est le glaçon qui commence à fondre, la fraise en hiver, le rire après les larmes, le croissant de la veille, bref la mi-molle me direz-vous.

Henri n’aura pas besoin de quitter sa femme, s’offrir un Tour du Monde en voilier ou se lancer dans le casse du siècle façon Spaggiari pour dénicher l’audace qui le ferait sortir de son train-train. Sa trouvaille à lui, bien que plus accessible, lui garantira le même taux d’adrénaline, la même moiteur au creux de ses mains et les mêmes sursauts d’émotion car Henri aujourd’hui, et pour la première fois de sa vie, a décidé de prendre le métro sans ticket.

Jean-Pierre Brouillaud nous invite avec agilité à suivre les parcours ordinaires de ces personnages qui à cet instant précis de leurs histoires, dépassent cette fameuse zone de confort qui fait tant débat, pour enfin oser et ressentir ces émotions jusqu’alors fantasmées.

Vous l’aurez probablement compris, mon enthousiasme est aussi grand que l’est ce livre. Il fallait avoir l’idée, le rythme et donner du sens à tout ça. La recette est une pleine réussite, je me resservirais volontiers.

Dans nos têtes souvent

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Dans nos têtes souvent, il y a des mots et des souvenirs.

Et des musiques pour les faire revivre.

Des scènes qu’on détricote pour en faire une nouvelle pièce.

Parfois plus sombre, souvent plus floue.

Dans le rétro, il y a lui, il y a eux.

Des messages qui n’ont plus de sens et cette bague jamais rendue.

 

Un roman sans héros,

Une masse, une foule qui nous absorbe dans les couloirs d’un métro.

Ce livre entre nos mains, ces écouteurs vissés aux oreilles,

Ce feed Instagram, ce mur Facebook.

Le meilleur teinté du pire sur fond d’idéal.

 

Je te like, je te follow, abonne-toi et je rends.

Je t’aime, je te suis, aime-moi et je prends.

 

Dans nos têtes souvent, il y a des doutes et des ratés.

Des SMS, des rendez-vous à pas d’heure,

Des insomnies, des discussions qui s’éternisent.

Des slides à droite pour un « bonjour ça va, tu fais quoi dans la vie ?

Et puis, tu cherches quoi ici ? »

 

Dans nos têtes souvent, il y a des envies inavouées.

Des je t’aime, vite

Jusqu’à ne plus s’aimer.

Et des Adieux

Avec l’envie folle de rester.

35 ans, ce qui va changer

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Avec un tel titre, je me suis dit que j’avais pas le droit à l’erreur.

Car oui, j’ai décrété que j’allais vivre encore très longtemps, avec toutes ces graines de chia englouties, cette absence totale d’alcool dans mes veines (un cocktail par rencard, ce n’est pas boire, c’est s’accorder une chance de tenir plus d’une heure avec des « ahahaha tu es tellement drôle » qui sonnent vrais pour au moins l’un des 2) et ma séance mensuelle de sport qui consiste plus à prendre des poses devant le miroir dans une inspiration profonde et maîtrisée qu’à soulever de la fonte.

J’exagère, une fois, j’ai vu des abdos se dessiner. Je ne sais juste plus si c’était sous Sarkozy ou Hollande.

Depuis ce matin et malgré ces 35 bougies soufflées non sans mal, je dois bien avouer qu’aucune partie de mon corps n’est descendue d’un étage. Mes cernes, appelés également valises pour soute, soulignent avec toujours autant de délicatesse mon regard de braise et mes seins défient la gravité avec la même insolence qu’il y a 10 ans (« mais enfin il n’y a pas de gravité sans masse !! » me glisse un détracteur à l’oreillette – #haters).

Je ne comprends toujours pas les hommes (mais le théorème de Pythagore non plus cela dit) et je râle toujours après le facteur quand il préfère poser un avis de passage dans la boite que de se taper les 2 étages à pied.

En terme de changement, à ce stade, on est plus proche de la mue d’une tortue aquatique que de la métamorphose de Donatella Versace après son passage sur la table d’un chirurgien sûrement trop enthousiaste.

Du coup, 35 ans, au mieux, j’arrête de me ronger les ongles et de porter des Air Max ; au pire, je m’endette sur 20 ans pour un appart et j’achète des jupes sous les genoux pour que Cristina me foute la paix avec ses fashion faux pas « passé un certain âge ».

Bref, 35 ans, même pas peur.

Tranche de vie – Suis-je con?

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Je me baladais sur l’avenue (le cœur fermé à l’inconnu – approche toi, tu seras reçu). Il était 8 heures, même un peu plus. Mais cette précision n’apportant rien à l’histoire je ne m’attarderai pas davantage sur son aspect temporel préférant fixer ton attention sur l’objet de cette chronique.

C’est donc en cherchant un podcast qui ferait plaisir à mes oreilles ainsi qu’à toutes ces cellules cérébrales savamment planquées derrière ma boite crânienne, que s’est offert à moi le choix.

Parmi toutes les catégories proposées, je pouvais opter pour « Science et Médecine » et écouter 13 minutes de débat sur le champ magnétique terrestre, ou « Culture et Société » avec une lecture de Proust. Je pouvais.

Dans ma réflexion et presque sur le point de finir ma balade matinale, j’ai vaincu le vice en lançant un podcast intitulé « présence positive ». J’ai d’abord cru bon pour des raisons pratiques évidentes de ne pas obéir quand la petite voix m’a sommée de fermer les yeux. Avec son articulation amplifiée à outrance et les silences qu’elle plaçait consciencieusement entre chaque mot, la petite voix a commencé à m’agacer. Je m’étais levée tôt, j’étais dehors, prête à affronter la vie, je la comprenais, pourquoi Diable s’entêtait-elle à me parler comme à une enfant de 4 ans ?

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J’ai fini par l’écouter en rafraîchissant Instagram, consultant mes mails et souriant à la dernière connerie envoyée par une pote sur Whatsapp. Mon compte était bon.

J’ai pensé ensuite que si les gens serraient plus leurs voitures, il y avait largement la place de caler une Clio et qu’un homme pourrait me recaler s’il voyait mes chaussettes à pois dépasser de mes baskets.

Tu l’auras saisi, j’ai fini par quitter la petite voix, sans promesse. L’éternel recommencement, le train-train de la vie et ces allers sans retours. J’ai rompu comme on le fait souvent, sans prendre le temps de me justifier, de poser des mots sur mon départ, juste par flemme et manque d’envie.

La conclusion de tout ça si vraiment mon affaire en mérite, c’est que je suis rentrée en balançant ma tête de gauche à droite sur du Beyonce, une chanson que j’avais déjà écoutée tellement de fois que je ne pouvais m’empêcher de réaliser le meilleur playback de toute la ville. D’un point de vue intérieur, les strass, les faisceaux lumineux, la scène et cette foule ébahie qui m’acclame.

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De l’extérieur, un désastre. Une pauvre nana, sapée comme un dimanche maussade, qui bouge les lèvres étrangement et semble s’imaginer exactement là où elle n’est pas.

J’aurais pu vivre un instant de réflexion intense, vouée à faire de moi quelqu’un de meilleur, tournée vers le Monde, les autres et les grands sujets qui composent l’actualité, dans ces rues qui s’éveillent, entre les odeurs de croissants chauds et des pots d’échappement. Mais je me suis perdue dans les marasmes du déjà vu, des futilités et des choses faciles.

D’où ma question, suis-je con ?

Lecture – Les lumières du ciel

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J’avais besoin de partir loin. Pas que je veuille vous tirer la larme mais ce week-end, pas de plan voyages ou fêtes entre amis en perspective et puis j’avais disons-le, le moral un peu dans les chaussettes. « Ça arrive », je crois que c’est comme ça qu’on dit. Rien de dramatique alors ne dramatisons pas. J’ai pris le bouquin dont la couverture arrivait le plus facilement à me tirer un sourire. Une coccinelle rose volante et par-dessus un liseré fuchsia qui évoquait le roman le plus drôle de l’année 2011. Voilà ce qu’il me fallait. Je n’ai jamais eu pour vocation de rédiger des chroniques uniquement sur les dernières sorties littéraires. En fait, je n’ai pas de vocation, du moins pas de celles qui me contraignent à un registre. Mais là n’est pas le sujet.

On y découvre donc Paul-Emile dont la principale ambition est de subvenir à ses besoins primaires : manger, rire et baiser et puis s’il peut avoir un toit pour faire tout ça, il n’est pas contre. Le personnage ne précise pas son ordre de préférence, je m’abstiendrais donc de le mentionner ici. Le descriptif semble réducteur, les aventures qui en découlent sont pourtant riches en rebondissements, en audaces et en folie. Si honorer un 35h facilite le quotidien, l’état d’esprit de notre anti-héros demande beaucoup plus d’agilité et un goût certain pour l’improvisation.

D’abord vendeur de sapins halals sur le parking d’un Supermarché, il entraîne en vadrouille Momo, pote plus que conciliant et Bérengère, sa maîtresse en mal de vivre avant de croiser Paul, auto-stoppeur au mode de vie insolite. Les lumières du ciel, c’est le hasard des rencontres, c’est que j’écrirais sûrement si j’étais dans un mood romanesque. J’aurais néanmoins souhaité y voir plus clair dans le cheminement de Paul-Emile et dans ses aspirations même si je reconnais volontiers que c’est un loser qu’on prend plaisir à suivre. De l’absurde des situations, Olivier Maulin nous amène habilement à réfléchir sur le sens que l’on donne à nos vies sans avoir le sentiment de nous flanquer une leçon et c’est là tout son talent. Le lecteur pioche là où il le décide les répliques qui font mouche. Et avec ce roman, c’est presque un puit sans fond de réflexions drôles et inspirantes qui s’offre à nous.

Ce n’est pas la journée de la femme

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(FILES) This file photo taken on March 25

A ceux qui envoient des fleurs et des mots doux, je me demande si vous offrez aussi des lapins de Pâques à Noël et des chocolats en forme de sapin à la St Valentin.

Ceci étant dit, ne vous privez pas pour autant de cette charmante intention.

Aux marques qui font l’apologie en ce jour des semelles amincissantes, des crèmes anticellulite, des thés drainants et des ceintures de sudation avec des codes promo à rallonges spéciales « Women’s Day », je m’interroge.

Dans ce chaos de commentaires, d’avis contraires et de débats, je n’ai à fortiori pas d’opinion tranchée sur l’initiative, partagée entre ses éventuels effets positifs dont je serais la première enchantée et les amalgames qu’elle suscite.

Mais dans le doute, j’opterai toujours pour l’action au laisser faire, laissant les révoltés des canapés s’engloutir sous leur plaid.

Aujourd’hui, 8 mars 2018, nous fêtons donc la journée internationale des droits de la femme.

Il n’y a pas tant de mots pour se planter à ce point.

Cela veut donc dire que nous défendons, et un peu plus ce jour qu’un autre, du moins avec plus de visibilité, l’égalité des femmes vis-à-vis des hommes, que nous mettons davantage en lumière des combats menés toute l’année par des personnes investies, des groupes engagés ; que nous rappelons des faits, chiffres à l’appui pour réduire des écarts injustifiés, des différences de traitements illégitimes.

Cela signifie également que nous restons fermes sur des causes aussi graves que la violence conjugale, le droit à la contraception et à l’IVG, l’égalité professionnelle et tout ce qui démarque les femmes des hommes de manière négative.

C’est le droit à se sentir en sécurité dans la rue, dans un bus et chez soi, à être respectée quel que soit nos tenues, nos choix et nos convictions.

Ce n’est pas être pro-féministe que de vouloir cela si tant est que le pro-féminisme existe. C’est aspirer à davantage de bienveillance et d’équité.

Vous n’êtes pas obligés de fêter la journée internationale des droits de la femme (vous pouvez aussi fêter la journée nationale de l’audition passée à la trappe), mais vous pouvez reconnaître qu’il y a des problèmes réels et vous y sensibiliser.

Cette journée, ce n’est pas demander plus, c’est demander autant.

Alors, quand on sera ok sur le sujet, que ce ne sera plus un combat mais un fait ordinaire, qu’il n’y aura plus besoin d’arguments et que nous rentrerons dans une logique commune qui devrait sonner comme une évidence depuis toujours, on pourra organiser une petite fête pour fêter l’arrêt de celle-là. Avec des femmes. Et des hommes.