Finalement, je ne serai pas poète

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Et alors, qu’est-ce que tu veux faire plus tard Mimi ?

A cette question saugrenue que posaient le Monde et les hommes (mais je crois que cette liste est non exhaustive tant mon Avenir était au centre des discussions), je répondais avec un certain aplomb que je voulais devenir poète.

Quand mes copines de classe se voyaient pour la plupart en maîtresse ou en vendeuse dans un grand magasin de chaussures pour Dames du Monde, je rêvais déjà à jouer avec les mots, les faire valser sur des cahiers que je collecterais dans les tiroirs d’un bureau d’artiste. Mon bureau d’artiste.

Tel aurait dû être mon dessein.

Et puis, la réalité des CIO, des réunions d’informations, des stages en entreprises et disons-le l’absence totale de poste à pourvoir à la catégorie « poètes » de Monster.com ont eu raison de ma ferveur littéraire.

Adieu les vers, les césures et les strophes, je ne serai pas poète.

La mélancolie de Rimbaud me gagnait, moi qui m’étais perdue entre les lignes d’une Saison en Enfer à peine entrée dans l’adolescence, je devais me résoudre à choisir une autre voie.

Alors, comme le comédien raté ou l’astronaute avorté, j’ai enchaîné les boulots et les formations sans vraiment savoir ce que j’allais faire de ma carcasse. Un jour étudiante en théâtre, le lendemain esthéticienne dans un Spa parisien, j’ai fini avec un peu de malice et d’acharnement à devenir Assistante de projet pour un Cabinet de Conseil, poste que j’occupe encore aujourd’hui. Arthur, pardonne moi…

Je n’ai jamais réussi à bouder mes petits cahiers longtemps même si je dois bien l’avouer, les petits cahiers précieusement conservés par ma mère ont fini par devenir des Word dans des sous sous sous dossiers. Arthur, si tu savais comme je m’en veux…

J’ai fini par me satisfaire d’un boulot peu euphorisant, voire carrément soporifique certains jours au profit d’une vie confortable. Et ce contentement, parfois incompris à juste titre, m’a permise de me libérer du poids de la quête effrénée du taf funky qu’on peut étaler en soirée ou sur Instagram.

Voilà, je ne serai pas poète. J’ai rayé la mention de ma To Do pour éviter toute forme d’amertume.

J’aurai la vie que je m’invente au fil des audaces et des compromis.

Arthur, tu es toujours là ? Arthur ? Arthur ???

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