Aux larmes citoyennes

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Quand on a un peu de temps de libre, ce qui est mon cas en ce moment, on a plusieurs options : le gobage de séries en mode possédée, le tournage en rond dans l’appart prêt à éradiquer le moindre semblant de poussière ou à trier les vieilles fringues au fond du tiroir et puis le creusage de ciboulot, un peu ma spécialité sans vouloir me vanter.

C’est donc sans surprise la dernière option qui a retenue mon attention.

Je me suis plongée gentiment dans la lecture d’articles et visionnage de vidéos dédiées au développement personnel, chakras ouverts au max et esprit curieux pour vous livrer ici mes conclusions personnelles sur un mal qui pulule sur les réseaux, inonde trop souvent mes messages et souvent blesse à tort ou à raison ceux que j’aime, le sarcasme.

Le sarcasme, c’est un peu l’arme absolue quand plus rien ne semble fonctionner, quand on a été si attaqué dans nos tripes que faire preuve d’honnêteté serait juste offrir à l’autre le restant de dignité qu’on pense avoir.

Après des années de pratique, et pas prête à en découdre avec ce mal pour autant, je pense pouvoir dire que nous nous trompons.

Non, nous ne souffrons pas moins quand nous sortons les crocs.

Nous ne sommes pas plus forts parce que nous sommes les derniers à répondre, que nous avons visé juste ou que nous avons trouvé la petite phrase assassine qui fait mouche.

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Nous ne perdons pas moins de plumes parce que nous avons fait de l’ironie et de l’humour noir, plus qu’une habitude, un deuxième langage.

Et pour aggraver l’affaire, nous ne sommes pas davantage compris par nos interlocuteurs.

A force de jouer le cynisme, nous nous perdons dans le message à faire passer et nous perdons l’autre qui ne sait finalement plus où est le vrai. Bref le discours est biaisé et l’effet escompté est nul. A défaut de se faire comprendre, nous nourrissons la colère de l’autre et lui donnons des raisons de s’écarter de nous pour se protéger.

Je dois bien admettre qu’à quelques exceptions il s’agit là d’un mal plutôt féminin. Combien de femmes s’autoproclament connasses, prêtes à bondir au moindre comportement masculin qu’elles jugeraient méprisants ?

Dire ce que nous ressentons, ce que nous ressentons vraiment, c’est se mettre à nu, offrir à l’autre un bout de soi.

Dire je suis en colère, je t’aime, je suis déçue, je suis triste, c’est retirer le filtre encombrant qui nous éloignent.

C’est aussi aller à l’essentiel.

C’est surtout encore le meilleur moyen d’adoucir l’autre et l’amener à un discours plus serein et sincère.

J’ai fait le test plusieurs fois et dans des contextes très différents, avec des relations amoureuses ou amicales, dans un état d’esprit plus ou moins apaisé, le résultat est sans équivoque. Nous ne pouvons pas attendre de l’autre une réponse positive (et par positive, je ne veux pas seulement dire qui aille dans notre sens) si tout ce que nous avons à donner est masqué sous des mots chocs et des répliques cinglantes.

Nous perdons notre temps et par l’avalanche de mots déversés, nous alimentons continuellement nos propres colères.

Cet article a presque une visée thérapeutique pour moi tant je suis passée maître en la matière. Il faut beaucoup de patience pour dépasser les habitudes bien ancrées.

Bien sûr et comme toujours, tout est affaire de nuances et de dosage.

Rire de nos chagrins et nos craintes restera une piste parmi d’autres pour les apprivoiser.

Mais l’envie de changement est parfois moteur à vouloir se dépasser.

Nous pourrions y aller en douceur.

Envoyer un je t’aime à notre mère, comme ça, sans raison.

S’excuser quand nos mots ont pu blesser.

Et toi, qu’es-tu prêt à faire avant ce soir pour entamer le défi et rendre ta vie plus douce ?

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