Plan Cul

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Je sais, je sais, j’aurais pu faire un effort, galvauder ce titre, lui offrir du glamour et des paillettes, le rendre séduisant et attractif.

Une autre fois peut-être.

Si mon histoire, mes dérives, mes vices, mes angoisses, mes tocs et mes travers sont les vôtres, je ne saurai que trop vous recommander de prendre les devants en acceptant les plus tolérables et en luttant contre les plus nocifs.

Mon mal à moi tient en 2 mots, le premier, plutôt trompeur, renvoie à une perspective programmée, un avenir dessiné, le second éteint l’enthousiasme du premier sèchement. Plan cul. PC pour les initiés.

On veut nous faire croire que le mal du siècle, c’est le chômage, la crise et l’inflation. Et personne ne parle de ce truc qui ruine les relations humaines…

Après 11 ans de vie commune, je me suis retrouvée un jour à m’inscrire sur un site qui proposait de mettre les hommes dans des caddies. Je me suis baladée dans les rayons, j’ai pris un produit, puis 2, puis beaucoup plus. Beaucoup, beaucoup plus. J’ai reposé le premier qui semblait avoir un défaut de fabrication et me suis attardée sur un autre à l’emballage flatteur.

Il était loin le temps du jeu de séduction à l’entrée du bahut, sans SMS, sans décolleté, sans selfie, sans filtre. A 20 ans, je pouvais encore espérer choper sans artifice et on ne dirait pas comme ça mais quel pied ! Le supermarché de l’amour n’était qu’une toute petite superette de quartier et on était déjà toutes au comble du bonheur quand on s’en dégotait un pas trop mal qui ne fumait pas (trop) de joints et portait son pantalon au-dessus des fesses.

Je n’imaginais pas qu’un jour je serais mise en concurrence avec des professionnelles du genre, des serial loveuses. Alors, il a bien fallu me mettre au niveau pour tirer mon épingle du jeu.

A coup d’eye-liner, de tanga et de push-up, j’ai fini par leur ressembler. Je n’ai finalement pas tiré mon épingle du jeu. Je suis devenue elles. Une mante religieuse. Une accumulatrice. Une bouffeuse d’hommes.

Et puis au milieu de ce chaos, j’ai eu des histoires, des vraies avec des lendemains sans crainte de ne pas être. Et j’ai terriblement aimé ça.

S’il n’y a plus de Julot, de chéri-chéri, de p’tit chou, je m’étais plutôt décidée à ne pas retomber dans mes anciens travers. Je trouvais même plus honorable d’être en quête de stabilité là où les tentations d’enchaîner les échanges salivaires à tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un homme étaient si grandes. Et puis cette pute de réalité est revenue à moi.

Ici on veut de la quantité, du consommable, du prête à l’emploi. Mais attention, pas de cagole ni d’écervelée. Non, on veut une rigolote à l’esprit fin. Une fille qui serait à la fois mystérieuse et indépendante, coquine et dévouée, féminine et ambitieuse. Ça stimule les hormones, fait monter le désir, ça fait déplacer des montagnes et payer des fortunes en restaurants et carburant. Il me semble même que Total compte racheter des parts à Tinder tant leur business est lié (AirFrance commence tout juste à se pencher sur le sujet).

Pas de suite, pas de lendemain, si ce n’est celui qui déchante.

On a à peine goûté au Menu, « L’addition s’il vous plait ! ».

L’Amour doit être instantané ou ne pas être.

Au clic suivant, il y a Mélanie et Céline, la vingtaine étincelante, toutes 2 disposées à distraire vos soirées.

Dans une succession de messages acharnés et de photos en tout genre, on rit, on séduit.

On se découvre, on s’apprivoise.

Dès que le téléphone frémit, c’est nos cœurs qui sortent de leurs cages.

Et c’est reparti pour un tour.

Un tour à s’enlacer sans se lasser.

A attendre le message qui.

La chaleur des premiers instants devient brûlure..

Nos lèvres sur les leurs, leurs mains dans nos cambrures.

Pour peu qu’à nos oreilles des mots doux ils susurrent.

On aime l’Amour mais on n’aime pas tout court.

On joue au couple sans en être vraiment un.

C’est facile, rapide, flatteur.

C’est stérile et sans saveur.

On veut quantifier les sentiments.

Sur l’échelle du cœur, on est entre le beaucoup et l’insuffisant.

Pas assez, pas nous, pas là,

Pas ici, peut-être une autre fois.

Si nous sommes nostalgiques,

Ce n’est que de ce qu’on n’a pas fait,

Pas vu, pas dit, pas écouté.

On ne dirait pas mais là je souris,

La faute à Ben Mazué,

A ses mots aiguisés.

A chaque « salut, prends soin de toi », y’a un putain de truc qui renaît…

2 réflexions au sujet de « Plan Cul »

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