Voyager avec un enfant

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Ca fait un bon moment que cet article me trotte en tête. Plus le temps passait, plus je me trouvais des excuses pour ne pas le rédiger.

Et puis je me suis souvenue de Séville, ce voyage mère-fille, son rire, son excitation d’enfant, sa petite main dans la mienne, la fierté dans ses yeux quand elle m’a entendue parler anglais au chauffeur de Taxi (alors que je suis une triple buse dès qu’il s’agit d’aligner 3 mots in english).

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Bref, je me suis auto convaincue que c’était une riche idée.

D’abord, cette histoire est naît d’un constat assez simple. L’anniversaire de ma fille est en janvier, autant dire qu’elle croule déjà sous les cadeaux de Noel, que les 13m2 que composent sa chambre pourraient allégrement être le show room de Toy’s R’us et que pour finir les jouets, elle les consomme, s’en habitue puis finit un jour par s’en lasser et à les oublier.

Alors loin d’être une pro anti-consommation (mon dressing est plié en 2 en me lisant), je lui ai proposé de remplacer son traditionnel cadeau d’anniversaire par un court séjour.

Elle a dû réfléchir 30 secondes avant de répondre « Ok », suivi d’un sourire, suivi d’un « bon, alors, on va où ?? »

La destination solo, ce n’est pas tellement un problème, un couac, on improvise, un peu d’auto-stop si besoin, il y a toujours une possibilité de rebondir. Avec la patience de ma douce qui rôde tous les jours dans la cuisine à 11h59 et 18h59 tel un fauve en cage et gémit au moindre coup de mistral pour avancer, le sens de l’adaptation est la première qualité requise.

Aujourd’hui, je peux dire que je me sens pousser des ailes d’avoir balayé les : « Mais, elle n’est pas trop petite ? » / « Ce n’est pas trop dur pour elle ? » …

Ces questions très orientées m’ont surtout permise d’ouvrir mon regard critique sur ce qu’on ingère de conseils plus ou moins avisés. Ca vaut pour le voyage mais on pourrait largement étendre le périmètre quand il s’agit d’éducation. Et cet article en est une belle illustration, ces conseils ne sont jamais que le reflet de ce que je vis avec ma douce (il y a très certainement plus téméraires ou plus sages).

J’ai évidemment essuyé quelques ratés, commis des petites erreurs que ma douce me faisait gentiment payer et qui me permettent aujourd’hui de dresser une petite liste de recommandations (si vous n’êtes pas encore concernés, faites un effort, ou mieux faites des enfants) :

–          J’ai déjà survolé le sujet mais la destination, comme pour tout voyage lambda, reste la question phare. Si à 35 ans, je ne suis pas en surkiffe d’avoir des correspondances, des navettes et des heures à porter mon 70L avant d’atteindre mon hebergement, je vous laisse imaginer la trogne de ma douce à cette idée. On va donc au plus simple et on choisit intelligemment. Pour démarrer, Lisbonne, Séville, Londres, Rome…et puis quand on commence à être rodés, pourquoi pas viser plus audacieux.

–          On programme DANS LES GRANDES LIGNES. Plus que jamais, on reserve les entrées aux musées en avance mais on laisse une part à l’improvisation. Inutile de surcharger les journées, on n’est pas là pour cocher toutes les cases du Lonely Planet mais pour passer un moment agréable (qui ne rime donc ni avec fatigue ni avec surmenage sous peine de se retrouver avec Godzilla en guise de partenaire de voyage).

–          On est en voyage, pas à la maison. On s’assoit donc confortablement sur les règles qu’on rabache à longueur de journées. Ici, on peut manger quand ce n’est pas l’heure (et même c’est encore mieux), se laisser porter, prêter son appareil photo, se réveiller sur du Dadju (ce n’est pas clairement pas une obligation mais on peut). Paradoxalement un objet de la maison (un doudou, un jouet…) peut être le bienvenu en cas de petite angoisse liée au changement.

Enfin, Si je suis ok pour m’adapter, je garde en tête les objectifs principaux du voyage : découvrir, grandir, rencontrer, bref s’ouvrir. C’est pour toutes ces raisons que j’ai choisi de lui faire partager cette passion. Et même si je cède volontiers aux petits plaisirs communs, j’aime aussi lui faire toucher du doigt MA vision du voyage. Un peu comme mon père m’a transmis son goût pour la musique. Avec patience, envie et beaucoup d’Amour.

 

Lecture – Chanson douce

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« Dans le salon, Louise a disposé un bouquet de dahlias. Le dîner est prêt, les draps sentent la lessive. Impossible, pensent-ils, de se passer d’elle. Ils réagissent comme des enfants gâtés, des chats domestiques. »

C’est sur les conseils de l’un(e) de vous (dont j’ai oublié le nom – honte sur moi), que j’ai choisi ce roman, lasse de mes choix habituels.

Chanson douce s’ouvre sur une scène d’horreur, celle d’un double infanticide perpétré par Louise, une nounou d’abord perçue comme un miracle chez une famille fragilisée par l’épuisement parental et ce besoin culpabilisant mais naturel de souffler.

Débarrassés de la fin et du suspens auxquels nous accordons souvent une importance démesurée, j’ai pu aisément me concentrer sur le fondement de l’histoire et l’ambivalence déroutante des personnages.

Dans ce roman, personne n’est tout noir ou tout blanc et c’est ce partage des vices qui rend parfois la lecture si gênante entre le « je ne veux pas en savoir davantage » et cette curiosité humaine (malsaine ?) de comprendre la mécanique qui engendre un tel drame.

Louise n’est pas une nounou ordinaire. D’ailleurs Louise n’a rien d’ordinaire. Et si l’on devine au travers des scènes sa complexité, son besoin de créer une dépendance vis-à-vis de ses employeurs et son rapport presque charnel à eux, Leila Slimani fait pourtant le choix de ne pas tout dire. Elle ne nous prend pas par la main, ne nous livre pas toutes les ficelles. Un manque pour certains, une chance pour d’autres jugeant ce parti pris stimulant pour nos imaginaires en berne, faute d’être trop nourris, gavés à coup de détails et d’illustrations en tout genre.

Dérangeant ce livre l’est mais il y a dans ce type de lecture quelque chose qui pousse nos limites et nos repères et nous incite à lever un peu plus la tête quitte à voir, sans pour autant l’accepter, l’immondice dans le sourire.

Chanson douce – Leila Slimani – Edition Gallimard

Lecture – Je ne suis pas une héroïne

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« L’amour, tu commences chaque fois par t’en faire un film toute seule. Puis tu le portes à bout de bras jusqu’à ce que les masques tombent, surtout celui que tu t’es collé toi-même sous les yeux ».

Ok, j’avoue, j’aime les romans qui parlent d’amour, les romans d’amour et de toute évidence, j’aime l’amour. Pas parce que j’aurais été éduquée aux téléfilms de M6, biberonnée aux Danielle Steel et perfusée à tout ce qui fait l’apanage de certains amoureux, leurs chansons mièvres et leurs cœurs avec les doigts mais bien pour toute la fascination que ce sentiment m’inspire, les incohérences qui sont les nôtres lorsque Cupidon déboule, cette curiosité des dits et des non-dits et tout ce qu’il révèle chez nous de plus brut.

Ce roman s’inscrit donc une fois de plus dans cette mouvance et je ne peux plus feindre de choisir mes lectures au hasard.

Maintenant que j’ai fait mon Mea Culpa, je vais pouvoir vous parler de ce livre.

Géralde cherche son Jim, le bon modèle, fidèle et mauvais garçon, aventurier stable, l’aiguille dans la botte des chafouins mais ne tombe que sur des Jimmy, les éternels mauvais numéros dont on se plaint inlassablement aux copines #connard.

Et c’est pour suivre sa quête sur un coup de tête et de folie, qu’elle se retrouvera en Nouvelle Zélande, où vit Pierce, jeune prétendant rencontré à Paris. J’ai parfois peiné à poursuivre mais Géralde par la plume de Nicolas Fargues nous dépeint les scènes qu’elle vit de manière si abrupte que je me suis accrochée. Cette rugosité des sentiments, sans concession et cette verve si actuelle ont fait vaciller mon cœur de lectrice, page après page.

Si la lecture avance parfois laborieusement, c’est aussi à cause de cet autre personnage, énigmatique et surprenant : la couleur de peau de Géralde. Géralde est française et noire, c’est un fait. Mais c’est aussi un des vrais sujets du livre, souvent abordé avec la délicatesse de Booba dans un Duty Free, sans qu’on l’ait vu venir. #reposeceflaconchanelboob’

Je referme donc ce roman en demi-teinte mais curieuse de savoir ce que cet auteur-là a d’autres dans sa besace.

Lecture – Ceci est mon cœur

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« Mon désespoir est privé. Tous ces selfies qui décorent mon profil, on s’imagine de moi que je suis une enfant de Narcisse mais c’est bien le contraire : plus je me prends en photo et plus je me déteste. Les selfies, c’est la solitude. »

J’ai eu envie d’écrire vite, très vite sur ce livre, craignant d’en perdre la consistance de ces mots, l’impression étrange d’une telle fraîcheur mêlée à l’amertume que peuvent parfois laisser les amours inachevés.

J’ai tellement écrit sur l’Amour cherchant à décrire l’indicible par autant de biais qu’il existe de façons de le ressentir que je n’imaginais pas qu’on puisse aussi bien le raconter en 11 nouvelles, 101 pages et une heure de lecture.

Rageant.

Je ne connaissais pas Louisiane C. Dor et pourtant, je nous imagine déjà un cocktail de trentenaires désabusées mais pas moins vibrantes à la main (#Spritz, #Mojito), à déblatérer sur nos histoires communes, cherchant l’absolu dans les rencontres éphémères.

Ceci est mon cœur porte la voix de ceux qui trouvent l’Amour sans le nommer, de ceux qui le clament trop fort pour qu’on les écoute, des indécis, des nostalgiques, des têtes brûlées, des pressés d’aimer et de ceux qui se prennent les pieds dans le tapis, bien conscients du pétrin dans lequel ils se sont fourrés.

A chaque tranche de vie, c’est donc le personnage qui nous narre son histoire nous plongeant ainsi dans ses failles les plus intimes et ses questionnements à rallonges, toutes ces pensées qui ont probablement été les vôtres un jour, ces « moi aussi » qui ne viennent jamais, ces attentes interminables et cet emballement, délicieux supplice, que rien ne refreine.

Pas un seul registre, pas une seule façon d’aimer, pas une seule sexualité mais une multitude de situations, de déboires, de désillusions et d’enchantements. Le ton est résolument moderne, drôle, parfois grinçant mais jamais cul cul la pralinette.

Vous l’aurez compris et à n’en pas douter, ceci est mon coup de cœur.

« Obtenir la personne qu’on désire, c’est moins intéressant que désirer cette personne ou la perdre »

Lecture – Les petites rébellions

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J’ai fait le tour de l’Alphabet dans un sens puis dans l’autre, parcouru les allées interminables de l’Alcazar, cru trouver une pépite entre F et I avant de revenir sur mes pas et m’arrêter sur lui.

Jean-Pierre Brouillaud. Si son nom ne vous dit rien, dégainez vite un papier, un stylo, car une chose est sûre, ce rebelle-là a le package intégral pour séduire le lecteur le plus réfractaire. A commencer par cette idée saugrenue de transformer les petites rébellions du quotidien en épopées rocambolesques.

Henri, première victime de sa plume inspirée, est un notaire honorable et respecté, un notaire pas franchement malheureux mais qui n’avait jamais pris jusqu’alors le recul nécessaire pour jauger de son niveau de satisfaction.

On peut donc être heureux et insatisfait. Voilà le premier et principal constat de l’auteur.

Pas franchement malheureux c’est le glaçon qui commence à fondre, la fraise en hiver, le rire après les larmes, le croissant de la veille, bref la mi-molle me direz-vous.

Henri n’aura pas besoin de quitter sa femme, s’offrir un Tour du Monde en voilier ou se lancer dans le casse du siècle façon Spaggiari pour dénicher l’audace qui le ferait sortir de son train-train. Sa trouvaille à lui, bien que plus accessible, lui garantira le même taux d’adrénaline, la même moiteur au creux de ses mains et les mêmes sursauts d’émotion car Henri aujourd’hui, et pour la première fois de sa vie, a décidé de prendre le métro sans ticket.

Jean-Pierre Brouillaud nous invite avec agilité à suivre les parcours ordinaires de ces personnages qui à cet instant précis de leurs histoires, dépassent cette fameuse zone de confort qui fait tant débat, pour enfin oser et ressentir ces émotions jusqu’alors fantasmées.

Vous l’aurez probablement compris, mon enthousiasme est aussi grand que l’est ce livre. Il fallait avoir l’idée, le rythme et donner du sens à tout ça. La recette est une pleine réussite, je me resservirais volontiers.

Dans nos têtes souvent

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Dans nos têtes souvent, il y a des mots et des souvenirs.

Et des musiques pour les faire revivre.

Des scènes qu’on détricote pour en faire une nouvelle pièce.

Parfois plus sombre, souvent plus floue.

Dans le rétro, il y a lui, il y a eux.

Des messages qui n’ont plus de sens et cette bague jamais rendue.

 

Un roman sans héros,

Une masse, une foule qui nous absorbe dans les couloirs d’un métro.

Ce livre entre nos mains, ces écouteurs vissés aux oreilles,

Ce feed Instagram, ce mur Facebook.

Le meilleur teinté du pire sur fond d’idéal.

 

Je te like, je te follow, abonne-toi et je rends.

Je t’aime, je te suis, aime-moi et je prends.

 

Dans nos têtes souvent, il y a des doutes et des ratés.

Des SMS, des rendez-vous à pas d’heure,

Des insomnies, des discussions qui s’éternisent.

Des slides à droite pour un « bonjour ça va, tu fais quoi dans la vie ?

Et puis, tu cherches quoi ici ? »

 

Dans nos têtes souvent, il y a des envies inavouées.

Des je t’aime, vite

Jusqu’à ne plus s’aimer.

Et des Adieux

Avec l’envie folle de rester.

35 ans, ce qui va changer

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Avec un tel titre, je me suis dit que j’avais pas le droit à l’erreur.

Car oui, j’ai décrété que j’allais vivre encore très longtemps, avec toutes ces graines de chia englouties, cette absence totale d’alcool dans mes veines (un cocktail par rencard, ce n’est pas boire, c’est s’accorder une chance de tenir plus d’une heure avec des « ahahaha tu es tellement drôle » qui sonnent vrais pour au moins l’un des 2) et ma séance mensuelle de sport qui consiste plus à prendre des poses devant le miroir dans une inspiration profonde et maîtrisée qu’à soulever de la fonte.

J’exagère, une fois, j’ai vu des abdos se dessiner. Je ne sais juste plus si c’était sous Sarkozy ou Hollande.

Depuis ce matin et malgré ces 35 bougies soufflées non sans mal, je dois bien avouer qu’aucune partie de mon corps n’est descendue d’un étage. Mes cernes, appelés également valises pour soute, soulignent avec toujours autant de délicatesse mon regard de braise et mes seins défient la gravité avec la même insolence qu’il y a 10 ans (« mais enfin il n’y a pas de gravité sans masse !! » me glisse un détracteur à l’oreillette – #haters).

Je ne comprends toujours pas les hommes (mais le théorème de Pythagore non plus cela dit) et je râle toujours après le facteur quand il préfère poser un avis de passage dans la boite que de se taper les 2 étages à pied.

En terme de changement, à ce stade, on est plus proche de la mue d’une tortue aquatique que de la métamorphose de Donatella Versace après son passage sur la table d’un chirurgien sûrement trop enthousiaste.

Du coup, 35 ans, au mieux, j’arrête de me ronger les ongles et de porter des Air Max ; au pire, je m’endette sur 20 ans pour un appart et j’achète des jupes sous les genoux pour que Cristina me foute la paix avec ses fashion faux pas « passé un certain âge ».

Bref, 35 ans, même pas peur.

Tranche de vie – Suis-je con?

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Je me baladais sur l’avenue (le cœur fermé à l’inconnu – approche toi, tu seras reçu). Il était 8 heures, même un peu plus. Mais cette précision n’apportant rien à l’histoire je ne m’attarderai pas davantage sur son aspect temporel préférant fixer ton attention sur l’objet de cette chronique.

C’est donc en cherchant un podcast qui ferait plaisir à mes oreilles ainsi qu’à toutes ces cellules cérébrales savamment planquées derrière ma boite crânienne, que s’est offert à moi le choix.

Parmi toutes les catégories proposées, je pouvais opter pour « Science et Médecine » et écouter 13 minutes de débat sur le champ magnétique terrestre, ou « Culture et Société » avec une lecture de Proust. Je pouvais.

Dans ma réflexion et presque sur le point de finir ma balade matinale, j’ai vaincu le vice en lançant un podcast intitulé « présence positive ». J’ai d’abord cru bon pour des raisons pratiques évidentes de ne pas obéir quand la petite voix m’a sommée de fermer les yeux. Avec son articulation amplifiée à outrance et les silences qu’elle plaçait consciencieusement entre chaque mot, la petite voix a commencé à m’agacer. Je m’étais levée tôt, j’étais dehors, prête à affronter la vie, je la comprenais, pourquoi Diable s’entêtait-elle à me parler comme à une enfant de 4 ans ?

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J’ai fini par l’écouter en rafraîchissant Instagram, consultant mes mails et souriant à la dernière connerie envoyée par une pote sur Whatsapp. Mon compte était bon.

J’ai pensé ensuite que si les gens serraient plus leurs voitures, il y avait largement la place de caler une Clio et qu’un homme pourrait me recaler s’il voyait mes chaussettes à pois dépasser de mes baskets.

Tu l’auras saisi, j’ai fini par quitter la petite voix, sans promesse. L’éternel recommencement, le train-train de la vie et ces allers sans retours. J’ai rompu comme on le fait souvent, sans prendre le temps de me justifier, de poser des mots sur mon départ, juste par flemme et manque d’envie.

La conclusion de tout ça si vraiment mon affaire en mérite, c’est que je suis rentrée en balançant ma tête de gauche à droite sur du Beyonce, une chanson que j’avais déjà écoutée tellement de fois que je ne pouvais m’empêcher de réaliser le meilleur playback de toute la ville. D’un point de vue intérieur, les strass, les faisceaux lumineux, la scène et cette foule ébahie qui m’acclame.

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De l’extérieur, un désastre. Une pauvre nana, sapée comme un dimanche maussade, qui bouge les lèvres étrangement et semble s’imaginer exactement là où elle n’est pas.

J’aurais pu vivre un instant de réflexion intense, vouée à faire de moi quelqu’un de meilleur, tournée vers le Monde, les autres et les grands sujets qui composent l’actualité, dans ces rues qui s’éveillent, entre les odeurs de croissants chauds et des pots d’échappement. Mais je me suis perdue dans les marasmes du déjà vu, des futilités et des choses faciles.

D’où ma question, suis-je con ?

Lecture – Les lumières du ciel

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J’avais besoin de partir loin. Pas que je veuille vous tirer la larme mais ce week-end, pas de plan voyages ou fêtes entre amis en perspective et puis j’avais disons-le, le moral un peu dans les chaussettes. « Ça arrive », je crois que c’est comme ça qu’on dit. Rien de dramatique alors ne dramatisons pas. J’ai pris le bouquin dont la couverture arrivait le plus facilement à me tirer un sourire. Une coccinelle rose volante et par-dessus un liseré fuchsia qui évoquait le roman le plus drôle de l’année 2011. Voilà ce qu’il me fallait. Je n’ai jamais eu pour vocation de rédiger des chroniques uniquement sur les dernières sorties littéraires. En fait, je n’ai pas de vocation, du moins pas de celles qui me contraignent à un registre. Mais là n’est pas le sujet.

On y découvre donc Paul-Emile dont la principale ambition est de subvenir à ses besoins primaires : manger, rire et baiser et puis s’il peut avoir un toit pour faire tout ça, il n’est pas contre. Le personnage ne précise pas son ordre de préférence, je m’abstiendrais donc de le mentionner ici. Le descriptif semble réducteur, les aventures qui en découlent sont pourtant riches en rebondissements, en audaces et en folie. Si honorer un 35h facilite le quotidien, l’état d’esprit de notre anti-héros demande beaucoup plus d’agilité et un goût certain pour l’improvisation.

D’abord vendeur de sapins halals sur le parking d’un Supermarché, il entraîne en vadrouille Momo, pote plus que conciliant et Bérengère, sa maîtresse en mal de vivre avant de croiser Paul, auto-stoppeur au mode de vie insolite. Les lumières du ciel, c’est le hasard des rencontres, c’est que j’écrirais sûrement si j’étais dans un mood romanesque. J’aurais néanmoins souhaité y voir plus clair dans le cheminement de Paul-Emile et dans ses aspirations même si je reconnais volontiers que c’est un loser qu’on prend plaisir à suivre. De l’absurde des situations, Olivier Maulin nous amène habilement à réfléchir sur le sens que l’on donne à nos vies sans avoir le sentiment de nous flanquer une leçon et c’est là tout son talent. Le lecteur pioche là où il le décide les répliques qui font mouche. Et avec ce roman, c’est presque un puit sans fond de réflexions drôles et inspirantes qui s’offre à nous.

Ce n’est pas la journée de la femme

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A ceux qui envoient des fleurs et des mots doux, je me demande si vous offrez aussi des lapins de Pâques à Noël et des chocolats en forme de sapin à la St Valentin.

Ceci étant dit, ne vous privez pas pour autant de cette charmante intention.

Aux marques qui font l’apologie en ce jour des semelles amincissantes, des crèmes anticellulite, des thés drainants et des ceintures de sudation avec des codes promo à rallonges spéciales « Women’s Day », je m’interroge.

Dans ce chaos de commentaires, d’avis contraires et de débats, je n’ai à fortiori pas d’opinion tranchée sur l’initiative, partagée entre ses éventuels effets positifs dont je serais la première enchantée et les amalgames qu’elle suscite.

Mais dans le doute, j’opterai toujours pour l’action au laisser faire, laissant les révoltés des canapés s’engloutir sous leur plaid.

Aujourd’hui, 8 mars 2018, nous fêtons donc la journée internationale des droits de la femme.

Il n’y a pas tant de mots pour se planter à ce point.

Cela veut donc dire que nous défendons, et un peu plus ce jour qu’un autre, du moins avec plus de visibilité, l’égalité des femmes vis-à-vis des hommes, que nous mettons davantage en lumière des combats menés toute l’année par des personnes investies, des groupes engagés ; que nous rappelons des faits, chiffres à l’appui pour réduire des écarts injustifiés, des différences de traitements illégitimes.

Cela signifie également que nous restons fermes sur des causes aussi graves que la violence conjugale, le droit à la contraception et à l’IVG, l’égalité professionnelle et tout ce qui démarque les femmes des hommes de manière négative.

C’est le droit à se sentir en sécurité dans la rue, dans un bus et chez soi, à être respectée quel que soit nos tenues, nos choix et nos convictions.

Ce n’est pas être pro-féministe que de vouloir cela si tant est que le pro-féminisme existe. C’est aspirer à davantage de bienveillance et d’équité.

Vous n’êtes pas obligés de fêter la journée internationale des droits de la femme (vous pouvez aussi fêter la journée nationale de l’audition passée à la trappe), mais vous pouvez reconnaître qu’il y a des problèmes réels et vous y sensibiliser.

Cette journée, ce n’est pas demander plus, c’est demander autant.

Alors, quand on sera ok sur le sujet, que ce ne sera plus un combat mais un fait ordinaire, qu’il n’y aura plus besoin d’arguments et que nous rentrerons dans une logique commune qui devrait sonner comme une évidence depuis toujours, on pourra organiser une petite fête pour fêter l’arrêt de celle-là. Avec des femmes. Et des hommes.

Lolita

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Voilà des semaines que les débuts d’articles s’accumulent. Des brides, des bouts de songes et d’idées entremêlées, alimentées par un conflit intérieur vaseux et hautement égocentrique : je ne sais définitivement parler que de moi. Parfois, j’essaie de me faire violence, remplacer mes je par des il ou elle, inventer des sentiments, m’imaginer un autre décor, un autre raisonnement.

Mais il ou elle finit toujours par être un semblant de quelque chose, une pâle copie, un truc nébuleux sans profondeur, impalpable fadeur de mes pensées orientées sous la pression que je leur inflige.

Me, myself and I n’en font qu’à leur tête.

A 5h, lors d’un énième réveil nocturne, les mots ont commencé à se bousculer avec cette irrépressible envie de les poser. Je sais tellement comme ils s’évaporent quand le soleil se lève, que le bruit rassurant de la vie, des moteurs et des talons de la voisine du dessus retentissent. Et pourtant, je suis restée là, lovée entre une couette bien trop épaisse pour les 24° de mon appartement et une couverture chauffante qui signe sûrement à jamais mon célibat.

Dans ce chaos nocturne, je me suis souvenue d’une lettre reçue il y a 18 ans et j’ai eu envie de la relire.

J’avais 16 ans, il en avait 21. J’étais élève, il était pion. J’étais sa Lolita, il était mon Humbert Humbert. Quand j’y repense, le parallèle me parait ridicule. Mon Humbert Humbert était grand et sec. Ses cheveux noirs ébouriffés étaient mon principal repère quand je le cherchais dans la cour du lycée. Il jouait de sa posture avec humour et insolence jusqu’à ce fameux jour.

Pour la première fois, nous étions seuls dans le bureau du CPE. Il m’a regardée amusé, a fermé le store avant de s’approcher de moi à une distance inhabituelle, suffisamment proche pour que je puisse sentir son souffle et un début de fébrilité mais encore trop loin pour qu’il ose goûter mes lèvres d’adolescente en décomposition avancée.

Il a seulement dit : Et maintenant ?

Et je me suis dérobée.

Mon attirance pour lui m’effrayait et j’ai fini par choisir un autre garçon.

Cette courte lettre si bien tournée, 18 ans plus tard, j’aimerais la recevoir à nouveau. D’un autre Humbert Humbert, qui serait encore capable d’écrire de jolis mots, timides et plein de promesses. Une lettre sur du papier, qui mettrait 2 journées interminables avant d’arriver entre mes mains.

Ma Lolita,

Je m’excuse de ne pas t’avoir donné de nouvelles plus rapidement, et comme les raisons que je pourrais avancer pour me justifier ne te plairont jamais, je ne ferai rien dans ce sens.

Je me suis réveillé ce matin en pensant à toi, j’ai relu tes lettres et je me suis dit plein de choses.

J’ai envie de te voir, voilà la chose la plus importante qui me soit venue à l’esprit.

Si je peux te voir, je pourrais te dire le reste, alors voilà l’objet de cette lettre : veux-tu venir passer quelques jours chez moi pendant les vacances de Noel ?

Je n’ai que ton adresse, pas de numéro de téléphone, ce qui n’est pas des plus pratiques pour mettre au point ce genre de choses.

Quant à moi, je n’ai plus de téléphone.

Je passe Noel chez mes parents, tu pourras donc m’appeler là-bas mais ça m’oblige à attendre jusqu’à dimanche ou lundi et je trouve que ça fait long.

Je tenterai peut-être de te joindre au lycée. Disons mercredi, seulement pour que ça fonctionne, il faut que tu sois à proximité du téléphone : bureau des pions à 14h, sois là.

Si ce n’est pas possible, appelle-moi dimanche ou lundi.

Si ce n’est pas encore possible, écris-moi.

Viens entre Noel et le jour de l’An, que je puisse t’embrasser en vrai plutôt que de l’écrire.

Humbert Humbert

 

Lecture – La première chose qu’on regarde

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Merci à mon intuition d’avoir passé outre la couverture minimaliste et ce nom d’auteur qui ne me disait ma foi pas grand-chose.

Arthur Dreyfuss, garagiste d’une vingtaine d’années, est comparé à Ryan Gosling en mieux par Eloise, serveuse dans son village. Amoureux des grosses poitrines autant que de séries télé, Arthur se laisse doucement porter par le ronron de la vie.

Son dessein serait tout tracé si Scarlett Johansson en plein mal de vivre n’apparaissait pas un soir sur le pas de sa porte.

Oui, Scarlett Johansson.

S-C-A-R-L-E-T-T.

J-O-H-A-N-S-S-O-N.

Et parce qu’il sait réparer tout ce qui est cassé, Arthur, malgré sa maladresse et ses blessures intimes dépasse son envie irrésistible d’elle et de ses courbes parfaites si convoitées.

Il est comme ça Arthur. Simple. Pas simplet. Désireux. Pas libidineux.

Pour cette chronique, j’ai commis l’erreur de lire des avis post lecture. On y évoque la mièvrerie de l’auteur et la naïveté de ses idées. Je me suis presque sentie coupable de m’être « faite avoir » avant de réaliser à quel point le plaisir de mes lectures était indéfectiblement lié à mon absence de contrôle sur les émotions qu’elles génèrent.

Reproche-t-on à Francky Vincent d’être trop sucré, à Candy d’avoir des boucles trop blondes et une voix de crécelle, à Carrie Ingals de tomber à chaque générique de la Petite Maison dans la Prairie ?

Nous blâmons souvent les auteurs de parler d’Amour simplement quand la vraie vie des vrais gens se charge sans cesse de le compliquer.

Alors à la veille de ma sans Valentin, ce livre m’a réconcilié avec les mots doux. Et si à défaut de Scarlett, Ryan Gosling, le vrai, passe dans le coin, sache le Ryan, mon pastis et ma bouillabaisse seront prêt à t’accueillir.

Et moi aussi.

 

 

Séville : ma douce parenthèse andalouse

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J’ai d’abord voulu écrire un article de globe trotteuse avec des adresses de bar à Tapas, des horaires, des tarifs et des astuces pour vous faire gagner du temps, prioriser vos visites et revenir de Séville en vous disant « mais quelle chance j’ai eu d’être tombé sur ce blog ! ».

Et je me suis souvenue que je ne savais pas faire. Je ne sais jamais que raconter des histoires et des sentiments. Faute de trouver ici de précieux conseils pour votre prochain trip andalou, vous pourrez au moins y découvrir une tranche de vie.

Le voyage a ceci de particulier qu’il peut complètement se détacher du reste. Bien qu’il n’opère pas de changement systématique sur ce que nous sommes, nous pouvons au moins admettre qu’il offre une parenthèse. Les parenthèses, lorsqu’elles sont agréables, sont aussi jouissives que cruelles. Un condensé de plaisirs éphémères qu’un vol retour suffit à stopper net.

Je vous avais dit que je ne savais pas faire…

Alors plutôt que d’être la pâle copie d’un Lonely Planet ou de voir ce petit trait clignotant persister sur un Word tristement nu, je vous invite à me suivre sur ces 3 jours colorés et rythmés par le binôme que ma fille et moi formons depuis 9 ans.

Je n’avais déjà pas mis un pied à Séville que j’avais déjà une liste longue comme le bras de péripéties. D’abord, les 2h de retard de mon vol, ah non pardon 1h45 (2h étant la limite pour enclencher les indemnités, il est pas con Ryan). Une petite fouille corporelle est venue compléter l’aventure, et s’il m’arrive d’aimer le contact humain, le toucher, cette douce sensation d’un moment partagé, là rien, walou.

J’ai eu beau passer en revue tous les petits bonheurs qu’offre un aéroport (aller-retour aux toilettes, 2 fois, achat d’une bouteille d’eau à 3€, 1 fois et baby-foot non conforme, 2 parties), elle était longue cette heure 3/4.

J’ai prévenu mon hôte Airbnb qui m’a réclamé 20 balles pour le retard (« for the late check out » gnagnagna). J’ai commencé à me dire que le cul bordé de nouilles, c’était pour les autres.

Alors quand enfin j’ai entendu le numéro de la porte d’embarquement, j’ai eu une vraie satisfaction, comme après une grosse vaisselle de lendemain de soirée. La, à côté des Pass prioritaires qui me doublaient comme s’ils avaient eu le dernier strapontin de la ligne 13, j’étais bien.

Ca, c’était sans compter l’épisode suivant de la gendarmette qui allait me faire office de voisine. Ma nouvelle amie avait bien l’intention de me balancer à l’hôtesse parce que je lui faisais l’affront de ne pas éteindre mon téléphone.

Elle m’a gonflée, j’ai eu envie de lui sortir un tacle terrible qui lui ferait fermer son clapet.

En fait j’ai juste balbutié un vieux truc sur mon âge et un autre qui sonnait comme «vous allez pas m’apprendre la vie ». Y’avait de l’idée mais j’ai quand même senti tout mon charisme se barrer par le hublot sans parachute. J’ai repris mes esprits, j’ai trouvé le fameux tacle et puis quand je l’ai vu enfoncer ses talons dans son siège, je me suis dit que j’avais peut-être des batailles plus chouettes à mener que de faire une leçon de vie à cette mégère.

Et puis enfin, Séville.

Je comprends les personnes qui n’aiment pas Séville autant que ceux qui n’aiment pas le Nutella. C’est si facile d’en tomber amoureux. On se perd dans ses rues. Derrière chaque porte, un patio, une fontaine, des mosaïques.

Je n’ai pas voyagé comme je le fais seule habituellement. J’ai cherché le rythme qui pourrait correspondre à ma fille et moi, alliant mon besoin de ne pas passer à côté de l’essentiel et son envie d’un moment simple et de jolies choses. Et des jolies choses, on a vu que ça.

J’ai laissé volontairement la description suivante rédigée par ma douce qui avait pris en otage mon PC :

« D’abord le Palais d’Alcazar, une merveille, ce palais contenait des petits jardins, des tableaux ou bien encore des fontaines avec plein de petits décors autour très jolis comme des sculptures. Il y avait même une fontaine où il y avait des vrais canards qui se promenaient sur la sculpture. »

Il semblerait cependant que la présence de vrais canards sur la sculpture ne soit pas garantie toute l’année. A vérifier.

Vous pouvez ne pas faire les Arènes qui n’ont rien d’incroyable et dont certaines salles sont fermées à la visite pour cause de travaux mais le Palais d’Alcazar n’est pas optionnel.

Si certains trouvent grotesques les gros champignons appelés Métropol Parasol jugeant l’édifice complètement hors sujet au cœur d’une Séville « authentique », j’ai au contraire aimé l’audace de ce provocateur métallique qui offre une vue assez bluffante sur la belle andalouse.

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Nous avons ensuite enchaîné par la visite de la Cathédrale. J’ai beau croire en Dieu autant qu’au pouvoir des graines germées sur mon métabolisme, je n’en suis pas moins sensible à l’atmosphère qui y règne et à la multitude de petites annexes accessibles via de petits couloirs en pierre, un vrai labyrinthe.

Une cathédrale impressionnante (belle hauteur sous le plafond aurait ajouté Stephane Plazza) qui fait définitivement partie des immanquables.

J’ajoute à cette liste la Place d’Espagne dont le moindre recoin pourrait être un spot à photos. Je me suis longtemps vantée d’habiter à proximité de la Place Wilson à Dijon, avec son kiosque et sa fontaine. Là, on était clairement un cran au-dessus. Non, en fait, oubliez Dijon.

Pour clore cette parenthèse andalouse, nous nous sommes rendus à la Casa de Pilatos, une version très réduite du Palais d’Alcazar avec un guide espagnol en bonus histoire de voir les yeux ahuries de ma fille.

– Tu comprends ce qu’elle dit toi??

– Non, mais je sais très bien faire semblant.

J’aurais pu aussi vous raconter comment j’ai dû rentrer chez moi quasiment en roulant tellement nous avons remplis nos panses de tapas en tout genre et à quel point ce petit périple m’a donné le goût des voyages avec Elle (ses « donne moi la main pour dormir » n’y sont probablement pas étrangers mais que voulez vous je suis faible…).

Je retiens surtout qu’au delà du coup de cœur pour Séville, le voyage est avant tout ce que nous choisissons d’en faire. On se souviendra toujours des monuments, des lieux, des rencontres, mais les couleurs finiront par s’estomper, les odeurs par s’évaporer. Ce que nous garderons de manière indélébile, et bien au delà de la destination est toujours davantage lié au contexte et à l’imperceptible.

Et pour ce voyage là, j’ai suffisamment rempli ma besace de douces sensations pour me projeter déjà dans une nouvelle aventure…

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Plan Cul

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Je sais, je sais, j’aurais pu faire un effort, galvauder ce titre, lui offrir du glamour et des paillettes, le rendre séduisant et attractif.

Une autre fois peut-être.

Si mon histoire, mes dérives, mes vices, mes angoisses, mes tocs et mes travers sont les vôtres, je ne saurai que trop vous recommander de prendre les devants en acceptant les plus tolérables et en luttant contre les plus nocifs.

Mon mal à moi tient en 2 mots, le premier, plutôt trompeur, renvoie à une perspective programmée, un avenir dessiné, le second éteint l’enthousiasme du premier sèchement. Plan cul. PC pour les initiés.

On veut nous faire croire que le mal du siècle, c’est le chômage, la crise et l’inflation. Et personne ne parle de ce truc qui ruine les relations humaines…

Après 11 ans de vie commune, je me suis retrouvée un jour à m’inscrire sur un site qui proposait de mettre les hommes dans des caddies. Je me suis baladée dans les rayons, j’ai pris un produit, puis 2, puis beaucoup plus. Beaucoup, beaucoup plus. J’ai reposé le premier qui semblait avoir un défaut de fabrication et me suis attardée sur un autre à l’emballage flatteur.

Il était loin le temps du jeu de séduction à l’entrée du bahut, sans SMS, sans décolleté, sans selfie, sans filtre. A 20 ans, je pouvais encore espérer choper sans artifice et on ne dirait pas comme ça mais quel pied ! Le supermarché de l’amour n’était qu’une toute petite superette de quartier et on était déjà toutes au comble du bonheur quand on s’en dégotait un pas trop mal qui ne fumait pas (trop) de joints et portait son pantalon au-dessus des fesses.

Je n’imaginais pas qu’un jour je serais mise en concurrence avec des professionnelles du genre, des serial loveuses. Alors, il a bien fallu me mettre au niveau pour tirer mon épingle du jeu.

A coup d’eye-liner, de tanga et de push-up, j’ai fini par leur ressembler. Je n’ai finalement pas tiré mon épingle du jeu. Je suis devenue elles. Une mante religieuse. Une accumulatrice. Une bouffeuse d’hommes.

Et puis au milieu de ce chaos, j’ai eu des histoires, des vraies avec des lendemains sans crainte de ne pas être. Et j’ai terriblement aimé ça.

S’il n’y a plus de Julot, de chéri-chéri, de p’tit chou, je m’étais plutôt décidée à ne pas retomber dans mes anciens travers. Je trouvais même plus honorable d’être en quête de stabilité là où les tentations d’enchaîner les échanges salivaires à tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un homme étaient si grandes. Et puis cette pute de réalité est revenue à moi.

Ici on veut de la quantité, du consommable, du prête à l’emploi. Mais attention, pas de cagole ni d’écervelée. Non, on veut une rigolote à l’esprit fin. Une fille qui serait à la fois mystérieuse et indépendante, coquine et dévouée, féminine et ambitieuse. Ça stimule les hormones, fait monter le désir, ça fait déplacer des montagnes et payer des fortunes en restaurants et carburant. Il me semble même que Total compte racheter des parts à Tinder tant leur business est lié (AirFrance commence tout juste à se pencher sur le sujet).

Pas de suite, pas de lendemain, si ce n’est celui qui déchante.

On a à peine goûté au Menu, « L’addition s’il vous plait ! ».

L’Amour doit être instantané ou ne pas être.

Au clic suivant, il y a Mélanie et Céline, la vingtaine étincelante, toutes 2 disposées à distraire vos soirées.

Dans une succession de messages acharnés et de photos en tout genre, on rit, on séduit.

On se découvre, on s’apprivoise.

Dès que le téléphone frémit, c’est nos cœurs qui sortent de leurs cages.

Et c’est reparti pour un tour.

Un tour à s’enlacer sans se lasser.

A attendre le message qui.

La chaleur des premiers instants devient brûlure..

Nos lèvres sur les leurs, leurs mains dans nos cambrures.

Pour peu qu’à nos oreilles des mots doux ils susurrent.

On aime l’Amour mais on n’aime pas tout court.

On joue au couple sans en être vraiment un.

C’est facile, rapide, flatteur.

C’est stérile et sans saveur.

On veut quantifier les sentiments.

Sur l’échelle du cœur, on est entre le beaucoup et l’insuffisant.

Pas assez, pas nous, pas là,

Pas ici, peut-être une autre fois.

Si nous sommes nostalgiques,

Ce n’est que de ce qu’on n’a pas fait,

Pas vu, pas dit, pas écouté.

On ne dirait pas mais là je souris,

La faute à Ben Mazué,

A ses mots aiguisés.

A chaque « salut, prends soin de toi », y’a un putain de truc qui renaît…

Lecture – Quand le Diable sortit de la salle de bain

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J’ai hésité un moment avant d’écrire sur lui.

« Quand le diable sortit de la salle de bain » avait tout : le titre, la couv’, l’idée. Et puis paf, plus rien. Page 200 : je me résigne. Ce livre, ça fait des semaines qu’il me supplie de le reprendre pour lui accorder une seconde chance. J’ai fini par faire ce que je déteste : j’ai lu sans lire, sans chercher à comprendre. Jusqu’à cette 200ème page, chaque mot, chaque passage, chaque dialogue ont été passés sous le rayon de mes yeux de lectrice optimiste.

Et pourtant à un moment je me suis fichtrement demandé de quoi on me parlait et pourquoi, j’avais le sentiment, conforté des faits, que rien ne se passait pour cette femme dont la principale occupation était de compter/ recompter les maigres Euros qui garnissent son compte en banque. Alors j’ai compté avec elle. A de multiples reprises, je lui ai soufflé l’idée d’aller cambrioler une banque, vendre un rein, coucher avec le dernier gagnant de l’Euro millions qui n’aurait pas encore lapidé son pactole. Mais bon sang qu’elle m’emmène, qu’elle me fasse rire et qu’au mieux, elle m’émeuve !

Sophie est restée sourde à mes appels et j’ai fini par la bouder comme une enfant, la laissant à ses calculs d’apothicaire et ses analyses survolées d’un Monde qu’elle rejette mais pour lequel elle n’oppose qu’une molle rébellion. Ma frustration est d’autant plus grande que les ingrédients sont là, mais si maladroitement assemblés que je suis passée à côté…

J’ai envie de croire que je ne suis qu’une mauvaise lectrice, dans un mauvais mood, et qu’une seconde lecture le révèlerait. Alors peut-être, comme une histoire inachevée, le reprendrais-je un jour pour mieux en saisir ses subtilités.

Celib à terre

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Pardonnez le jeu de mots minable mais le petit rictus qui est venu se loger sur mes lèvres a conforté ce choix. Le rictus un jour de pluie, c’est un peu comme le 24eme chocolat du calendrier de l’avent, on prend son temps, on ne plante pas ses 2 incisives comme un porcinet dedans pour n’en faire qu’une bouchée. Je n’avais pas spécialement prévu de parler de mon cas mais me connaissant je vais être fichue de faire 12 parallèles par ligne sur mes propres péripéties donc autant vous le dire en toute transparence comme diraient les hommes politiques en plein discours électoral (et ma mère quand elle veut me balancer mes 4 vérités) oui, je suis bien le sujet. Oui, je suis ma propre muse. Oui, mon égo et moi-même nous portons plutôt bien.

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Cher petit Papa-Noël, c’est un peu à toi que s’adresse ce doux billet. D’ordinaire, je t’adresse ma liste de souhaits pleine d’espoir mais comme tu n’as eu que faire des précédentes, sache que je t’envoie à toi et ta horde de lutins, mon plus beau majeur. Remballe-moi donc tout ton attirail et reste en Laponie ou entre les rayons Tarama et coffrets bougies senteur pain d’épice et feu de bois du Géant Casino car si j’ai bien compris une chose, c’est que je n’allais pas pouvoir compter sur toi. ENCORE.

A 34 printemps, je ne ferai plus semblant de trouver normal nos selfies sur ta cuisse laissant le pompon de ton bonnet me chatouiller les joues. Je ne t’enverrai pas non plus de lettres cette année triées par une brigade de demandeurs d’emploi en quête d’un boulot « ludique, participatif et humaniste ».

Et puis maintenant je peux te le dire, ta barbe blanche déguelasse, ça ne fait pas hipster mais vieux monsieur sur la mauvaise pente et ce n’est pas en mettant une cape rouge diforme que tu dissimuleras les litres de vodka que tu t’es enfilés dans le Grand Nord.

Bref, toi et moi, c’est fini. Tu as bien saisi Père-Noel ? FI – NI.

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Sourire de satisfaction / frottement de mains. Une bonne chose de faite.

Maintenant que c’est acté, et en considérant que Tinder, Happn ou tout autre moyen qui me demanderait de swiper à droite pour avoir des Matchs, des Crushs, des « oh vas-y toi là-bas, comme t’es bonne » ne seraient finalement pas la méthode adaptée à mon cas, je vais pouvoir enfin m’orienter vers des choix intelligents, réfléchis et constructifs.

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LOL / MDR / EXPDR / AHAHAH qu’est-ce qu’on se marre.

Tu pourrais me rétorquer que j’en demande sûrement trop, qu’un homme ne peut décemment pas être drôle ET à l’écoute (vraie qualité quand on connait mon débit de paroles), fun ET stable, écrire dans un français que je comprendrais (« parceke cé plu pratik kan même, lol ») sans vouloir m’emmener tous les week-end à la dernière Expo d’un peintre contemporain qui trouverait complètement novateur et conceptuel d’aligner 3 points rouge et une ligne bleue sur une toile de 4 par 3.

Je sais tout ça mais que veux-tu mon chat, je suis une femme ambitieuse.

Mon mec, je le voudrais grincheux au réveil avec du caca dans les yeux que je me ferais un plaisir de retirer. Pour sûr (pour sûr ??), il me gratouillerait la tête en m’appelant Chouquette. Il aurait toujours son album Panini des Dragon Ball Z planqué dans ses affaires. Parce qu’il serait comme ça mon mec, nostalgique et sensible. Il ne me demanderait pas de tirer sur son doigt jugeant cette blague complètement puéril et ridicule mais me roulerait des galoches comme un adolescent au dernier rang du cinéma.

Il me trouverait jolie même en culotte de règles (et ne fais pas comme si tu ne voyais pas de quoi je parle) et T-shirt chauve-souris. Et quand bien même ce ne serait pas le cas, il mentirait pour me faire plaisir. Ça vaut autant que le secret du gros barbu.

Il me demanderait sûrement ce que les autres ont foutu pour ne plus être dans ma vie tellement je suis une fille formidable (bon ça c’est pour la partie optionnelle, le petit bonus qui fait du bien).

Il ne mettrait pas de photo de nous sur Facebook mais en regarderait à chaque coup de mou.

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Il ne me ferait pas croire que ma fille n’est pas un potentiel obstacle pour lui mais lui accorderait une vraie place (pas de bonus, pas de blague).

Et enfin nous serions tous les 2 chats et souris au même moment. D’abord parce que je ne cours pas assez vite, ensuite parce que si je trouve l’inventeur de ce jeu qui consiste à mettre 3 plombes pour répondre à un message l’air faussement détaché, je lui fais avaler ses attributs.

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Du coup, pour cette année c’est mort, je concède à me ramener solo pour engloutir la pintade en répétant à qui veut l’entendre que le célibat c’est super sympa et que je suis une femme libre et indépendante. Mais pour 2018, j’ai bien l’intention de ranger mon égo à la cave avec un « Non mais je plaisantais, je suis tellement heureuse avec Paul, je t’ai dit qu’il m’avait fait livrer un bouquet de roses comme ça sans raison (enfin juste pour « me rappeler son amour ») ? … Ah oui ? 2 fois déjà ? C’est fou ce qu’on oublie vite quand on est amoureuse »

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Lecture – Journal d’un vampire en pyjama

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Et voilà, j’ai fauté. La photo avec la petite tasse de thé, la rondelle de citron et le bouquin, je l’ai faite. Et en plus, je la trouve jolie. Si un jour j’ajoute une bougie, je vous autorise à signaler ce compte aux hautes instances.

Pour ma défense, cette photo évoque aussi un souvenir, alors on dira que la charge émotionnelle a troublé mon imaginaire de photographe en devenir (plutôt lointain le devenir).

Mais revenons à Mathias Malzieu, chanteur de Dionysos mais pas que, vivant et vibrant, manipulant aussi bien les mots que l’ironie, il nous confie dans ce journal cette tranche de vie marquée par l’annonce d’une maladie : l’aplasie médullaire. Sous ce nom barbare, un dysfonctionnement de la moelle osseuse. Mathias, si vous me permettez de l’appeler par son prénom, est le candidat idéal pour choper le moindre petit rhume et le transformer en infection qui pourrait mettre en péril son pronostic vital. On a connu des tours de magies plus réjouissants.

Alors, comme pour conjurer le sort, il choisit la voie de l’optimisme toujours entouré de sa bande et de Rosy, adorable et inconditionnelle amoureuse. Une bataille qu’il mènera parfois avec une gouaille déconcertante se rendant à ses examens médicaux sur son skate malgré les risques que la moindre petite blessure peut lui faire encourir et se taxant de vampire tant sa survie dépend des poches de sang dont il s’emplit. Mathias n’a pas la rage de vivre puisqu’aucune colère ne l’anime (si ce n’est celle qui l’oppose à Dame Oclès, cette biatch qui s’amuse à lui indiquer la mauvaise porte de sortie) mais il aime définitivement bien trop la vie pour laisser un mal aussi sournois prendre le pouvoir sur tous les projets qu’il échafaude et le plaisir simple qu’il a de vivre.

Jamais dans le larmoyant ou le complaisant, le journal d’un vampire en pyjama, n’est pas le livre détente dans l’absolu et certains détails nourrissent allègrement nos angoisses. Il reste cependant un témoignage sincère d’un homme presque ordinaire confronté à l’extra-ordinaire et loin d’édulcorer le monde hospitalier nous montre aussi une vision hautement humaine des personnels qui le font vivre.

Balance ton mec en or

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A défaut d’être un capitaine (d’un bateau vert et blanc), moi si j’étais un homme, je serais parfois interloquée par la rage féminine qui inondes les réseaux. Car si elle inonde Facebook et Consort, elle envahit sans nul doute les esprits et les cœurs #loveusedesupermarché

Peut-on s’arrêter 2 minutes, calmer nos colères, les réduire en cendres et admirer le résultat ainsi obtenu ?

Chère petite urne (faites semblant de croire que tout ceci est normal – merci de ne pas souligner les excentricités de mon cerveau), ici gît 20 ans de « Pauvre type / De toute façon, il ne me méritait pas /Il sera malheureux tout sa vie ». Amen

L’amour au XXIème siècle, c’est un SMS sans réponse. J’aurais adoré vous dire que c’était de moi mais Frédéric Beigbeder m’a devancée. Et sache-le Fredo, mon urne et moi, on ne t’en veut pas.

Derrière ce SMS sans réponse donc, il y a un type avec une fourche et un T-shirt « Je suis un connard » fluorescent.

Ou pas.

Il y a peut-être juste un homme paumé ou pas intéressé. Et quand on ne sait pas, on spécule toujours sur l’abjecte qui rend service.

Si je ne balance pas mon porc, revenons un peu au débat qui nous anime, ce n’est pas qu’ô grand jamais, je n’en ai croisé. C’est juste que…je les laisse à la porcherie.

Bien sûr, ce n’est pas une simple question de rejet ou de maladresse puisque l’objet de la tourmente s’appelle harcèlement sexuel mais la colère féminine n’est pas née avec Weinstein et Hoffman.

Je ne juge pas l’intention mais la méthode me laisse septique. Et pourtant je suis une femme. Et pourtant je suis une belle chieuse. De celles qu’on aime détester mais qu’au fond on ne déteste pas vraiment (affirmation qui mériterait confirmation cependant).

J’ai envie de raconter mon histoire autrement qu’en emojis et en insta story, avec des mots par exemple, et des jolis.

Je veux pouvoir regarder mon père, mon frère, et tous ces hommes qui m’entourent, sans le poids du doute qu’on nous insuffle.

A la Franck Michael, j’ai envie de dire que tous les hommes sont beaux (même toi qui n’a jamais voulu de moi en maternelle, il n’est jamais trop tard, 06 en privé Baby), et même si un paquet de porcinets vient troubler mon tableau idyllique, rappeler aussi qu’il y a des hommes, des vrais, des chouettes, des gros lourds mais sympas, des apaisants qui nous contaminent, des intéressants qui nous nourrissent, des intrigants qu’on voudrait comprendre, des insaisissables qu’on cherche à attraper.

Alors balance ton porc si tu veux. Je ne trouverai pas ça ridicule, ni déplacé.

Et puis si ça fait avancer la réflexion de la minorité pourrie dans sa chair, vas-y. Tu as peut-être raison. Tu as sans doute raison.

Mais pardonne-moi de ne pas suivre le mouvement.

J’aime à croire que le courage n’est pas le seul facteur en cause. 

Peut-être que j’ai appris à me focaliser sur le bon et que, sans justifier le mauvais, je me détourne de lui, le balance à qui de droit ou à qui veut bien m’écouter dans l’intimité d’une confession, mais malgré tout avance.

 

Sexy Friday – Moi je veux mourir sur scène

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Très peu inspirée pour ce Sexy Friday, j’ai erré telle une âme en peine sur le Net à la recherche d’une idée susceptible de stimuler ma panne. D’écriture.

Et puis soudain, il était là. Pas le bonheur Christophe. Mais le sujet qui allait honorer mon engagement. Enfin celui que je me suis fixée à moi-même (en plus de payer mes factures et d’essayer d’être une fille bien).

C’est donc forte de cette nouvelle information que je reviens vers vous : les hommes ont 4 fois plus de risque de décéder d’un arrêt cardiaque si la crise a lieu pendant un acte sexuel.

Je sais, je suis chaude bouillante aujourd’hui.

Mais tout doux l’ami car si l’on en croit francetvinfo.fr, si Monsieur a plus de risque de nous filer entre les doigts (mais les jambes seraient plus à propos), c’est surtout parce gênées par la situation, nous tarderions à appeler les Urgences. Là où nous mettons 3 minutes en moyenne pour faire le nécessaire ; dans cette situation, ce n’est pas moins de 8 minutes qu’il nous faut pour nous bouger le fessier. C’est pas moi qui le dis, c’est les stat’.

Quid des 5 minutes de rab que nous nous autorisons ?

Alors ok pour 3 minutes de panique à relever le bonhomme, le faire rouler et courir après le téléphone.

Mais il se passe quoi ensuite ? Le temps de :

  • Mettre en statut «se demande comment réanimer Jean-Claude » sur Facebook et attendre qu’on nous envoie des screen de Doctissimo
  • Vérifier que notre nom apparait bien sur le Testament
  • Le gifler, juste pour voir
  • Lire « Appelle le 15 abrutie !!! » en réponse au statut
  • Appeler sa meilleure amie pour lui dire que quand même y’a bien qu’à nous que ça arrive
  • Le gifler à nouveau, pour vérifier
  • Se demander pourquoi les gens font ça et si quelqu’un a déjà réveillé un malade avec une bonne claque
  • Répondre : «Ca va oui, Facebook n’est pas l’endroit pour déverser ta haine ! » et supprimer un ami
  • Se demander si PLS aurait finalement une autre signification que « je suis mort de ma journée, mdr, lol »
  • Se trouver un peu con
  • Avoir raison
  • Appeler le 15

On ne pourra pas dire que ma bonne volonté et mon imagination n’auront pas tenté de percer le mystère.

Evidemment, je devine bien que le choc, la gêne et la violence de la situation provoquent une sorte de black-out qui court-circuite notre bon sens mais vous constaterez bien que ça fait bien trop de mots pas chouettes pour que je décide de choisir cet axe rédactionnel.

NB (s’il est utile de le préciser) : Je ne veux pas mourir sur scène

NB2 : Je ne me tiens pas responsable si cet article vous a procuré la moindre excitation

Voyage – mes astuces de pauvrette

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A force d’organiser des voyages dans un cadre aussi bien professionnel que personnel, j’ai pu collecter quelques astuces qui me sont maintenant indispensables à chaque préparation.

Je vais aborder aujourd’hui uniquement l’aspect trajet qui est à mon sens le plus périlleux et le plus chronophage. Pour l’hébergement, à moins d’avoir des exigences particulières en terme de standing, on peut toujours trouver des solutions plus ou moins abordables. Rien de très innovant dans cet article mais il aura au moins le mérite de condenser ma petite routine voyage.

Je détaillerai plus bas les possibilités mais de manière générale, le moyen le plus courant pour faire baisser la note est de multiplier les moyens de transports. C’est plus fastidieux mais le jeu en vaut la chandelle (tiens, ça faisait un moment que je ne l’avais pas sortie celle-là !) et c’est réellement le meilleur conseil que je puisse vous donner.

Exemple : je souhaitais partir en Croatie. Ville visée : Split. Vols hors de prix. J’ai pris un vol à 60€ pour Venise (et je connais ma géographie je vous rassure). J’en ai profité pour y rester 2 jours (tant qu’à y être, autant aller voir les fameuses gondoles) et j’ai fini mon trajet en bus jusqu’en Croatie. Cette pratique si nous ne sommes pas trop contraints par le temps a aussi l’avantage de laisser place à une part d’improvisation qui peut rapidement être plaisante.

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La ville que vous avez en tête a peut-être des aéroports à quelques heures de route, le reste du trajet pouvant être réalisé en bus ou en covoiturage.

Bref, n’hésitez pas à mixer les modes, à tester, passez du temps sur Googlemap, repérez les aéroports à proximité sur des sites comme http://www.aeroports.org/ , multipliez les pistes !

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Autre conseil bien utile : se créer une boite mail spécial voyage pour recevoir les Newsletters des compagnies aériennes et de la SNCF. Encore un bon moyen de recevoir les meilleures offres sans encombrer votre boîte perso. C’est comme ça que j’ai vu récemment un vol Marseille –Londres à 10€ Aller – Retour, de quoi rêver in english, isn’t it?

  • Premier cas de figure : je sais où je veux partir mais je suis flexible sur les dates: ma destination est arrêtée, je me suis déjà projetée, ai lu tous les blogs sur le sujet et épinglé les plus belles illustrations sur Pinterest. Bref, inutile d’insister, dans ma tête, j’y suis déjà. Pour cette première hypothèse et si ma destination est uniquement accessible en avion, je privilégie le site http://www.liligo.fr/ qui permet d’avoir les dates les plus intéressantes.

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  • Second cas de figure : je sais quand je veux partir mais je suis flexible sur la destination: changement de stratégie, Boss m’impose de poser 3 jours de RTT, c’est l’occasion d’improviser sur la destination et pourquoi pas découvrir des endroits que je n’aurais jamais envisagés. C’est avec cette même stratégie que j’ai visité Ibiza par exemple, en dehors des périodes festives, une vraie bonne idée au moins pour la plage de Cala d’Hort mais je m’égare.

         Mon site chouchou dans ce cas précis : https://www.skyscanner.fr/

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En ajoutant « Partout » en destination, vous pourrez comparer les destinations les moins chères selon des dates fixes.

Important : Ce n’est pas une légende, certaines compagnies pratiquent l’IP tracking pour vous inciter à vous précipiter sur vos billets et font augmenter les prix aux visites suivantes. Plutôt que de vous encombrer avec des astuces dignes des meilleurs Geeks, contentez-vous de vous reconnecter depuis votre smartphone qui a un IP différent ou le PC d’un voisin.

D’autres sites incontournables :

  • https://www.blablacar.fr : là encore, vous pouvez choisir de ne pas indiquer de destination. Il peut également m’arriver de demander à un covoitureur de me récupérer si je sais que je suis sur son trajet sans qu’il l’ait nécessairement mentionné dans l’annonce. Une demande agréable et bien tournée peut essuyer un refus au pire mais ne sera jamais mal prise.
  • https://www.comparabus.com/fr/: ce site référence les trajets de bus des principales compagnies avec une carte plutôt bien faite du réseau :

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Juste à titre indicatif et pour vous donner un ordre d’idées, vous y trouverez des Paris – Lyon à 15€ ou des Rennes – Toulouse à 22€. Et même si les temps de trajets sont parfois records, on est très loin des cars des années 90 puisque l’on y trouve des toilettes, des ports USB, des prises électriques…bref rien à envier aux trains (si ce n’est quelques km/h en plus).

  • http://www.trocdestrains.com/ : A utiliser toutefois avec la plus grande précaution puisque l’on parle d’échanges de main à main le plus souvent et qu’il faut bien s’assurer des éventuels problèmes liés à la nomination des billets mais il peut rester une alternative intéressante surtout en cas de train complet.

  • https://www.voyages-sncf.com/: Comment vous faire un article qui traite de voyage sans vous parler de la SNCF ? Comme pour les vols, je ne saurais que trop vous conseiller d’anticiper au maximum, le billet qui baisserait à la dernière minute pour cause de train vide est plus de l’ordre du mythe, donc ANTICIPATION est le maître mot. Le programme grand voyageur si vous êtes un habitué est une bonne option, j’ai ainsi pu faire un aller-retour pour la Côte basque pour une trentaine d’Euros avec les points collectés.
  • https://www.ouigo.com/: la promesse est alléchante si les villes desservies correspondent à vos souhaits…pas Paris mais Marne la Vallée, pas Lyon mais Lyon St Exupery, le genre de subtilité qui peut vite être rédhibitoire.

Vous l’aurez compris, le meilleur plan est celui que vous vous créerez. Alors, à vos recherches !

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Sexy Friday : Octobre rose – mes seins vont bien et les vôtres?

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Un sexy Friday un peu particulier aujourd’hui qui sonne comme une piqûre de rappel. Parce que parfois ce qui nous rend jolie ou femme ou je ne sais quoi peut aussi bouleverser nos vies.

A l’occasion d’Octobre rose, je revisite cet article rédigé l’année dernière mais nourri depuis par une expérience personnelle qui, même si elle ne me visait pas directement, m’a profondément touchée.

J’ai vécu l’angoisse des résultats avec Elle, les analyses en cascade dont je peinais à comprendre les aboutissants, la crainte, le doute, le soulagement puis le doute à nouveau. Elle va mieux et je suis plus que jamais fière d’être son amie.

J’ai voulu ajouter de l’humour à cet intro. Mais ça ne venait pas. J’ai fini par ne rien ajouter. Parce que pour l’avoir côtoyé de près, ça n’a rien de drôle.

Palpez vos seins, consultez, prenez soin de ces 2 petites choses et puis… aimez-les, ce serait chouette ça.

Aujourd’hui, je regarde Tic et Tac et je les remercie d’aller bien.

J’ai presque envie de sortir l’album familial et de me rappeler leur petite vie.

Avant 12/13 ans, j’avais tout juste remarqué que j’avais 2 boutons sur le torse. Mais comme mon frère avait grosso modo les mêmes, je n’étais pas plus inquiète que ça à leur sujet.

Je me vois encore dire à ma mère que je trouvais ça moche et que j’espérais vraiment qu’ils ne pousseraient jamais !

Mais pour une fois je ne pouvais pas juste fermer ma grande gueule ?!!

Voilà bien la seule consigne que Dame Nature aura exaucé sans sourciller.

Alors qu’à 20 ans, soyons clairs, je rêvais d’avoir ça :

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Et de faire ça :

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Car oui ils n’ont jamais poussé. Ou si peu.

A 14 ans inquiète de l’équipement très limité qui ornait le haut de mon corps, j’ai commencé à porter des soutiens gorges. Ceux qui ne servent à rien, si ce n’est à dire que oui tu en portes mais comme le préservatif XXL n’a jamais fait la grosse bestiole, le soutien-gorge n’a jamais fait le décolleté de Pamela. Et ça c’était triste.

Bref je ne savais pas trop quoi faire de ces 2 trucs, ils étaient là sans être là, timidement cachés sous mon 85A.

Et puis un jour…et puis un jour…et puis un jouuuuuuuuur

Un garçon a posé grossièrement ses doigts là-dessous tout en nettoyant l’intérieur de ma bouche avec sa langue (à moins que ce ne soit de mon estomac) et je crois que oui j’ai aimé ça.

Pendant que Tic était mordu, Tac subissait les assauts grandissants de ses doigts.

Et j’ai enfin compris le pourquoi de leur existence.

Toujours fidèles au poste, mes 2 compagnons tantôt exhibés et remontés dans un Push Up frôlant le ridicule tantôt à l’abri sous un gros pull en maille tricoté par ma grand-mère, ont vécu avec moi mes jeunes années de femme avide de découvertes.

En 2008, mon ventre s’est arrondi.

Et mes seins, sans aucune personnalité, l’ont imité. 2 petits obus se tenaient en lieu et place de Tic et Tac que je ne reconnaissais plus. Tout ronds, tout durs, et bientôt emplis d’un savant breuvage dont ma fille se délectait, j’ai fait la paix avec eux.

Ce quator aura duré 16 mois. 16 mois durant lesquels j’ai entendu « Tu ne vas pas l’allaiter jusqu’à sa majorité cette enfant ?? », 16 mois pendant lesquels je souriais, remplie de cette satisfaction intense de nourrir ma fille qui devenait complètement barge dès que l’odeur du lait maternel à la limite du supportable pour le commun des mortels frôlait ses narines juvéniles.

Et puis un jour, nous avons convenu, Tic et Tac, ma fille et moi qu’il était temps. On s’est tous dit Aurevoir. Une séparation sans douleur. C’était chouette.

Mes seins se sont désemplis naturellement du liquide bénéfique.

Et de jour en jour, j’ai compris devant mon miroir sadique, que ces 16 mois marqueraient un nouveau tournant dans leur existence.

J’avais perdu des seins.

Et ça m’a beaucoup agacée. Parce que dans mes bouquins, ils disaient bien que l’allaitement n’abimait pas les miches. Du coup je me suis sentie flouée. Et j’en ai voulu à tous les auteurs de ces manuels prônant la chose. Dans ma tête, c’était sûr, tout le Monde se moquait de la planche à pain que j’étais devenue.

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Aujourd’hui, j’ai refait la paix avec eux. Il faut dire que la guerre, ils ne sont pas assez costauds pour la gagner. Tic, celui qui a un grain de beauté, tout comme Tac, le préféré du Lutin à l’époque, va bien.

Pendant que certaines courageuses enchaînent les séances de chimio pour éradiquer le Monstre, je peux encore jouir de les avoir tous 2 en bonne santé.

Un jour, un amoureux m’a dit qu’il les trouvait trop petits.

Il avait raison cet amoureux.

Mais c’est aussi leur histoire.

Mes seins vont bien, merci.

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Tranche de vie : 24h dans la vie d’une blonde

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Samedi

8h: Hey Salut belle gosse! Mon miroir se fout ouvertement de ma gueule. J’ai la tronche de travers, des cernes jusqu’aux genoux et les cheveux en vrac.

9h : Je décide qu’aujourd’hui est un grand jour. Je vais devenir blonde. Pas blondinette ni avec de légers reflets. Je serai blonde platine.

10h : Boutique du coiffeur (le genre d’endroits qui devraient être interdits aux gens lambda, enfin à moi surtout – on pourrait peut-être installer des vigiles comme au Casino pour les accros) : « Bonjour copine, je voudrais décolorer ma tignasse, qu’est-ce qu’il me faudrait ? ». A ce moment précis, cette femme est ma nouvelle meilleure amie.

12h : De retour chez moi et armée d’un équipement digne de Franck Provoc’, je dégaine le T-shirt de ma boite pour m’apprêter à faire la guerre (désolée Patron). J’avais prévu de faire quelques mèches pour le fameux effet « coup de soleil ».  Grosse blague, je suis lancée, plus rien ne m’arrête et c’est ma tête presque entière qui subit mes assauts de peintre en bâtiment.

12h30 : Temps de pause maxi 30 minutes m’avait dit ma pote. Mais 30 minutes à partir de quand ? Quand j’ai lâché mon pinceau, fière de mon œuvre après 15 raccords sur les mèches épargnées ou 30 minutes au début de l’attaque ?

12h40 : J’écarte le produit d’une mèche pour voir « si ça a pris ». Je ne prends pas le temps de me répondre que je suis déjà sous la douche espérant presque que l’eau estompe ce que je viens de voir. Je rince énergiquement. 1 fois. 2 fois. Après j’ai arrêté de compter. J’enchaîne avec le shampoing violet supposé neutraliser le jaune (« Pourquoi il faut neutraliser le jaune ? Je veux être blonde copine, pas jaune, blonde comme Pamela, Sharon et toute la bande !!).

13h : Pamela et Sharon sont mortes de rire. Du « coup de soleil », je suis passée au stade de grosse insolation en plein mois d’août. J’ai fini de sécher mes tifs. Y’a plus d’espoir. Je ne me reconnais pas. J’ai déjà envoyé 10 MMS de ma trogne (et reçu 10 SMS de « oh non c’est pas si grave / Franchement ça passe / oui bon c’était mieux avant mais je t’assure que c’est pas si mal »). J’ai envie de mourir en avalant ce qu’il reste de déco mais l’odeur de ce truc me fait renoncer. Je suis loin de la blonde australienne aux reflets dorés. Je suis juste moi en plus moche (et plus jaune).

23h : J’ai déjà tapé « Rattraper décoloration » sur Google et ai lu au moins 3 pages des résultats de recherches. Je suis aussi tombée sur une dizaine de vidéos mentionnant l’importance de « laisser ça à des professionnels » (et patati et patata).

Dimanche

8h : Je me demande à quelle heure ouvre le Monop’ en bas

9h : Je parcours les 50 mètres qui me séparent du magasin comme si tout le voisinage avait reçu une Newsletter dans la nuit sur les déboires de ma tignasse. Devant le rayon des colorations, je compare les nuanciers. Et puis après avoir tergiversé un bon moment, j’opte pour le packaging le plus classe (parce que les écritures sont en relief et satinées), persuadée qu’au point où j’en suis, je ne pourrais pas être pire.

10h30 : Je revis. Littéralement. Mon souffle étant celui d’une vache en plein coït depuis bientôt 24h. Finie la blonde déguelasse. C’est pas extraordinaire mais cette fois c’est moi qui me dis « ça passe ».

11h : je déclare l’armistice entre ma crinière et moi-même. Et surtout, je décrète comme on me l’a souvent répété que coiffeur, c’est un métier.

Sexy Friday : Pas ce soir

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Aujourd’hui, je vous propose d’inaugurer une rubrique. Je pensais à un titre bien accrocheur. Plus je réfléchissais, plus mon brainstorming prenait l’allure d’une revue pornographique. J’ai presque honte des mots qui m’ont traversée l’esprit. Du coup j’ai synthétisé la chose, j’ai mis le mot « sexy » pour qu’on sache de quoi il en retourne (et ne duper personne) et Friday parce que ce sera notre rendez-vous coquin, à toi et moi, et que j’aime bien planifier les choses. Enfin, mes articles.

Ne t’attends pas à ce que je te dévoile mes ébats. Déjà parce que je ne prétends pas être de bons conseils en la matière et que j’imagine qu’aux yeux de certains, j’ai forcément dû être mauvaise. Non, je déconne.

J’y vois surtout l’occasion d’en sourire (mais si tu veux rire, « feel free » comme diraient ceux qui habitent de l’autre côté de l’Atlantique) et puis le sexe, ça fait vendre, ça attire le chaland, alors pourquoi pas l’instagrammeuse en mal de mâle ou l’instagrammeur qui passerait « par hasard » sur cet article.

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On est loin du thème de base, des voyages et des balades mais mon objectif n’a jamais été d’être d’une cohérence à toute épreuve. Demain, j’aurais peut-être envie de vous parler des rayons cosmiques ulta énergétiques ou de la place des femmes dans le monde politique (ou pas) mais ce n’est pas l’inspiration du jour. Et l’inspiration, j’ai beau lui donner matière et la nourrir, je n’en fais pas ce que je veux. Je crois que je suis en train de me justifier à parler cul. Quelle sombre idiote, allez tous à poil !

Après tout, c’est aussi vous qui m’y avez fortement encouragé, unes des publications ayant obtenue le plus de likes à ce jour étant celle d’un roman au nom plus qu’équivoque.

D’ailleurs, je dénombre 69 likes sur la photo en question. Vous êtes forts. Vous êtes très, très forts (petit update : on a dépassé les 69…damned).

On peut banaliser la chose, pratiquer sans être croyant – et inversement, ne pas aimer ça (ou ne pas avoir eu de chance à la loterie des amants), elle reste une valeur sûre. Hausse les épaules, soupire, mais si tu es encore en train de me lire, c’est que tu fais partie de ceux qui connaissent l’évènement du dimanche soir sur M6 dans les années 90 (quel est le con qui nous a retiré ce plaisir ??).

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A force de vouloir introduire cette rubrique dans les règles de l’art, j’en oublie presque d’aborder le sujet du jour.

Je vous livre donc ici mes astuces personnelles pour ne pas satisfaire votre Jules (je précise, pour les jours où vous n’avez PAS envie, les autres, je vous laisse gérer !). Parce qu’autant vous le dire, le mal de crâne et la mauvaise période du mois qui dure…TOUT le mois, ça ne va pas être possible bien longtemps. Je vous plante le décor, Jules est torse nu l’air de rien, il vous fait déjà les yeux doux (en fait il les plisse bizarrement mais comprenez bien par-là que ce soir, il ne suffira pas de lui tourner le dos pour que le message passe) et il vous a déjà complimenté 2 fois sur votre nouvelle coupe de cheveux alors que vous n’avez pas foutu un pied chez le coiffeur depuis 3 ans.

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Comme je suis une fille sympa, je ne vais pas vous laisser dans un tel désarroi. Voici donc les attitudes non testées, non approuvées, qui pourraient vous sortir de ce mauvais pas (mais votre retour d’expérience m’intéresse) :

  • La prévenante : « Dis chéri, tu crois vraiment que l’herpès, on l’a à vie ? »
  • La compatissante : « Tu as l’air fatigué mon amour, je te respecte trop pour t’imposer ça »
  • L’impressionnée : « Mais enfin, tu es sûre que tu ne vas pas me faire mal avec TOUT ça ?? »
  • L’hypocondriaque : « Tu souffles fort quand même, tu as fait un petit check up cardio récemment ? »
  • L’ambitieuse : « J’ai oublié la pilule…mais allez, on s’en fout ! »
  • La pragmatique : « j’aime bien quand tu cuisines mais les artichauts à l’ail, ça ne passe vraiment pas »
  • L’astrologue: « La lune est en phase décroissante, je ne suis pas connectée ce soir, désolée… »

Sinon, vous pouvez dire « non, je n’ai pas envie », c’est bien aussi. Le sexe de complaisance est une réalité bien étrange. Dire oui parce qu’on a dépassé le délai tolérable entre 2 câlins par Jules, de peur qu’il aille se satisfaire ailleurs ou que son envie semble l’envahir et qu’il en appelle à notre empathie est forcément une mauvaise idée. Jules n’est pas dupe et personne n’y prendra sincèrement du plaisir. Si nous pouvons parfois l’oublier en couple, le seul déclencheur du câlin ne porte qu’un seul nom : l’envie. Si l’envie est là, sautons-nous dessus, dévorons-nous, roulons-nous dans l’herbe, brisons des lattes et des laves linges (mais les lattes coûtent moins chères), sinon good news, l’envie, si elle est respectée et entendue, est une amie bien sympathique…elle revient !

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Des crêpes et un sourire

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La petite « aventure » a commencé il y a environ 1 an lorsque ma fille s’est mise à réagir à la vue de sans abris :

  • Pourquoi ils sont là ? Pourquoi personne ne fait rien ?

Et ce n’était pas une lubie passagère, non, ma fille découvrait la compassion.

A chaque SDF qu’on croisait, elle reprenait l’argumentaire ne comprenant pas toujours les raisons qui m’incitaient à ne pas m’arrêter, à ne rien donner.

Et à mesure que je me justifiais, je réalisais l’énormité de ce que j’avançais. La réalité c’est que je n’allais pas devenir pauvre en donnant 1€ pas plus que j’allais faire grimper le taux d’alcoolisme. Je m’étais juste imbriquée dans une posture d’ignorance. Ce que je ne veux pas voir, je ne le vois pas.

Alors, quand la semaine dernière, elle est revenue à la charge, j’ai répondu : ok, mais je ne donne pas d’argent, je veux bien qu’on cuisine pour eux en revanche. N’ayant pas de four à la maison et aucun niveau dès qu’il s’agit d’assembler des ingrédients entre eux et d’en faire quelque chose de mangeable, je me suis rappelée que s’il y avait bien un truc que je maitrisais, c’était la crêpe.

Attention, Ladies and Gentlemen, laissez passer et savourer LA crêpe. Oui, bon, j’ai mis 10 œufs dans un gros saladier, y ai ajouté de la farine, de l’huile et du lait. Clairement, je n’ai pas réinventé le concept.

Une fois les petites crêpes savamment réparties dans des assiettes (auxquelles il a fallu ajouter des sachets de sucre « parce que sinon elles n’auraient pas assez de goût » m’a-t-on susurré à l’oreille), il a fallu descendre dans la rue pour les distribuer.

Et c’est sans doute la partie la plus sensible et délicate de notre affaire. D’abord, parce que j’étais très intimidée, craignant de déranger. J’ai donc décidé de m’adresser uniquement à des personnes qui mendiaient. J’aurais eu trop peur de proposer mon art culinaire à un mec juste tranquillement posé par terre.

Il y a d’abord eu cette femme allongée, pas endormie mais qui n’était de toute évidence pas en état de me parler. Je lui ai proposé mon aide sans insister. Ma première tentative était un échec cuisant.

Quelques mètres plus loin, un premier homme accepte. Je rôde mon discours gentiment, j’ai préparé des crêpes avec ma fille et ça me fait plaisir de lui en faire profiter. Je lui souhaite un bel après-midi avant de m’éloigner.

Un autre homme m’écoute avec attention en grimaçant. Je comprends alors qu’il ne parle pas français et me contente de lui présenter l’assiette qu’il prend en me remerciant.

Et puis il y a cet homme vers qui je m’assoie. Nous avons un échange de regard presque amical. Il pourrait être mon père mais il paraît encore bien plus âgé. Ses traits sont marqués, il a l’air pourtant serein et son sourire illumine son visage. Je ne me demande pas ce qui l’a amené ici, je vis juste ce moment.

Alors, on n’a pas fait la révolution, nos crêpes, ma fille et moi. Je ne me targue de rien et il y aurait bien mieux à faire.

Mais j’aurais montré à ma fille que du haut de ses 8 ans, sa force de persuasion est une chance et que si nous ne sommes pas toujours en mesure de faire de grandes actions, nous pouvons au moins essayer d’en réaliser de petites. Alors, comme ça, peut-être qu’on pourrait, à bout d’idées, de crêpes et de sourires, faire bouger les choses.

La dure vie des hommes

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Je pensais à ça l’autre jour (ça, et comment j’allais me débarrasser de ma 4 voies frontale – cf dernier article), je me disais à quel point, nous les femmes pouvions rager des inégalités avec le clan adverse.

« Tu te rends comptes, on se tape toutes les merdes » me disait Jeannine (oui l’âge de mes potes n’est pas sans lien avec ma 4 voies).

Et Jeannine, dans son élan de surenchérir : « La grossesse, la cellulite, les règles, la ménopause… ».

Plus je l’écoutais et plus je m’imaginais taper sur Google : changement de sexe/ douleur changement de sexe/ durée opération/ complications opération/ ratés chirurgie, me retrouvant sur Doctissimo devant des images effrayantes de supposés sexes féminins complètement ravagés par les assauts scalpelitiques du Docteur Cohen.

Et bon appétit bien sûr.

Bref, vous l’aurez compris j’ai fini par abandonner ce projet de transformation.

Il me fallait donc maintenant convaincre Jeannine qu’être un homme, ce n’est quand même pas facile tous les jours car…

  • J’ai beau regarder tous les tutos sur Youtube, jamais je ne saurai faire un nœud de cravate. C’est acté, comme mon niveau en cuisine ou en jardinage (je crois que j’ai même réussi à faire crever un cactus un jour). Le pan du dessous sera toujours plus long que celui du dessus et je serai obligée de camoufler le massacre en fermant ma veste, même en plein mois d’août.

 

  • Je ne panique jamais en retirant ma culotte en coton bio équitable. Mon excitation n’a pas besoin de mesurer 18 centimètres ni d’être fièrement dressée. Non, mon excitation sait se faire discrète, ou feinte mais ce n’est pas le débat du jour (et détail supplémentaire : je peux faire durer l’effort jusqu’à ce que mort s’ensuive – mais je n’ai jamais incité personne à le faire, ce qui explique certainement que je sois toujours là).

 

  • Je peux publier des selfies où je me trouve bonnasse jolie sans avoir l’air de me la péter. Alors qu’en fait si. Et si je le fais engoncée dans mon canap’, personne ne se dira que je suis juste une grosse feignasse. Certains même trouveront ça sexy. Quand je vous disais que ça valait le coup d’être une femme…

 

  • Je ne me cache jamais pour pleurer sous prétexte que je suis un bonhomme. Non, moi j’ouvre les vannes s’il le faut quitte à souiller mes taies d’oreiller et me transformer en hamster apeuré. Je peux même ajouter un peu de musique pour ajouter du pathos au pathos ou du cliché au cliché et me dire « je m’en fous, je suis une meuf ». Attention le « je m’en fous, je suis une meuf » est à utiliser avec autant de parcimonie qu’il existe d’excuses pour le sortir. Après, on est grillées.

 

  • Je ne suis pas obligée d’assumer mes boutons, mes cernes et tout ce qui fait de moi la femme désirable que je suis. Je peux couvrir le tout sous une fine couche de make-up et avoir l’air fraîche. Ce n’est clairement pas le plus gros atout réflexion faite…

A la fin de mon argumentaire, Jeannine m’a regardée un moment avant d’ajouter : « Et la montée de lait, tu y as pensé ? Et l’épilation ? Et les bouffées de chaleur ? Et… ? »

Parfois être une femme, c’est aussi accepter les élucubrations de ses copines. Encore un point pour la partie adverse.

NB1 : Je n’ai pas trouvé de solution à ma 4 voies frontales.

NB2 : Toutes les informations chiffrées de cet article – c’est-à-dire une – ne sont que des indications aléatoires, fruit d’une imagination débordante mais parfaitement inculte.

NB3 : Je n’ai jamais appelé Docteur Cohen.

 

Lecture du jour – Le jour où j’ai appris à vivre

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Comme une bleue. Il était là en tête de gondole, fièrement mis en avant par un message attrayant : « un magnifique livre, plein d’espoir et de tendresse ». Il ne m’en fallait pas plus. Je ne devais pas avoir eu ma dose de tendresse ce jour-là, le précédent non plus d’ailleurs, mais j’avais encore un peu d’espoir en rab, et j’ai cédé faiblement.

A mi-chemin entre le livre de développement personnel et le roman, « le jour où j’ai appris à vivre » nous raconte l’histoire de Jonathan, un homme quitté et désœuvré qui va croiser la route d’une bohémienne dont la prédiction va créer un cataclysme dans sa morne existence : Jonathan va mourir.

L’homme pragmatique qu’il était aurait tourné les talons et méprisé cette vision de diseuse de bonne aventure mais il était à ce stade de sa vie un homme affaibli et influençable.

Voici donc notre héros prêt à entamer ces derniers instants de vie sous un nouveau regard. Mais comment faire ? Par quoi commencer ? Et dans quel but ?

Jonathan nous emmène dans sa propre quête à laquelle sera mêlée un amour déçu, un associé peu scrupuleux et surtout une tante pleine de ressources, la tatie des remises en questions et des grandes leçons sur la vie. Persuadé que sa fin est proche, Jonathan mettra tout en œuvre pour se diriger vers l’essentiel sans savoir réellement de quoi il est fait.

J’ai reposé ce livre avec beaucoup de scepticisme sur ses éventuels bienfaits jugeant cette tante idéaliste, parfois carrément à côté de la pompe comme dirait Christina. Et à la lecture de certains passages, bien que très bien illustrés par des exemples historiques, voire parfois scientifiques, je voyais poindre l’adage « la réponse est en toi », pas franchement ma came.

En réalité, ce qui m’a dérangé dans ce livre est la réponse même qu’il apporte aux principaux maux qui nous empoisonnent. Oui, ce qui m’a dérangé dans ce livre est qu’il révélait des évidences que j’aurais sûrement souhaité compliqués, désordonnées, inaccessibles.

Cette facilité à être heureux en est presque déconcertante.

Je le lis et je me prends en pleine tête mes vices et mes travers : mes désirs alimentés en flux continu par des éléments extérieurs, mes lacunes quand il s’agit de les exprimer simplement …

Je suis d’autant plus sceptique que je suis moi-même un être pragmatique, adepte du « je ne crois que ce je vois », éduqué avec autant d’amour que de principes.

Il faudrait donc apprendre à désapprendre.

Finalement je pensais être trop terre à terre pour être touchée par autant d’optimisme. Et puis le message attrayant, la couverture un peu niaise et le message ont eu raison de mes réticences.

Et pour employer une expression qui commençait pourtant à irriter mes tympans tant on nous l’a ressassée, je crois bien que j’ai lâché prise.

Billet d’humeur – La théorie du « un peu plus, un peu moins »

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Dans la série des excuses, celle-ci est l’une de mes préférées, si ce n’est la meilleure.

La théorie du « un peu plus, un peu moins » est celle qui nous conduit à ouvrir un nouveau paquet de clopes, avaler la dernière chips, traverser la France pour y retrouver un inconnu à qui on a échangé 3 mots sur Tinder et bien plus encore.

Cette théorie serait-elle sans limite ?

Monsieur Toujoursplus s’enthousiasme pendant que Madame Limitonslesdégâts tente de modérer.

C’est le verre de trop, l’assiette en rab à la cantine, la pause après la pause, le SMS en pleine nuit, la blague qui dure, le soupir après l’agacement, le cri après le soupir, le claquement de porte après le cri.

C’est Secret Story après Le Loft, Damso après Jul, Les Bronzés 3 après Les Bronzés font du ski (mon dernier article évoquait Rimbaud, j’ai cru bon d’ouvrir l’horizon culturel de ce blog).

C’est le « mourir de ça ou d’autre chose… », le « au point où on est… », les épaules levées et l’air déconfit.

Ce serait si drôle si les excès n’avaient pas parfois le nom d’une maladie imprononçable, d’un chagrin qu’on aurait pu éviter (le fameux mec qu’on traitait de connard auprès des copines et qu’on a fini par laisser atterrir dans notre lit – je ne précise pas les passages autobiographiques mais disons que oui, mon cas est un sujet très inspirant), de la dizaine de kilos en trop qu’on rabat comme on peut dans des leggings étriqués.

Le « on a qu’une vie » nous mène parfois à des situations bien étranges. Sans doute lui qui, hier, m’a fait randonner sous une pluie battante et revenir en stop.

Dans une ancienne vie, j’aurais sûrement fait machine arrière parce qu’au-delà de redécouvrir que l’eau, ça mouille, j’ai aussi pu constater ou re-constater que l’eau, ça colle, ça se répand, ça plaque mes cheveux (pas comme dans une pub Ushuaia mais plutôt comme un yorkshire qu’on aurait plongé dans la baignoire, l’odeur en moins) et mes fringues (et là encore rien à voir avec un quelconque car wash de blonde siliconée).

Non, j’étais juste moi, en franchement moins chouette et le mascara, seul artifice que je m’étais autorisé pour séduire la montagne n’en finissait pas de tracer des petits pâtés noirs informes sur mes joues de fausse sportive téméraire.

Mais à bien y réfléchir force est de constater que l’eau n’empêche pas d’avancer et que petit bonus elle fait fuir tous ceux qui n’avaient pas eu l’info me laissant savourer ma rando trempée mais seule.

Alors peut-être que si on revoyait les raisons mêmes qui nous gameofthronise tous les dimanches, outre l’attraction évidente entre nos fessiers et le molleton de nos canapés suédois, nous pourrions oser autre chose. Oui, la fille a randonné sous la flotte et s’improvise prêtresse de l’audace mais on peut peut-être me laisser cette petite victoire sans hurler à l’imposteur, ça vous coûtera un commentaire désobligeant en moins (que vous pouvez aisément reporter sur un autre article, d’un autre blog – me contacter si besoin de nom).

Une fois n’est pas coutume, je me suis quelque peu égarée.

Ah oui, la théorie du « un peu plus, un peu moins ». Et bien après cette mini thèse de dimanche soir, je vais trancher et choisir définitivement le « un peu plus » qui malgré les petits et gros tracas qu’il cause m’excite nettement plus. Même si « les Bronzés 3 » est un navet qui n’a pas son pareil et Damso une insulte suprême au Rap, style musical que j’affectionne pourtant particulièrement, les suites de trop et les pâles imitations subliment toujours autant les réussites.

A bientôt pour de nouvelles divagations

 

Finalement, je ne serai pas poète

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Et alors, qu’est-ce que tu veux faire plus tard Mimi ?

A cette question saugrenue que posaient le Monde et les hommes (mais je crois que cette liste est non exhaustive tant mon Avenir était au centre des discussions), je répondais avec un certain aplomb que je voulais devenir poète.

Quand mes copines de classe se voyaient pour la plupart en maîtresse ou en vendeuse dans un grand magasin de chaussures pour Dames du Monde, je rêvais déjà à jouer avec les mots, les faire valser sur des cahiers que je collecterais dans les tiroirs d’un bureau d’artiste. Mon bureau d’artiste.

Tel aurait dû être mon dessein.

Et puis, la réalité des CIO, des réunions d’informations, des stages en entreprises et disons-le l’absence totale de poste à pourvoir à la catégorie « poètes » de Monster.com ont eu raison de ma ferveur littéraire.

Adieu les vers, les césures et les strophes, je ne serai pas poète.

La mélancolie de Rimbaud me gagnait, moi qui m’étais perdue entre les lignes d’une Saison en Enfer à peine entrée dans l’adolescence, je devais me résoudre à choisir une autre voie.

Alors, comme le comédien raté ou l’astronaute avorté, j’ai enchaîné les boulots et les formations sans vraiment savoir ce que j’allais faire de ma carcasse. Un jour étudiante en théâtre, le lendemain esthéticienne dans un Spa parisien, j’ai fini avec un peu de malice et d’acharnement à devenir Assistante de projet pour un Cabinet de Conseil, poste que j’occupe encore aujourd’hui. Arthur, pardonne moi…

Je n’ai jamais réussi à bouder mes petits cahiers longtemps même si je dois bien l’avouer, les petits cahiers précieusement conservés par ma mère ont fini par devenir des Word dans des sous sous sous dossiers. Arthur, si tu savais comme je m’en veux…

J’ai fini par me satisfaire d’un boulot peu euphorisant, voire carrément soporifique certains jours au profit d’une vie confortable. Et ce contentement, parfois incompris à juste titre, m’a permise de me libérer du poids de la quête effrénée du taf funky qu’on peut étaler en soirée ou sur Instagram.

Voilà, je ne serai pas poète. J’ai rayé la mention de ma To Do pour éviter toute forme d’amertume.

J’aurai la vie que je m’invente au fil des audaces et des compromis.

Arthur, tu es toujours là ? Arthur ? Arthur ???

Billet d’humeur – Coup de pied aux fesses

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J’ai attendu l’inspiration. Elle ne venait pas. Pas de sujet. Pas d’idée.

Rien

J’ai attendu le contexte, la situation. Ils ne venaient pas. Pas de bouleversement suffisamment fort pour ouvrir un Word et y laisser mes doigts guider le fil de mes pensées.

Rien

J’ai attendu le moment. Et devinez quoi ? Il ne venait pas. Ni hier, ni aujourd’hui. J’ai donc beaucoup compté sur demain.

Et puis finalement…rien

C’est donc avec cette intro bancale que s’amorce ce billet. Ou comment faire du plein avec du vide. Du bruit avec du silence. Bref, je sais que vous avez compris.

Pourtant, il s’est passé une tripotée de choses mais l’emploi du « je » me pose de plus en plus problème. Alors ouvrons ce blog et ces mots aux autres.

Ces autres que l’on croise, bouscule, prend dans nos bras, chérit puis parfois hait, hait puis parfois apprend à connaître et quelque fois même, oublie.

Retirons par la même occasion tout le mélodrame qui s’ajoute à ces états de faits et soyons capable d’admettre que ce n’est pas grave, que certaines parenthèses se referment mais qu’elles n’en étaient pas pour autant dénuées de sincérité.

Cet enclin à la nostalgie dont je fais bien souvent les frais est le poison de nos vies (on avait dit pas de mélodrame bon sang !!).

Reprenons

La nostalgie est donc la verrue plantaire que tu te coltines depuis des années sans franchir la porte d’un dermato, parce qu’après tout tu penses bien vivre avec.

Le truc qui est là, que tu mets de côté gentiment dans les méandres de ton cortex et qui rejaillit à la moindre émotion. Le bidule qui viendrait naturellement justifier tes actions d’aujourd’hui. Le fameux « si j’ai fait ça, c’est parce que j’ai vécu/subi ça ». Accommodant et empêcheur d’avancer, la nostalgie négative (appelée plutôt mémoire sélective par certains) est l’art de se positionner en victime et de transformer les souvenirs en excuses.

Alors plutôt que d’imaginer un Monde où nous pourrions nous réinventer sans cesse en occultant le passé, testons la nostalgie positive, concept né sous l’impulsion de mes doigts inspirés et agités sur les touches de mon clavier effrayé d’un tel assaut. Ou l’art de convertir les souvenirs quelle qu’ils soient en ressources. Comme une sorte de banque de données inépuisable dans laquelle nous pourrions piocher au gré de nos besoins.

Alors, quel classeur allons-nous ouvrir aujourd’hui pour embellir ce jour ?

D’ailleurs a-t-il besoin d’un flash-back ? La nostalgie, comme la chantilly sur la glace ou le rembourrage dans mon soutif, est optionnelle.

Il fallait bien une bonne nouvelle pour clore ce billet sans queue ni tête

Perversion

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C’était hier

J’etais bien

Et puis, on est venu troubler ce bien, le bousculer, le réduire en bouillis

Un appel, une voix sanglotante que je ne reconnais pas

« Maman, viens me chercher, y’a des gens qui me font du mal »

Un truc indéfinissable m’envahit

J’ai beau ne pas reconnaître avec certitude la voix de ma fille, j’ai un doute

Je répète « Calme toi ma chérie, dis-moi où tu es »

Elle répète les mêmes mots

Je veux la faire parler, je veux savoir

Et puis, une autre voix, un rire à peine contenu

Et enfin la tonalité de mon téléphone

 

Ma fille va bien

Je crois que certains appellent ça un canular téléphonique

Faire croire à un kidnapping, une maltraitance et faire naître l’angoisse d’une mère

En effet, je me suis rarement autant marré

 

Perversion, si tu étais face à moi…

Perversion, j’ai honte de toi

De ces jeux qui n’en sont pas

De ces rires à vomir

 

Perversion, si tu étais face à moi…

Perversion, quand ma fille joue

Elle te montre du doigt

A 8 ans, elle a la candeur que tu as enterrée sous toi

Perversion…

J’accuse

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TINDER

J’accuse les sites de rencontres de transformer les hommes et les femmes en pots de yaourts aux arômes chimiques

De faciliter la rencontre à l’extrême

De donner la chance à tout le Monde et finalement à personne

De favoriser le nombre, la masse, la foule

De nous réduire à des photos de profils flatteuses, un âge et une description écrite à la va-vite

De tuer le jeu de la séduction, des petites attentions et tout le reste

D’aller au plus intime avant d’aller à l’essentiel

De ne plus prendre le temps

De remplacer le doute légitime des débuts par le renoncement

De courir quand on devrait marcher

De regarder devant quand on pourrait regarder à côté

D’offrir à la vue des selfies ridicules dans les miroirs des salles de bains et d’autres photos en bande histoire de tromper l’ennemi

De transformer nos parcours amoureux en liste interminable de noms qu’on finit par oublier

De remplir les lits mais pas les cœurs

D’inonder nos téléphones de messages désespérés d’âmes seules et affamées à des heures très tardives

D’automatiser ce qui ne devrait être que maladresse, spontanéité et pudeur

De nous imposer de répéter plusieurs fois dans la même journée que l’on va bien et qu’on ne sait pas ce qu’on cherche ici

De nous rendre plus beau qu’on est, plus fun et plus charismatique

De ne pas révéler que parfois derrière un profil, il y a une voix de crécelle à la limite du supportable

D’affaiblir la confiance en soi et de toucher nos orgueils profondément

De nous faire croire que tout ceci est à prendre à la légère

De se faire rencontrer des chasseurs et des grands amoureux

De disperser de l’amertume et du regret

De ne plus être curieux du collègue ou du mec rencontré en soirée

De rendre les discussions stériles alors qu’on aurait tant à raconter

De nous rendre périssables

De nous laisser croire que le célibat est un problème

Et de faire de cette solution LA solution

De donner à notre index bien plus de pouvoir qu’il n’en a jamais eu

Et de le rendre décisionnaire à cause d’un nez trop gros ou d’une mèche mal coiffée

De nous forcer à qualifier la nature de nos relations, très vite

De rendre les gens insomniaques

De ne plus nous faire surprendre par la vie

De nous faire confondre besoins et envies

Allez viens, éteins tout ça, je te raconterai comment je me suis faite cette cicatrice au front et on rigolera de ton gros nez. D’ailleurs maintenant que je te vois de près, il n’est pas si gros ce nez tu sais. Allez viens qu’on se rencontre au hasard d’un concert en attendant notre tour devant les toilettes, dans la queue au Monop’, au détour d’un voyage…Viens.

Fuir ou s’ouvrir ?

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J’ai découvert le voyage très jeune. Je suis partie en Floride quand j’avais 14 ans. Ce n’était pas le déclic. Pour autant, je savais que le voyage ferait parti de ma vie, je savais qu’un jour j’aurais cette envie irrésistible de découvertes, que je ne pourrai pas me satisfaire de ce que je connaissais déjà. Lire la suite

On n’est pas obligés

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On n’est pas tous obligés :

  • De manger du quinoa et des graines germées

Filez-moi un steak !!

  • De faire du fitness tous les jours et de prendre des selfies d’Avant – Après savamment travaillés à coup de retouches et de postures frôlant le ridicule
  • De partir en Inde et en Australie

Alors qu’on déteste les plats épicés et la bière Lire la suite

« Mais du coup, tu pars avec qui ? » – Lausanne en 24h

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Lausanne faisait partie de ma liste interminable de destinations à checker.

C’est maintenant chose faite.

Je suis toujours amusée de voir les réactions de mes proches quand je leur dis que je pars seule et leur angoisse à ce que ma route croise celle d’un détraqué. Comme si hors de ma ville, les probabilités augmentaient obligatoirement.

C’est donc pleine d’entrain et sans crainte de me faire égorgée dans le coin sombre d’une ruelle, que j’ai rejoint Lausanne pour le week-end.

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La La Land : vous reprendriez bien une dose de rêves?

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Je ferme les yeux, je repense à La La Land et je souris.

La La Land est une histoire d’amour. La La Land n’est pas qu’une histoire d’amour.

Emporté par Emma Stone et Ryan Gosling, le film nous raconte la rencontre de 2 artistes, Mia et Sebastian, confrontés à la dure réalité des castings peu glorieux et des compromis qu’on fait tous à un moment donné pour mettre 3 nouilles dans l’assiette.

Elle est actrice, il est pianiste de jazz. Lire la suite

Maman solo, Maman bobo?

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Je ne veux pas que ce blog devienne un journal intime, pour autant je souhaite garder cette ligne de conduite qui consiste à traiter de sujets que je connais de près ou de loin.

Quand on me parle de mon statut de mère célibataire et des éventuelles difficultés associées, j’entends souvent des « ça ne doit pas être évident dans ta situation » (ce « dans ta situation » aura ma mort) et autre « la solitude doit être pesante »…

J’ai aujourd’hui envie de rassurer tout le Monde. Qui croit une seconde qu’avec une tornade de 8 ans aussi maline que perspicace, je souffre d’ennui et de solitude ? Qui peut croire un instant que parce que je suis (presque) seule à l’élever, je suis à plaindre ? Lire la suite

Ces livres que j’ai adorés dévorer

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Aujourd’hui, j’avais envie de me poser un peu pour vous parler lecture.

C’est un exercice très nouveau, excusez d’avance l’amateurisme notoire avec lequel je m’apprête à vous détailler le contenu de ma sélection mais j’ai de plus en plus envie de prendre des risques ici et de m’aventurer sur des sujets jusque-là peu familiers.

Je lis comme je vis, la fréquence de mes lectures est très aléatoire, pourtant je sais le pouvoir apaisant que la lecture a sur moi et je me surprends de plus en plus à me hâter d’être sous ma couette pour y ouvrir un nouveau récit.

Comme le voyage pousse à la réflexion, la lecture engage bien souvent de nouvelles idées en contradiction avec celles qu’on s’est préétablies depuis notre enfance.

C’est donc de 3 romans que je souhaite vous parler. Je ne cherche pas à évoquer les derniers romans en vogue et d’ailleurs vous le verrez, ma sélection est plutôt datée mais peu importe.

Il n’y a pas de top 3, ce sont juste 3 livres qui pour des raisons très différentes m’ont marquée, parfois bouleversée :

  • Juste avant le bonheur d’Agnès Ledig

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Julie est caissière dans un supermarché. Maman d’un petit Lulu qu’elle élève seule, Julie vit au rythme des articles qu’elle scanne et des sorties d’école. Mais une rencontre va bouleverser la donne. Lire la suite

2016, rétrospective d’une année de vadrouilles

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Après mon dernier article sur New York, j’ai eu envie de revenir sur une année de voyages et de périples en tout genre. 2016 m’a bien souvent surprise, émerveillée, parfois troublée.

A quelques heures de chez moi ou à l’autre bout du Globe.

Ce fut une année riche sur bien des points mais le voyage reste une composante de ma vie qui me tient particulièrement à cœur et ma curiosité me pousse invariablement à fouiller mes sites chouchou pour y dénicher le bon plan qui l’assouvirait.

Janvier : Nantes

Je n’avais jamais mis un orteil à Nantes, la belle erreur ! Lire la suite

Et puis j’ai visité New York

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New York, c’était LA destination dont je parlais depuis des années. Je voyais mes amis y partir les uns après les autres et envahir leur Facebook de photos de buildings.

Je savais qu’un jour ce serait mon tour.

Et puis après une occasion ratée l’été dernier, j’ai décidé de me lancer, les billets étaient abordables, c’était NOW OR NEVER.

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Heureux sans nous

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S’il est bien une chose qui semble aggraver la douleur ressentie après une rupture c’est le bonheur de l’autre.

Comme si le rejet ne suffisait pas, l’autre nous envoie le message « regarde, sans toi je vais bien, je vais même mieux »

On peut toujours se souhaiter d’être heureux, de faire une jolie rencontre, la vérité c’est que tant qu’on n’est pas pleinement guéri de son chagrin, la vision enchanteresque que nous offre l’autre de sa nouvelle vie est aussi dure à supporter que le bruit des ongles sur un tableau noir.

Et il n’y a pas à en culpabiliser. Car il n’est pas ici question de choix.

Qui peut supporter en plein chagrin d’amour de voir l’être aimé en mega kiffe de la life ? Lire la suite

Mais tais-toi un peu !

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Les pires phrases que j’ai pu sortir sans trop réfléchir

A ma coiffeuse qui ne comprenait pas ce que je lui demandais : « Ne le prenez pas mal, mais en fait ce que vous avez-vous, c’est exactement ce que je ne veux pas »

Étonnement elle ne s’est pas vengée sur ma tignasse, un grand merci à elle.

A un ex : « Salut ! Je faisais les fonds des tiroirs et tu étais bien au fond » Lire la suite

Aux larmes citoyennes

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Quand on a un peu de temps de libre, ce qui est mon cas en ce moment, on a plusieurs options : le gobage de séries en mode possédée, le tournage en rond dans l’appart prêt à éradiquer le moindre semblant de poussière ou à trier les vieilles fringues au fond du tiroir et puis le creusage de ciboulot, un peu ma spécialité sans vouloir me vanter.

C’est donc sans surprise la dernière option qui a retenue mon attention.

Je me suis plongée gentiment dans la lecture d’articles et visionnage de vidéos dédiées au développement personnel, chakras ouverts au max et esprit curieux pour vous livrer ici mes conclusions personnelles sur un mal qui pulule sur les réseaux, inonde trop souvent mes messages et souvent blesse à tort ou à raison ceux que j’aime, le sarcasme. Lire la suite

Comment faire durer le chagrin post rupture – Méthode homologuée par la fédération des chouineuses

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Toujours dans la série des « Comment », voici la suite naturelle du « Comment ne pas garder un mec ». Parce qu’après s’être faite jeter de la caisse à 130 en pleine ligne droite, on va quand même lui courir après l’air déconfit. Il est des plaisirs dont il serait dommage de se passer. Lire la suite

Comment ne pas garder un mec – Méthode homologuée par la fédération des fuyards

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C’est pleine de bonne volonté que j’ai ouvert ce blog, voulant vous offrir au-delà des mes expériences, mes conseils les plus précieux.

Sauf que force est de constater que dans le domaine, je suis l’image même du contre-exemple.

Du coup je vous propose de vous livrer ici mes petites astuces personnelles pour faire fuir l’Homme, savamment testées ces dernières années et complètement approuvées par ceux qui ont traversés ma vie comme on traverse les allées centrales d’un supermarché, d’un pas décidé, prêts à en découdre avec la corvée de la semaine en 1h montre en main. Lire la suite

Abd Al Malik, ça c’est du lourd

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J’avais écouté en boucle son dernier album, laissé les mots frôler mes sens et troubler mes idées.

Et puis j’ai poussé la porte de la salle de concert.

On titille souvent Malik sur son positivisme sur les choses et les gens.

Comme un enfant, on lui impose les images d’un Monde dur qu’il ne nie pourtant pas.

Malik aime les gens.

Malik aime le Monde, aime la France.

La seule chose que Malik scinde, ce sont les mots pour en faire des odes à la vie et à l’envie.

Si sa colère envers l’étroitesse de certains esprits est grande, son espoir de changement l’est tout autant.

Alors oui c’est sans doute parfois crédule.

Mais la crédulité tout comme le ridicule n’a jamais tué personne.

L’obscurantisme, ce truc inventé avec les craintes obsessionnelles d’une minorité destructrice, si.

Et si nous nous décidions nous aussi à être des soldats de plomb, de cette France arc en ciel, unie et débarrassée de toutes ses peurs.

Il va en falloir du courage…