Ce n’est pas la journée de la femme

(FILES) This file photo taken on March 25

A ceux qui envoient des fleurs et des mots doux, je me demande si vous offrez aussi des lapins de Pâques à Noël et des chocolats en forme de sapin à la St Valentin.

Ceci étant dit, ne vous privez pas pour autant de cette charmante intention.

Aux marques qui font l’apologie en ce jour des semelles amincissantes, des crèmes anticellulite, des thés drainants et des ceintures de sudation avec des codes promo à rallonges spéciales « Women’s Day », je m’interroge.

Dans ce chaos de commentaires, d’avis contraires et de débats, je n’ai à fortiori pas d’opinion tranchée sur l’initiative, partagée entre ses éventuels effets positifs dont je serais la première enchantée et les amalgames qu’elle suscite.

Mais dans le doute, j’opterai toujours pour l’action au laisser faire, laissant les révoltés des canapés s’engloutir sous leur plaid.

Aujourd’hui, 8 mars 2018, nous fêtons donc la journée internationale des droits de la femme.

Il n’y a pas tant de mots pour se planter à ce point.

Cela veut donc dire que nous défendons, et un peu plus ce jour qu’un autre, du moins avec plus de visibilité, l’égalité des femmes vis-à-vis des hommes, que nous mettons davantage en lumière des combats menés toute l’année par des personnes investies, des groupes engagés ; que nous rappelons des faits, chiffres à l’appui pour réduire des écarts injustifiés, des différences de traitements illégitimes.

Cela signifie également que nous restons fermes sur des causes aussi graves que la violence conjugale, le droit à la contraception et à l’IVG, l’égalité professionnelle et tout ce qui démarque les femmes des hommes de manière négative.

C’est le droit à se sentir en sécurité dans la rue, dans un bus et chez soi, à être respectée quel que soit nos tenues, nos choix et nos convictions.

Ce n’est pas être pro-féministe que de vouloir cela si tant est que le pro-féminisme existe. C’est aspirer à davantage de bienveillance et d’équité.

Vous n’êtes pas obligés de fêter la journée internationale des droits de la femme (vous pouvez aussi fêter la journée nationale de l’audition passée à la trappe), mais vous pouvez reconnaître qu’il y a des problèmes réels et vous y sensibiliser.

Cette journée, ce n’est pas demander plus, c’est demander autant.

Alors, quand on sera ok sur le sujet, que ce ne sera plus un combat mais un fait ordinaire, qu’il n’y aura plus besoin d’arguments et que nous rentrerons dans une logique commune qui devrait sonner comme une évidence depuis toujours, on pourra organiser une petite fête pour fêter l’arrêt de celle-là. Avec des femmes. Et des hommes.

2 réflexions au sujet de « Ce n’est pas la journée de la femme »

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