Tranche de vie – Suis-je con?

Je me baladais sur l’avenue (le cœur fermé à l’inconnu – approche toi, tu seras reçu). Il était 8 heures, même un peu plus. Mais cette précision n’apportant rien à l’histoire je ne m’attarderai pas davantage sur son aspect temporel préférant fixer ton attention sur l’objet de cette chronique.

C’est donc en cherchant un podcast qui ferait plaisir à mes oreilles ainsi qu’à toutes ces cellules cérébrales savamment planquées derrière ma boite crânienne, que s’est offert à moi le choix.

Parmi toutes les catégories proposées, je pouvais opter pour « Science et Médecine » et écouter 13 minutes de débat sur le champ magnétique terrestre, ou « Culture et Société » avec une lecture de Proust. Je pouvais.

Dans ma réflexion et presque sur le point de finir ma balade matinale, j’ai vaincu le vice en lançant un podcast intitulé « présence positive ». J’ai d’abord cru bon pour des raisons pratiques évidentes de ne pas obéir quand la petite voix m’a sommée de fermer les yeux. Avec son articulation amplifiée à outrance et les silences qu’elle plaçait consciencieusement entre chaque mot, la petite voix a commencé à m’agacer. Je m’étais levée tôt, j’étais dehors, prête à affronter la vie, je la comprenais, pourquoi Diable s’entêtait-elle à me parler comme à une enfant de 4 ans ?

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J’ai fini par l’écouter en rafraîchissant Instagram, consultant mes mails et souriant à la dernière connerie envoyée par une pote sur Whatsapp. Mon compte était bon.

J’ai pensé ensuite que si les gens serraient plus leurs voitures, il y avait largement la place de caler une Clio et qu’un homme pourrait me recaler s’il voyait mes chaussettes à pois dépasser de mes baskets.

Tu l’auras saisi, j’ai fini par quitter la petite voix, sans promesse. L’éternel recommencement, le train-train de la vie et ces allers sans retours. J’ai rompu comme on le fait souvent, sans prendre le temps de me justifier, de poser des mots sur mon départ, juste par flemme et manque d’envie.

La conclusion de tout ça si vraiment mon affaire en mérite, c’est que je suis rentrée en balançant ma tête de gauche à droite sur du Beyonce, une chanson que j’avais déjà écoutée tellement de fois que je ne pouvais m’empêcher de réaliser le meilleur playback de toute la ville. D’un point de vue intérieur, les strass, les faisceaux lumineux, la scène et cette foule ébahie qui m’acclame.

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De l’extérieur, un désastre. Une pauvre nana, sapée comme un dimanche maussade, qui bouge les lèvres étrangement et semble s’imaginer exactement là où elle n’est pas.

J’aurais pu vivre un instant de réflexion intense, vouée à faire de moi quelqu’un de meilleur, tournée vers le Monde, les autres et les grands sujets qui composent l’actualité, dans ces rues qui s’éveillent, entre les odeurs de croissants chauds et des pots d’échappement. Mais je me suis perdue dans les marasmes du déjà vu, des futilités et des choses faciles.

D’où ma question, suis-je con ?

Une réflexion au sujet de « Tranche de vie – Suis-je con? »

  1. Au moins, toi, tu as essayé de l’écouter…
    Moi je vais tout de suite à l’étape Beyoncé 😀
    Je pense donc être un peu plus con que toi :p

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